Mandelblit inculpe le député Likud David Bitan, en attendant son audition
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Mandelblit inculpe le député Likud David Bitan, en attendant son audition

Le procureur général Avichai Mandelblit va engager des accusations de corruption, blanchiment d'argent, fraude et abus de confiance contre le membre haut placé du parti au pouvoir

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député David Bitan du Likud, lors d'un rassemblement du parti à Tel Aviv, le 17 novembre 2019. (Tomer Neuberg/FLASH90)
Le député David Bitan du Likud, lors d'un rassemblement du parti à Tel Aviv, le 17 novembre 2019. (Tomer Neuberg/FLASH90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé dimanche qu’il allait déposer un acte d’accusation, en attendant une audience, contre le haut responsable du Likud, le député David Bitan pour corruption, fraude et abus de confiance, ainsi que pour blanchiment d’argent et fraude fiscale.

Bitan est accusé d’avoir reçu 992 000 shekels (248 000 euros) en pots-de-vin alors qu’il était maire adjoint de Rishon Lezion et membre de la Knesset.

Ephraim Dimri, un avocat représentant Bitan, a rejeté les accusations, déclarant qu’elles seraient levées lors de l’audience préliminaire.

« A première vue, il ne sera pas nécessaire de demander l’immunité car la plupart des éléments présentés s’avéreront nuls lors de l’audition », a déclaré M. Dimri à Radio 103FM.

L’année dernière, la police a recommandé que Bitan soit inculpé de multiples chefs d’accusation de corruption, notamment de pot-de-vin, de fraude et de blanchiment d’argent, en raison des allégations selon lesquelles il aurait accepté de l’argent en échange de faveurs politiques.

Bien qu’il ait nié les méfaits, Bitan a quitté son rôle de chef de file de la coalition en 2017, peu après l’annonce de l’enquête de police.

Dov Zur, maire de Rishon Lezion, arrive devant le tribunal de première instance de Rishon Lezion pour la prolongation de sa suspension provisoire, le 7 décembre 2017. (Avi Dishi / Flash90)

Il est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin de son associé Moshe Yosef et de l’homme d’affaires Dror Glazer, tous deux alors qu’ils étaient maire adjoint de la quatrième plus grande ville d’Israël et, plus tard, membres de la Knesset. Les deux hommes ont témoigné contre lui.

L’ancien maire adjoint de Tel Aviv, Arnon Giladi, et le maire de l’époque de Rishon Lezion, Dov Zur, sont également suspectés dans le présumé système de pots-de-vin qui a eu lieu entre 2011 et 2017.

La police a déclaré l’année dernière qu’elle avait obtenu des informations détaillées sur la manière dont les pots-de-vin et les transferts d’argent présumés ont été traités, à la lumière du témoignage de Yosef, qui possède un magasin de meubles où Bitan aurait reçu l’argent.

Arnon Giladi, maire adjoint de Tel Aviv et président de la branche du Likud de la ville. (Avec l’aimable autorisation d’Arnon Giladi)

Le procureur général a déclaré que Bitan avait fait avancer les intérêts de la société de construction Danya Cebus en approuvant des transactions immobilières à Rishon Lezion en échange d’un paiement en espèces de 430 000 shekels (107 500 euros). La somme versée à Bitan devait permettre à Danya Cebus de remporter un appel d’offres municipal pour la construction d’une station-service à la périphérie de la ville ainsi que l’approbation d’un autre projet de construction à l’extérieur de Jérusalem sur la route 38.

Mandelblit a également déclaré qu’ils ont découvert des preuves que Bitan et Giladi ont accepté un pot-de-vin de 385 000 shekels (96 250 euros) pour obtenir des permis de construire pour trois projets immobiliers à Tel Aviv. La police a déclaré qu’une partie de l’argent des pots-de-vin avait été transférée à Bitan en utilisant de fausses factures.

L’enquête, baptisée « Affaire 1803 », a donné lieu à l’arrestation d’un certain nombre de suspects, dont des fonctionnaires de la ville de Rishon Lezion, des hommes d’affaires locaux et des figures du crime organisé.

Bitan a nié tout acte répréhensible.

Plus tôt ce mois-ci, Bitan a annoncé qu’il renonçait à sa nomination au poste de ministre de l’Agriculture après qu’un vote imminent visant à approuver un certain nombre de sélections ministérielles du Premier ministre Benjamin Netanyahu a été reporté indéfiniment à la suite d’un arrêt de la Cour suprême de justice.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le député David Bitan lors d’un rassemblement du Likud à Tel Aviv le 9 août 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

La cour avait indiqué qu’il y avait des limites à la capacité d’un gouvernement de transition de nommer de nouveaux ministres. Netanyahu avait nommé trois députés à des postes ministériels après avoir été contraint d’abandonner tous ses portefeuilles en raison de poursuites pénales à son encontre.

Israël a un gouvernement de transition depuis décembre 2018, date à laquelle la Knesset a voté la dissolution et la tenue d’élections anticipées. Un troisième tour de scrutin aura lieu le 2 mars, après que les deux précédents n’aient pas permis de former un gouvernement, une première dans l’histoire d’Israël.

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