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L’officier druze tué à Gaza en 2018 avait dénoncé la loi sur l’État-nation

Les critiques du lieutenant-colonel Mahmoud Kheir el-Din, quelques semaines avant sa mort, contribuent à relancer les appels du gouvernement à agir pour modifier la législation

Le lieutenant-colonel Mahmoud Kheir el-Din et son épouse Nahed, sur une photo non datée publiée par l'armée le 15 mai 2022. (Crédit: Tsahal)
Le lieutenant-colonel Mahmoud Kheir el-Din et son épouse Nahed, sur une photo non datée publiée par l'armée le 15 mai 2022. (Crédit: Tsahal)

Le lieutenant-colonel Mahmoud Kheir el-Din, récemment identifié comme étant l’officier des forces spéciales israéliennes, tué lors d’une opération dans la bande de Gaza en 2018, était un opposant actif à la loi israélienne sur l’État-nation, d’après des informations publiées dimanche. La révélation de son identité a ramené cette loi controversée sur le devant de la scène politique.

Suite à cette divulgation dimanche, la Treizième chaîne a révélé qu’elle avait interviewé Kheir el-Din quelques semaines seulement avant sa mort. Dans cette interview, le lieutenant-colonel de la ville druze de Hurfeish, dans le nord du pays, avait évoqué la loi sur l’État-nation avec le correspondant de la chaîne, Alon Ben-David.

Ce dernier se souvient des déclarations de Kheir el-Din lors de l’interview : « Nous avons toujours servi avec amour et de tout notre cœur dans l’armée d’un pays dont nous savions qu’il était un État juif. Nous étions prêts à sacrifier même nos vies pour ce pays, mais lorsque vous légiférez une loi qui n’est rien d’autre qu’un doigt d’honneur, qui dit que nous n’avons aucun rôle dans ce pays – pour nous, c’est une insulte personnelle. »

Kheir el-Din, 41 ans, s’est engagé dans l’armée israélienne en 1999 et a servi dans la brigade des parachutistes pendant trois ans avant de rejoindre la division des opérations spéciales du renseignement militaire, où il a servi jusqu’à sa mort.

En 2009, il avait fondé une association à but non lucratif visant à faire progresser la communauté druze en Israël et s’était fait l’avocat des jeunes dans sa communauté. L’année suivante, il s’est associé à Aharai !, une organisation à but non lucratif qui encourage les jeunes à s’engager dans l’armée israélienne, et a participé à sa mise en place dans sa ville natale.

Ben-David a déclaré que lors de sa dernière conversation avec Kheir el-Din, quelques semaines avant l’opération fatale à Gaza, l’officier a décrié la loi en termes très clairs.

Des manifestants brandissent des drapeaux israéliens et druzes lors d’une manifestation contre la loi sur l’Etat-nation organisée à Tel Aviv, le 4 août 2018 (Crédit : Luke Tress / Times of Israel staff)

« Il m’avait dit : « J’attends de voir qui sera le premier [soldat de Tsahal tombé au combat] à être classé en deuxième zone », se souvient Ben-David.

« Malheureusement, ce fut lui ».

Sa mort a depuis relancé le débat, les parlementaires ayant lancé des appels pour que la loi soit modifiée.

La loi sur l’État-nation adoptée en 2018 définit Israël comme l’État-nation du peuple juif. Sa forme actuelle a suscité l’opposition des Druzes d’Israël et d’autres minorités arabes, qui ont affirmé qu’elle les définissait de fait comme des « citoyens de seconde zone. »

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