Mariage gay: Meretz promet que la coalition y est favorable ; Raam nuance
Rechercher

Mariage gay: Meretz promet que la coalition y est favorable ; Raam nuance

Nitzan Horowitz a assuré que l'accord inclut la reconnaissance du mariage homosexuel ; Mansour Abbas ne soutiendra pas la mesure mais évoque la liberté de vote

Le président du Meretz Nitzan Horowitz, au centre, lors d'une manifestation de la communauté LGBTQ à Tel Aviv, le 14 juillet 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le président du Meretz Nitzan Horowitz, au centre, lors d'une manifestation de la communauté LGBTQ à Tel Aviv, le 14 juillet 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La diversité et les conflits d’idéologies au sein de la coalition émergente formée par le député Yair Lapid ont été mis en évidence jeudi quand le président du Meretz Nitzan Horowitz a déclaré jeudi matin que l’accord de coalition de son parti progressiste avec Yesh Atid « comprend un engagement à faire progresser la communauté LGBT et le statut [légal] des couples homosexuels comme couples mariés », alors que Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, a promis que son parti s’y opposerait.

Lapid a informé mercredi soir le président Reuven Rivlin qu’il était en mesure de former un gouvernement dans lequel lui et le chef de la Yamina, Naftali Bennett, occuperont à tour de rôle le poste de Premier ministre, se positionnant ainsi pour remplacer le dirigeant d’Israël le plus pérenne, Benjamin Netanyahu, au poste de Premier ministre.

Cependant, la coalition de Lapid, composée de partis du centre, de la gauche et de la droite, ainsi que du parti islamiste Raam, est toujours en désaccord sur maintes questions.

S’exprimant à la radio de l’armée à la Marche des Fiertés à Jérusalem, Horowitz, a déclaré que l’accord de coalition de son parti avec Yesh Atid, l’un des premiers que Lapid a signé alors qu’il construisait son gouvernement potentiel, comprend « un engagement clair à faire progresser les droits de la communauté LGBT en Israël ».

« Il a été convenu de reconnaître le statut des couples non mariés, y compris les partenaires du même sexe, comme étant mariés », a déclaré Horowitz, qui est ouvertement gay. « Ce sont des choses sur lesquelles nous avons insisté et qui figurent dans notre accord. »

Illustration : Les drapeaux de la Gay Pride sont accrochés dans les rues de Jérusalem, en 2013. (Yonatan Sindel/ Flash90)

Meretz s’efforcera d’honorer cet engagement au sein du nouveau gouvernement, a assuré Horowitz.

Bien qu’il ait admis qu' »il y a beaucoup de difficultés » quant à la finalisation de la coalition, Horowitz a déclaré que « les visions et l’objectif dépassent tous les obstacles ».

La promesse d’Horowitz semble aller à l’encontre de l’accord de coalition signé avec le parti islamiste Raam, qui gèle toute initiative à l’égard de la communauté LGBT.

Peu après l’interview d’Horowitz à la radio de l’armée, le député de Raam, Walid Taha, est interviewé par la même radio.

Le député Walid Taha à la Knesset, le 19 novembre 2019 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Taha fait l’éloge de la nouvelle coalition, affirmant qu’elle est fondée sur « les nombreuses choses sur lesquelles il n’y a pas de désaccord », mais a précisé : « nous ne soutiendrons personne qui nous impose des valeurs auxquelles notre communauté ne croit pas. »

Plus tard, la radio de l’armée s’est entretenue avec Mansour Abbas, qui a déclaré ne pas être au courant d’un quelconque engagement de la coalition à faire progresser les droits des LGBT.

« Je ne suis pas au courant, je ne l’ai pas vu dans les directives de base [pour la coalition] ni dans les accords », a déclaré Abbas.

À la question de savoir s’il s’opposerait aux mesures évoquées par Horowitz, Abbas a répondu : « Sans aucun doute. Nous sommes un parti à vocation religieuse, toutes nos positions en la matière s’inspirent de la foi elle-même. »

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, s’entretient avec des journalistes après les discussions de coalition à Kfar Maccabiah, Ramat Gan, le mercredi 2 juin 2021 (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel).

« Mais nous devons étudier chaque question séparément », a-t-il concédé, et il a fait remarquer que les partis bénéficient, dans certaines circonstances, de la liberté de voter en fonction de leurs principes directeurs. Il a précisé que ces questions seraient traitées dans les accords de coalition.

« Il ne fait aucun doute que le chemin est difficile », a déclaré Abbas au sujet des efforts visant à finaliser la coalition, mais il s’est dit optimiste quant à sa réalisation.

Il a ajouté que des efforts étaient encore déployés pour faire entrer d’autres députés dans la coalition, notamment ceux de Taal, un autre parti arabe, dirigé par le député Ahmad Tibi, qui fait partie de la Liste arabe unie.

Abbas a déclaré que Netanyahu, qui avait essayé de recruter Raam pour soutenir son propre gouvernement, qui ont finalement échoué, pour former une coalition, s’était entretenu avec lui ces derniers jours, y compris mercredi, mais n’a pas voulu préciser ce dont il avait discuté.

« Vous pouvez imaginer ce qu’il a dit », s’est contenté de dire Abbas.

Le chef de Yesh Atid, Yair Lapid (G), le leader de Yamina, Naftali Bennett (C) et le leader de Raam, Mansour Abbas, signent un accord de coalition le 2 juin 2021 (Crédit : Raam).

L’accord a été conclu après qu’Abbas a apporté son soutien au futur gouvernement, tard dans la nuit de mercredi à jeudi, permettant à son parti islamiste d’être le premier parti arabe depuis des décennies à faire partie d’une coalition au pouvoir.

Selon les termes de la nouvelle coalition, Bennett sera Premier ministre jusqu’en septembre 2023, date à laquelle Lapid lui succédera jusqu’à la fin du mandat de la Knesset en novembre 2025.

Bien que Lapid ait déclaré qu’une coalition avait été formée, il n’est pas certain que le futur « gouvernement de changement » franchisse la ligne d’arrivée. Il devrait comprendre 61 des 120 députés, soit la majorité la plus étroite possible. Et un député de la Yamina de Bennett, Nir Orbach, a annoncé plus tôt dans la nuit de mercredi à jeudi qu’il pourrait voter contre la nouvelle coalition, un geste qui pourrait potentiellement faire échouer le futur gouvernement.

Les accords de coalition définitifs n’ont pas encore été officiellement publiés et les négociations devraient se poursuivre jusqu’à la prestation de serment qui aura lieu plus tard dans le mois.

Si le gouvernement naissant est investi, Israël aura un nouveau Premier ministre pour la première fois depuis 2009. Outre les 12 années consécutives qu’il a passées au poste de Premier ministre depuis cette date, Netanyahu a également été Premier ministre pendant trois ans à la fin des années 1990.

Israël est embourbé dans une impasse politique depuis la dissolution de la Knesset en décembre 2018, les quatre scrutins organisés depuis lors n’ayant pas permis de dégager une majorité décisive pour Netanyahu ou ses rivaux. En plus de lutter pour sa survie politique, Netanyahu est actuellement jugé dans trois affaires de corruption.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...