L’ode à une astronome écrite par une chanteuse folk israélienne
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L’ode à une astronome écrite par une chanteuse folk israélienne

Sandy Cash a combiné ses talents d'auteure-compositrice et ses compétences scientifiques, obtenant la reconnaissance de fans du monde entier

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Chanteuse de folk, auteure-compositrice, scientifique et parfois même actrice, Sandy Cash, immigrante de longue date au sein de l’Etat juif en provenance des Etats-Unis, réunit souvent tous ses mondes – mais l’une de ses chansons les plus récentes offre une connexion particulièrement remarquable.

La chanson, intitulée « More than Meets the Eye », raconte l’histoire de l’astrophysicienne juive Vera Rubin, qui avait été capable de briser le plafond de verre pour devenir l’une des astronomes les plus influentes du monde.

« Au cours de toute sa vie, Vera aura remporté tous les prix imaginables – notamment un prix de l’institut des Sciences Weizmann, là où je travaille », explique Cash.

Cash, journaliste scientifique à l’institut Weizmann, a eu envie d’écrire son titre sur Rubin lorsqu’elle est allée interviewer un astronome de l’institut sur son travail de détection de la matière noire.

« Il m’a dit que c’était Vera Rubin qui, en regardant le ciel, savait y voir si quelque chose manquait et qu’il y avait quelque chose qui maintenait tout le reste », explique Cash.

L’astronome Vera Rubin telle qu’apparaissant dans « X », la chanson de Sandy Cash. (Autorisation : Sandy Cash)

La vie de Rubin a été une histoire de persévérance et de dévouement. Elle a combattu sans relâche le sexisme pour pouvoir continuer ses études et ses recherches, faisant finalement des découvertes majeures dans le monde de l’astronomie.

Cash a fait du titre le nom de son dernier album.

C’est une chanson qui raconte l’histoire de Rubin et qui évoque aussi des concepts complexes en les vulgarisant, les mettant à la portée de tous – un talent particulier de Cash dans l’écriture de ses chansons et dans son travail en général.

« Je m’intéresse à des sujets scientifiques qui possèdent une dramaturgie humaine », explique Cash. « C’est ainsi qu’on atteint les cœurs. »

Cash a d’abord envoyé la chanson à la chanteuse de folk Christine Lavin, l’une des artistes préférées de Cash et également un modèle pour elle – les paroles et le style de Lavin l’ayant inspirée dans son propre ouvrage d’auteure-compositrice.

La chanteuse de folk Christine Lavin. (Autorisation : Christine Lavin)

Cela fait des années que Cash écoute et chante des œuvres de Lavin. Elle avait d’ailleurs interprété une chanson de Lavin lors de son tout premier concert en club, à Tel Aviv, en 1986.

Mais elle avait également passé du temps avec l’artiste, il y a quelques années, lorsque cette dernière était venue en Israël pour monter sur la scène du Jacob’s Ladder Festival.

À la fin du week-end, l’organisateur du festival avait demandé à Cash d’accueillir Lavin pour la nuit avant qu’elle ne reparte à l’aéroport, le lendemain.

Les deux femmes avaient fait de la musique dans le salon de Cash, et avaient créé des liens autour de leur intérêt commun pour la musique et pour la science populaire.

Quelques années plus tard, quand Cash a écrit la chanson pour Vera, elle a pensé à Lavin, amoureuse des sciences, comme elle, qui a également écrit au sujet de l’astrophysique.

« Je savais que ça lui correspondrait », explique Cash.

Elle ne s’est pas trompée. Lavin a décidé d’aider Cash à réaliser une vidéo et elle a aidé également à faire connaître la chanson.

La chanteuse de folk Sandy Cash. (Autorisation : Sandy Cash)

« La vidéo donne aux gens l’impression d’assister à un spectacle », dit Cash. « C’est beaucoup plus dur, actuellement, alors qu’il n’y a pas de spectacles – c’est difficile de savoir si on réussit à toucher les gens. »

Et il y a eu davantage. Un autre scientifique de l’institut Weizmann a entendu la chanson et dit à Cash que, par un heureux hasard, l’observatoire réunissant les téléscopes les plus avancés du monde venait d’être rebaptisé « Observatoire Vera Rubin ».

Cash a envoyé sa chanson à l’observatoire et, quelques semaines plus tard, elle a reçu un courriel de Zan Rubin, le petit-fils de Vera.

« Les chansons voyagent », s’exclame t-elle. « Le business de la chanson a changé, on ne vend plus de chansons, il n’y a plus de concerts et mon objectif est donc de faire connaître mes chansons au plus grand nombre. »

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