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Maroc : Découverte de parures présentées comme « les plus anciennes au monde »

Les chercheurs ont dévoilé plusieurs colliers et bracelets formés de petits coquillages percés et colorés à l'ocre rouge, trouvés il y a quelques semaines près d'Essaouira

Une photo prise le 18 novembre 2021 à Rabat montre des artefacts dévoilés par des archéologues au Maroc qui, selon eux, sont parmi les plus anciens du monde. (Crédit : AFP)
Une photo prise le 18 novembre 2021 à Rabat montre des artefacts dévoilés par des archéologues au Maroc qui, selon eux, sont parmi les plus anciens du monde. (Crédit : AFP)

Des parures vieilles « d’entre 142 000 et 150 000 ans », de ce fait considérées comme « les plus anciennes au monde », ont été découvertes au Maroc, non loin de la station balnéaire d’Essaouira, ont annoncé jeudi des responsables gouvernementaux et paléontologues.

Les chercheurs ont dévoilé plusieurs colliers et bracelets formés de petits coquillages percés et colorés à l’ocre rouge, trouvés il y a quelques semaines dans la grotte de Bizmoune, près d’Essaouira (sud-ouest).

« Ils constituent les plus anciens objets de parure au monde avec un âge situé entre 142 000 et 150 000 ans », a déclaré le chercheur marocain Abdeljalil Bouzouggar, enseignant à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP).

La découverte a été réalisée par une équipe internationale composée de l’INSAP de Rabat, de l’Université d’Arizona (Tucson, États-Unis) et du Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique (CNRS et Université Aix-Marseille, sud de la France).

Il s’agit d’une « découverte majeure pour le Maroc et pour l’humanité », s’est réjoui le ministre marocain de la Culture, Mohamed Mehdi Bensaid, en soulignant qu’elle renseignait sur « les premières civilisations qui nous ont laissé un héritage découvert aujourd’hui ».

Le Marocain Abdeljalil Bouzouggar, de l’Institut national d’archéologie et du patrimoine culturel (INSAP), présente des artefacts à la presse le 18 novembre 2021 à Rabat. (Crédit : AFP)

Au total, ceux-ci ont identifié une trentaine de coquilles dont des colliers et bracelets.

Il s’agit « des plus anciens connus au monde », a expliqué le chercheur, en soulignant que ces coquillages auraient aussi servi comme outil de communication.

« C’est la première fois que des humains vont utiliser leur corps comme support, soit pour communiquer entre eux, soit avec les membres d’autres groupes, plus au moins éloignés de leur lieu d’origine », a-t-il dit.

Selon M. Bouzouggar, ces humains sont allés ramasser les coquillages sur des plages du littoral. « Il y a énormément d’espèces de coquillages mais ils sont allés chercher la même espèce que ce soit ici au Maroc, en Algérie dans un site daté de 35 000 ans, en Afrique du Sud sur un site daté de 75 000 ans ou bien en Israël dans un site daté de 135 000 ans », a-t-il noté.

À ses yeux, « cela veut dire que ces gens partageaient quelque chose entre eux. Il y avait peut-être une langue » qui avait émergé.

« Ce sont des objets symboliques, et les symboles, à la différences des outils, ne peuvent se transmettre que par une langue », a souligné le chercheur.

Le chercheur a rappelé que le Maroc était le site où a été identifié « l’un des plus anciens Homo Sapiens au monde » : cinq individus datant d’environ 315 000 ans, découverts en 2017 dans le Djebel Irhoud par l’équipe du chercheur français Jean-Jacques Hublin.

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