L’opposition fustige Netanyahu après l’interview d’Obama
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L’opposition fustige Netanyahu après l’interview d’Obama

Herzog critique le discours au Congrès ; Liberman dénonce la faiblesse stratégique et la mauvaise communication du gouvernement

Le leader de l'Union sioniste Isaac Herzog, à Jérusalem, le 24 fevrier 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/ Flash 90)
Le leader de l'Union sioniste Isaac Herzog, à Jérusalem, le 24 fevrier 2015 (Crédit photo : Miriam Alster/ Flash 90)

Des personnalités politiques israéliennes se sont crêpées le chignon mercredi, au sujet de la détérioration des liens entre Israël et les Etats-Unis, après que le président américain Barack Obama a déclaré à la télévision israélienne que l’Etat juif pourrait affronter un isolement international s’il renonçait aux pourparlers de paix avec les Palestiniens.

Le chef de l’opposition, Isaac Herzog, a déclaré que les commentaires d’Obama indiquent une « rupture sérieuse » dans les relations bilatérales, accusant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de miner, plutôt que de rétablir, ce qui est considéré comme la relation la plus stratégique d’Israël.

Dans l’interview de mardi avec la Deuxième chaîne, Obama a montré un manque flagrant d’optimisme concernant les perspectives d’une percée dans le processus de paix d’ici la fin de son mandat, et laissé entendre que le caractère automatique du droit de veto américain pour contrer les initiatives anti-israéliennes auprès des instances internationales ne pouvait durer éternellement.

« Le danger est qu’Israël dans son ensemble perde de sa crédibilité. Déjà la communauté internationale ne croit pas qu’Israël est sérieux au sujet de la solution à deux Etats », a affirmé Obama, en référence à de récentes déclarations contradictoires de Netanyahu qui suscitent des doutes quant à son engagement pour un Etat palestinien.

« Obama est un ami d’Israël et se soucie de sa sécurité », a déclaré Herzog à la radio de l’armée mercredi.

« Il a soutenu des choses très dures. Je tiens personnellement à dire : ‘Je vous l’avais bien dit’ – parce que pendant les élections, lorsque le Premier ministre a terminé son discours au Congrès, j’ai dit que cela causerait de grands dommages à notre relation avec les États-Unis », a-t-il affirmé.

« Pendant des décennies, nous n’avons jamais été dans une situation où un président américain refuse de rencontrer le Premier ministre et choisit plutôt de parler à la population israélienne via une interview télévisée », a poursuivi Herzog, avant d’aborder les tentatives d’Israël d’influencer les termes d’un accord émergeant entre l’Iran et la communauté internationale.

« La question iranienne est un défi d’envergure nationale, mais pour le relever, asseoir la position d’Israël parmi les nations… maintenir le droit de veto américain [sur les résolutions de l’ONU faisant pression sur Israël], nous devons parler avec l’administration et mener un dialogue intime. Non l’humilier », a-t-il dit.

Avigdor Liberman, le chef du parti Yisrael Beitenu (qui siège désormais dans l’opposition), a attaqué Netanyahu autrement, affirmant que le déclin de la position de Jérusalem, aux yeux d’Obama et sur la scène internationale, découle de l’absence d’une stratégie plus agressive sur le front palestinien et d’une diplomatie publique défaillante.

« Notre problème n’est pas seulement avec le président Obama. Notre problème est un concept – c’est notre stratégie nationale : sur la question palestinienne, la hasbara (communication), notre politique à Gaza et notre stratégie contre le Hezbollah », a-t-il ajouté.

« Quand vous n’avez pas de stratégie claire, et que vous modifiez constamment votre position – sans une approche claire et cohérente que vous pouvez défendre – il est difficile de vous expliquer. Il est difficile de nous expliquer quand vous divisez la responsabilité de la hasbara entre six corps différents », a-t-il dit, se référant à la division des responsabilités par Netanyahu entre le ministère des Affaires étrangères et une chaîne de ministres et vice-ministres.

Selon Liberman, le gouvernement devrait prendre plus au sérieux la communication, la recentrer sous un seul organe et y consacrer un financement d’un milliard de shekels.

« Il est difficile de travailler quand votre budget est inférieur au budget publicitaire de ‘Milky’ », a-t-il dit, se référant au populaire pudding au chocolat israélien.

« Il est insoutenable que ceux qui façonnent la politique étrangère d’Israël soient deux individus de Las Vegas », a ajouté Liberman, une allusion aux grandes donatrices de Netanyahu, Sheldon et Miriam Adelson, considérées comme exerçant une influence indue dans la politique israélienne à travers leur soutien financier au chef du Likud.

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