Londres va s’opposer aux prochaines résolutions anti-Israël du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU
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Londres va s’opposer aux prochaines résolutions anti-Israël du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU

Le Royaume-Uni a voté 2 des 5 résolutions adoptées vendredi, mais fustige le parti pris et “l’attention sélective” portés à Israël, et met le Conseil “en garde”

Le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à Genève, en mai 2013. Illustration. (Crédit : Jean-Marc Ferré/Nations unies)
Le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à Genève, en mai 2013. Illustration. (Crédit : Jean-Marc Ferré/Nations unies)

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a adopté vendredi cinq résolutions qui critiquent Israël, malgré l’opposition des Etats-Unis et une critique sans précédent du Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni a soutenu deux des cinq résolutions, mais a menacé de voter contre toute motion future prise contre l’Etat juif en raison du « parti-pris » de l’institution des Nations unies.

« Nous mettons en garde le Conseil des droits de l’Homme, a déclaré le Royaume-Uni dans un communiqué. Si les choses ne changent pas, nous adopterons dans le futur une politique de vote contre toutes les résolutions concernant la conduite d’Israël dans les territoires palestiniens et syriens occupés. »

Le conseil de 47 membres a adopté cinq résolutions sur des violations présumées des droits de l’Homme par Israël : 1) un vote sur « les droits de l’Homme sur le [plateau du] Golan syrien occupé », adopté par 26 voix favorables, trois opposées et 18 abstentions ; 2) une résolution intitulée « Assurer la responsabilité et la justice pour toutes les violations du droit international en territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem Est », qui a rassemblé 30 voix favorables, deux oppositions et 15 abstentions ; 3) 43 membres ont voté une résolution sur le « Droit du peuple palestinien à l’autodétermination », qui a été refusée par deux membres et où deux autres se sont abstenus ; 4) la résolution « Situation des droits de l’Homme en territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem Est », qui a été adoptée par 41 votes favorables, deux oppositions et quatre abstentions ; 5) une résolution condamnant Israël qui a obtenu 36 voix favorables, deux oppositions et neuf abstentions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Theresa May, à Londres, le 6 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue britannique Theresa May, à Londres, le 6 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Les Etats-Unis et le Togo ont voté contre les cinq résolutions.

Le Royaume-Uni a brisé l’unanimité des autres pays européens, en votant « non » à la résolution concernant les violations présumées des droits de l’Homme sur le plateau du Golan. Il a voté en faveur de deux des résolutions « conformément à une politique de longue date » et des « préoccupations sérieuses » sur l’activité d’implantation israélienne, les démolitions et l’utilisation de la détention administrative, et s’est abstenue sur deux autres résolutions.

La mission britannique aux Nations unies a publié un communiqué expliquant que bien qu’elle ait voté « non » à la résolution syrienne, ceci ne signale pas la reconnaissance de l’annexion israélienne sur le territoire en 1981.

La mission britannique a également fustigé l’institution de l’ONU, considérée comme non partiale et excessivement centrée sur Israël.

« Nulle part ailleurs on ne trouve l’attention disproportionnée portée à Israël de manière plus forte et plus absurde que dans le cas de la résolution d’aujourd’hui sur l’occupation du Golan syrien », peut-on lire dans le communiqué britannique.

« Le régime de Syrie massacre et assassine son peuple quotidiennement. Mais ce n’est pas la Syrie qui fait l’objet d’un point permanent au programme du Conseil, c’est Israël. »

Un ours en peluche enterré dans le sol d'une maison du quartier de Bab Kinnisrin à Alep, autrefois aux mains des rebelles, pendant une tempête de sable, le 10 mars 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)
Un ours en peluche enterré dans le sol d’une maison du quartier de Bab Kinnisrin à Alep, autrefois aux mains des rebelles, pendant une tempête de sable, le 10 mars 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

« Nous ne pouvons pas accepter le message pervers envoyé par une résolution sur le Golan Syrien qui pointe Israël du doigt alors qu’Assad continue à assassiner le peuple syrien », est-il écrit.

