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Mansour Abbas appelle au calme à Jérusalem

Le chef de Raam affirme que son parti reste engagé au sein de la coalition et dit œuvrer à "rassembler" tout en évoquant des événements "très durs" sur le mont du Temple, vendredi

Le leader du parti Raam, Mansour Abbas, s'exprime devant les caméras de la Douzième chaîne, le 16 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran)
Le leader du parti Raam, Mansour Abbas, s'exprime devant les caméras de la Douzième chaîne, le 16 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran)

Le chef du parti Raam de la coalition a déclaré, samedi, que lui et son parti souhaitaient voir la coalition réussir, ajoutant qu’il cherchait à minimiser la possibilité que sa faction lâche le gouvernement suite aux heurts qui ont opposé les forces israéliennes aux émeutiers palestiniens à Jérusalem.

S’exprimant vingt-quatre heures après avoir dit que les affrontements violents survenus sur le mont du Temple étaient « une ligne rouge » à ne pas franchir qui pourrait prendre le pas sur toutes les autres considérations politiques, Abbas, qui s’exprimait sur la Douzième chaîne, a fait savoir que sa formation continuerait à défendre la communauté arabe depuis l’intérieur du gouvernement.

De son côté, le député de Raam, Mazen Ghnaim, avait menacé de quitter la coalition vendredi « si les agissements des forces de sécurité à la mosquée al-Aqsa bénie ne cessent pas immédiatement ».

« Un gouvernement qui se conduit de cette façon… n’a pas le droit d’exister », avait-il ajouté.

Abbas a estimé samedi que « tous les membres de Raam portent une lourde responsabilité, et ce positionnement n’est pas toujours facile sur certains sujets ».

« Les scènes dont nous avons été témoins à Al-Aqsa ont été très dures. Peu importe la manière dont les choses ont commencé, peu importe la manière dont les choses se sont terminées. Voir de telles scènes est éprouvant pour les nerfs et il en découle donc différentes réactions. Nous avons agi et nous lançons un appel au calme, un appel à respecter la mosquée – de manière à ce que tout le monde puisse y prier en paix, » a déclaré Abbas.

Le député Mazen Ghnaim pendant une réunion de commission à la Knesset, le 27 octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mais, a-t-il ajouté, « nous sommes unis au sein de Raam. Nous avons un leadership conjoint, nous sommes entrés dans la coalition pour défendre les intérêts de la communauté arabe. Nous le faisons, et nous prenons nos responsabilités qui sont de calmer les esprits et de rassembler ».

Il a poursuivi en disant qu’il espérait que « l’ambiance de fête calmera les choses et amènera tout un chacun à réfléchir encore une fois à ce que sont la tolérance, les valeurs, le caractère sacré de la vie ».

Vendredi matin, des affrontements avaient éclaté entre émeutiers palestiniens et police israélienne sur le mont du Temple. Plus de 150 Palestiniens avaient été blessés, un chiffre avancé par le Croissant rouge palestinien. Trois policiers israéliens avaient également été blessés lors de ces heurts. Il y avait eu, selon la police, environ 400 arrestations et sur ce total, 300 personnes auraient été remises en liberté samedi.

Abbas a fait remarquer que « tous ceux qui avaient dit que ce serait Raam qui entraînerait une crise et qui ferait éclater la coalition se sont trompés – cela ne s’est pas produit jusqu’à présent. Nous avons eu une opportunité historique que nous avons souhaité saisir dans l’intérêt de la communauté arabe et dans l’intérêt de la société israélienne ».

Des Palestiniens se heurtent aux forces israéliennes à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Le gouvernement actuel a failli tomber, ces derniers jours, après le départ d’Idit Silman, membre du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett, de la coalition – faisant perdre à l’alliance au pouvoir sa très étroite majorité. Opposition et gouvernement occupent dorénavant le même nombre de sièges à la Knesset forte de 120 députés, 60 contre 60.

