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Marine Le Pen rend hommage aux héros juifs du soulèvement du ghetto de Varsovie

Nouvelle tentative de se distancier de l'héritage antisémite de son parti, la candidate d'extrême droite espérait renforcer sa stature internationale en a mont des présidentielles

Marine Le Pen, candidate aux élections présidentielles françaises, participe à une cérémonie de dépôt de gerbe devant le monument aux héros du ghetto dédié aux victimes du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, à Varsovie, en Pologne, le 3 décembre 2021.
Marine Le Pen, candidate aux élections présidentielles françaises, participe à une cérémonie de dépôt de gerbe devant le monument aux héros du ghetto dédié aux victimes du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, à Varsovie, en Pologne, le 3 décembre 2021.

Escortée, la candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle s’est recueillie vendredi devant le monument aux morts des héros du ghetto de Varsovie.

Un hommage aux Juifs polonais du ghetto de Varsovie qui, en 1943, s’étaient soulevés contre les forces d’occupation nazies allemandes avant d’être massacrés.

Dès sa descente de voiture, Marine Le Pen a abordé un ton solennel et grave. D’une démarche lente et maîtrisée, sur fond de trompettes et de tambours, elle a déposé un fanion bleu, blanc, rouge tandis que la sonnerie aux morts retentissait.

« C’est un grand honneur pour nous d’être ici pour rendre hommage aux Juifs polonais résistants qui se sont battus au moment du ghetto de Varsovie », a-t-elle déclaré, dans une tentative de rompre, encore et toujours, avec l’héritage du Front national (FN) et ses cofondateurs collaborationnistes et antisémites.

La dirigeante du Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite français, et candidate aux élections présidentielles françaises, Marine Le Pen (C), participe à une cérémonie de dépôt de gerbe devant le Monument aux morts et aux assassinés de l’Est, qui commémore les victimes de l’invasion soviétique en 1939, à Varsovie, en Pologne, le 3 décembre 2021.

Les tentatives de Marine Le Pen de rompre avec son héritage politique ont toujours divisé. Vendredi après-midi, aucun représentant de la communauté juive ni même du musée de l’Histoire des Juifs polonais n’était là pour l’accueillir contrairement aux trois responsables de partis d’extrême-droite, le Vlaams Belang (Belgique) et les Vrais Finlandais (Finlande) qui l’accompagnaient.

Après quelques minutes de recueillement, le cortège est reparti, le « cortège officiel » de Marine Le Pen, a précisé le RN sur les réseaux sociaux comme s’il s’agissait d’une visite d’Etat.

La députée du Pas-de-Calais avait concédé le 20 novembre à Marseille qu’Eric Zemmour, avec la « brutalité » de ses propositions, lui rendait « service », notamment en la recentrant politiquement. « La brutalité qui émane des propositions d’Eric Zemmour et son côté mono-thématique (NDLR: sur l’immigration) démontre que nous avons, en ce qui nous concerne, un projet complet, travaillé, précis et immédiatement applicable, avec des équipes pour le porter. Alors c’est vrai qu’en miroir, quelque part il nous rend service », a reconnu Marine Le Pen, en déplacement pour deux jours à Marseille

Cet hommage n’était pas l’objectif du voyage de Marine Le Pen.

La dirigeante du Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite français et candidate aux élections présidentielles françaises, Marine Le Pen (R), et le Premier ministre hongrois Viktor Orban (L) posent avant la réunion des dirigeants des partis conservateurs et de droite européens « Sommet de Varsovie » à Varsovie, en Pologne, le 4 décembre 2021.

À l’instar de sa visite en Hongrie en octobre, lors de laquelle elle avait rencontré le Premier ministre Viktor Orbán, cette première visite en Pologne était l’occasion de consolider la droite européenne et sa stature internationale, en vue des présidentielles.

« Emmanuel Macron nous a fâchés avec le monde entier. Il va falloir reconstruire nos relations internationales », a-t-elle estimés.

Et parmi ses alliés, la Pologne, dirigée par le parti Droit et Justice (PiS), dont elle vante la politique migratoire – surtout depuis que le gouvernement a barricadé sa frontière avec la Biélorussie, après l’afflux de 4 000 migrants.

L’entrevue de samedi était organisée par Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS. Parmi les participants, Orbán, et une quinzaine de personnes dont des présidents de partis qui composent les groupes parlementaires Conservateurs et réformistes européens (ECR, droite) et Identité et démocratie (ID, extrême droite) au Parlement européen.

L’accueil réservé par Jaroslaw Kaczynski à Marine Le Pen marque un changement récent pour les conservateurs au pouvoir en Pologne qui ont longtemps refusé de coopérer avec elle en raison de ses relations chaleureuses avec le président russe Vladimir Poutine – un sujet sensible dans un pays longtemps dominé par Moscou.

En 2019, Jaroslaw Kaczynski affirmait d’ailleurs que le parti de Mme Le Pen faisait partie de plusieurs groupements en Europe qui sont « manifestement liés à Moscou et reçoivent son soutien » financier, citant cela comme un obstacle à la coopération.

Mais le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avait aussi rencontré Marine Le Pen à Bruxelles en octobre et l’a accueillie cette fois pour un dîner à Varsovie afin de donner naissance à leur projet de « grand groupe conservateur » à Bruxelles, qui pourrait réunir 140 eurodéputés au total.

Mais pour le moment, les participants se sont contentés d’une charte et de la promesse de se retrouver tous les deux mois. Les Polonais hésitent à quitter le groupe ERC, et l’Italien Matteo Salvini n’a même pas fait le déplacement.

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