« Israël compte une population de huit millions de personnes, dans un monde de sept milliards [d’individus]. Et pourtant, depuis sa fondation, le Conseil des droits de l’Homme a adopté 135 résolutions sur des pays, dont 68 contre Israël. »

« La justice est aveugle et impartiale. Cette concentration sélective sur Israël n’est ni l’une, ni l’autre. »

Le Royaume-Uni a également rappelé au Conseil qu’il devait « reconnaitre l’incitation [à la violence], la violence et le terrorisme incessants auxquels fait face Israël. Selon le rapport du Quartet de l’année dernière, il y a eu 250 attentats terroristes, qui ont entraîné la mort d’au moins 30 Israéliens. Les efforts incessants du Hamas pour reconstruire ses tunnels sont une grave préoccupation. La poussée de l’incitation antisémite et de la glorification du terrorisme continuent. Et tant que les terroristes seront traités comme des martyrs, la paix restera lointaine. »

« Israël est le seul pays qui est en permanence au programme du Conseil des droits de l’Homme », a ajouté le Royaume-Uni en référence au point 7 de l’ordre du jour. Le point sept est à l’ordre du jour de chaque session du Conseil, trois fois par an, et permet de discuter des violations présumées des droits de l’Homme commises par Israël à l’encontre des Palestiniens.

Israël est le seul sujet spécifique qui occupe une position permanente dans les discussions du Conseil. Une ouverture au débat sur l’Etat juif qui est régulièrement l’occasion d’invectives anti-israéliennes de la part des états-membres arabes et musulmans.

L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, a déclaré que le Conseil « est devenu la branche la plus célèbre du mouvement BDS. Il est temps de mettre fin à cette campagne », en référence au mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre Israël. Il a déclaré que la résolution de l’institution sur la Syrie était « ridicule ».

Avant les votes, les Etats-Unis avaient fustigé lundi le Conseil, et boycotté un débat sur les violations présumées des droits de l’Homme commises par Israël. Les Etats-Unis ont également menacé de se retirer unilatéralement du Conseil en raison de l’attention portée à Israël.

« Les Etats-Unis s’opposent fermement et sans équivoque à l’existence du point 7 de l’ordre du jour du Conseil des droits de l’homme portant sur la situation des droits de l’Homme en Palestine et dans d’autres territoires arabes occupés », a déclaré Mark Toner, le porte-parole intérimaire du département d’Etat.

Toner a déclaré que ce point menaçait la crédibilité du Conseil.

« Les actions mises en œuvre aujourd’hui sont encore un autre rappel de la partialité de l’instance à l’encontre d’Israël, a-t-il dit. Aucune autre nation n’a un point fixe qui lui est consacré. L’existence même de ce point est l’une des plus grandes menaces à la crédibilité du Conseil. Isoler un seul pays de manière déséquilibrée, cela dessert les intérêts du Conseil. »

Le mois dernier, après sa première réunion du Conseil de Sécurité des Nations unies, l’ambassadrice américaine Nikki Haley avait déclaré que le Conseil des droits de l’Homme était « scandaleusement partial dans ses résolutions » contre Israël.

Rex Tillerson, ancien PDG d'ExxonMobil choisi comme secrétaire d'Etat par Donald Trump, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, D.C., le 11 janvier 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)
Rex Tillerson, ancien PDG d’ExxonMobil choisi comme secrétaire d’Etat par Donald Trump, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington, D.C., le 11 janvier 2017. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Le 15 mars, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a envoyé une lettre à neuf associations de défense des droits de l’Homme, dans laquelle il expliquait que les Etats-Unis pourraient quitter le Conseil s’il ne se réformait pas, a indiqué Foreign Policy.

En attendant, Tillerson a déclaré que les Etats-Unis répétaient leur « objection forte et de principe à l’égard de l’agenda biaisé du Conseil contre Israël ».

Tillerson a ajouté que les Etats-Unis étaient préoccupés de voir des états-membres siéger au Conseil, alors qu’ils sont accusés de violations des droits de l’Homme, comme la Chine, l’Égypte et l’Arabie Saoudite.

Si le président américain Donald Trump venait à quitter le Conseil des Droits de l’homme, il ne serait pas le premier à bouder l’organe onusien.

Quand le Conseil des droits de l’homme à été fondé pour remplacer la très discréditée Commission des droits de l’Homme en 2006, George W. Bush, alors président américain, avait refusé d’intégrer le nouveau groupe. Il pensait que ce dernier manquerait de crédibilité, et qu’à l’instar de son prédécesseur, il autoriserait des pays qui violent les droits de l’Homme à en être membres.

En 2009, le président Barack Obama était revenu sur cette décision, espérant améliorer le Conseil des droits de l’homme.

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