Certains ont suggéré que la Liste arabe unie de l’opposition – qui réunit des factions à majorité arabe, distincte du bloc d’opposition de droite de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu – pourrait soutenir la coalition lors de certains votes au Parlement. Le parti lui-même a émis des messages contradictoires sur cette possibilité.

« Personne ne s’attend à ce que la Liste arabe unie – et je ne pense pas que ce soit réaliste de le lui demander – rejoigne la coalition mais elle a assurément des intérêts variés à défendre. Elle voudrait faire avancer certains dossiers concernant la société civile arabe et le gouvernement est ouvert à de tels sujets », a dit Abbas.

Le dirigeant de Raam a aussi critiqué Ayman Odeh, le dirigeant de la Liste arabe unie, pour son appel lancé en faveur de la démission des membres arabes des services de sécurité israéliens, une déclaration qui a entraîné une forte controverse à la Knesset qui a été même critiquée par les membres de gauche de la coalition.

Ayman Odeh, chef du parti de la Liste arabe unie, dans une vidéo dans laquelle il appelle les policiers arabes israéliens à démissionner, affirmant qu’ils « humilient » leur peuple, le 10 avril 2022 (Crédit : Capture d’écran/Facebook)

« C’était une erreur », a-t-il dit devant les caméras de la Douzième chaîne. « Ce n’est bon pour personne ».

Dans une déclaration faite vendredi sur les violences qui avaient lieu à Jérusalem, Raam avait expliqué que « Al-Aqsa fait partie intégrante de notre culte et des considérations d’ordre politique n’ont pas leur place ici ».

« Les musulmans jouissent d’un droit exclusif à la mosquée Al-Aqsa. Les invasions quotidiennes sont une agression contre ce droit exclusif », avait ajouté Raam.

Dans le cadre des affrontements, la police avait déclaré dans un communiqué qu’elle s’engageait à autoriser les prières sur le lieu saint. « Nous appelons les fidèles à maintenir l’ordre et à faire les prières de manière ordonnée. La police israélienne ne laissera pas les émeutiers perturber les prières et troubler l’ordre public », avait indiqué un communiqué.

Des manifestants palestiniens jettent des pierres vers les forces de sécurité israéliennes à la mosquée al-Asda, sur le mont du Temple de Jérusalem, le 15 avril 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

La police avait expliqué que les heurts avaient été initiés « par des éléments violents » qui avaient cherché la confrontation avec la police, lançant des pierres trouvées sur le site en direction des forces de sécurité présentes.

Le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, a déclaré qu’Israël « s’engage à faire respecter la liberté de culte des fidèles de toutes les confessions à Jérusalem et notre objectif est de permettre aux croyants de prier pacifiquement pendant la fête du ramadan ».

Les émeutes « sont inacceptables et elles sont contraires à l’esprit des religions auxquelles nous croyons. La convergence de Pessah, du ramadan et de Pâques est le symbole de tout ce que nous avons en commun. Nous ne devons permettre à personne de transformer ces journées sacrées pour nous en affichage de haine, d’incitations et de violences », a-t-il continué.

Une haute personnalité religieuse de la branche sud du Mouvement islamique a appelé dimanche sa branche politique à quitter la coalition.

« Démissionnez immédiatement de la coalition qui attaque nos lieux saints en Palestine », a écrit Cheikh Mohammad Salameh Hassan sur Facebook. « Faites-le pour Al-Aqsa », a-t-il ajouté.

Les dirigeants du groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza ont condamné les incidents, déclarant dans un communiqué qu’Israël subirait les conséquences de ses « attaques brutales ».

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, au centre, le commissaire de police Yaakov Shabtai et le commandant du district de Jérusalem Doron Turgeman à la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 avril 3022. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

« Notre peuple à Jérusalem n’est pas seul dans la bataille d’Al-Aqsa. Tout le peuple palestinien, sa noble résistance et sa puissance vitale sont avec eux », a déclaré le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhum.

Plusieurs nations arabes, notamment des alliés d’Israël, ont condamné les agissements des autorités sur le mont du Temple.

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