Malgré le virus, les violences contre les Palestiniens sont en hausse
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Malgré le virus, les violences contre les Palestiniens sont en hausse

Le nombre d'attaques mensuelles est passé de 9 à 16 malgré les restrictions liées aux déplacements imposées aux Israéliens

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des résidents de Homesh jettent des pierres sur des Palestiniens, le 26 mars 2020. (Crédit : Yesh Din)
Des résidents de Homesh jettent des pierres sur des Palestiniens, le 26 mars 2020. (Crédit : Yesh Din)

Les violences contre les Palestiniens menées par des activistes du mouvement pro-implantations en Cisjordanie se sont multipliées au cours de ces derniers mois, malgré les restrictions vigoureuses imposées par les autorités des deux côtés de la Ligne verte et qui visent à confiner les civils chez eux afin d’empêcher la propagation du coronavirus.

Au mois de mars, les responsables de la sécurité ont répertorié 16 attaques contre les Palestiniens contre neuf au mois de février et cinq au mois de janvier, a fait savoir un officiel, confirmant un reportage paru dans le quotidien Haaretz.

Le groupe de défense des droits de l’Homme BTselem, qui travaille en Cisjordanie, clame que ce nombre est plus élevé, affirmant qu’il a pu enregistrer 21 agressions violentes au mois de mars avec une majorité d’incidents survenus après la fermeture gouvernementale des écoles.

Dimanche, trois résidents de l’avant-poste extrémiste de Kumi Ori, aux abords d’Yitzhar, ont écopé d’une amende pour s’être aventurés à plus de 100 mètres de chez eux en direction d’un village palestinien, violant les directives liées à la pandémie de coronavirus, a fait savoir un porte-parole de la police des frontières au Times of Israël.

La semaine dernière, le groupe de veille Yesh Din avait publié des photos montrant un groupe de 15 habitants d’implantation masqués et armés descendant de la colline de Cisjordanie où se trouvait, dans le passé, Homesh – une implantation aujourd’hui démantelée – et jetant des pierres sur des Palestiniens originaires du village avoisinant de Burqa. Une plainte avait été déposée mais une porte-parole de la police avait expliqué ne pas avoir connaissance de l’incident.

Un fermier palestinien d’Umm-Safa qui aurait été agressé par des Israéliens, le 24 mars 2020. (Crédit : Yesh Din)

Lors d’un incident similaire survenu quarante-huit heures auparavant, des Israéliens avaient pénétré dans le champ d’un agriculteur palestinien originaire de Burqa, brisant les clôtures et endommageant les récoltes. Des villageois qui avaient assisté à la scène sont alors venus en renfort pour aider le fermier et des jets de pierre ont été échangés.

Les soldats étaient arrivés sur les lieux et avaient séparé les deux parties, ramenant les Israéliens vers la colline abandonnée. Le site appartenait à un groupe d’exploitants agricoles palestiniens qui, le mois dernier, avait obtenu pour la toute première fois, depuis l’évacuation de 2005, le droit d’accéder à ses terres. Néanmoins, une yeshiva nationaliste-religieuse de la ligne dure continue ses activités là-bas au quotidien, sans intervention de l’armée.

Des incidents de violences israéliennes et palestiniennes ont été rapportés dans un certain nombre de secteurs de la Cisjordanie, lundi et mardi – leurs auteurs refusant, à l’évidence, de se conformer aux directives gouvernementales de confinement en raison de l’épidémie de COVID-19.

D’autres incidents de violences israéliennes ont été rapportés la semaine dernière, visant des villageois originaires d’Al-Mughayyir et d’Umm Safa dans le centre de la Cisjordanie et d’Ein al-Hilwe, dans la Vallée du Jourdain.

Un véhicule de la police des Frontières endommagé par des cocktails Molotov devant l’implantation de Yitzhar, le 27 mars 2020. (Crédit : Police des Frontières)

L’armée israélienne a également enregistré une hausse des attaques aux jets de pierres palestiniennes prenant pour cible des véhicules israéliens sur les routes de Cisjordanie.

La semaine dernière, à deux reprises, les forces de sécurité ont mis en place des embuscades sur des lieux sensibles du nord de la Cisjordanie, ouvrant le feu et blessant des Palestiniens qui jetaient des pierres, ont indiqué les militaires.

En plus des attaques contre des Palestiniens, les violences extrémistes à l’encontre des forces de sécurité israéliennes ont également été à leur apogée, la semaine dernière.

Jeudi dernier dans la soirée, des Israéliens ont jeté trois cocktails Molotov sur un véhicule de la police des Frontières aux abords de l’implantation radicale d’Yitzhar, dans le nord de la Cisjordanie.

Aucun agent n’a été blessé mais leur Jeep a été endommagée, a noté la police des Frontières dans un communiqué. Elle a qualifié l’incident « d’attentat terroriste ».

Les troupes quittaient Yitzhar après être intervenues dans la zone pour faire appliquer une ordonnance de zone militaire fermée aux alentours de l’avant-poste de Kumi Ori, au sud-ouest de l’implantation.

Cet ordre avait été mis en place au mois d’octobre dernier, suite à une série d’attaques violentes commises contre les Palestiniens et les forces de sécurité par un certain nombre de jeunes issus du mouvement pro-implantations, originaires du secteur. Tandis qu’un calme relatif mais tendu avait pu se maintenir depuis, la situation s’était détériorée lorsque des habitants d’implantations avaient affronté la police des Frontières, arrivée à Kumi Ori alors que les locaux tentaient d’y construire une synagogue.

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