Mettant la pression sur Kakhol lavan, Lapid promet une motion de censure
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Mettant la pression sur Kakhol lavan, Lapid promet une motion de censure

Alors que le ministre de la Défense et Netanyahu sont au bord de la rupture, le chef de l'opposition affirme que "rien de bon ne sortira de ce gouvernement"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz (à droite), et Yair Lapid du mouvement Yesh Atid-Telem, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz (à droite), et Yair Lapid du mouvement Yesh Atid-Telem, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Dans un effort visant à faire pression sur le parti centriste Kakhol lavan pour qu’il rompe avec la coalition, alors que les relations au sein du gouvernement se détériorent, le leader de l’opposition Yair Lapid a déclaré lundi qu’il présenterait la semaine prochaine une proposition visant à dissoudre la Knesset et à convoquer de nouvelles élections.

« Le projet de loi sera soumis à un vote. Il est temps d’organiser des élections », a-t-il annoncé à l’ouverture de la réunion de la faction de son parti Yesh Atid à la Knesset. « Netanyahu veut des élections en juin, alors il joue la montre. Il n’y a aucune raison de le laisser aller aux élections au moment qui lui convient ».

Au début du mois, le parti Yesh Atid-Telem de la Knesset avait retiré, à la dernière minute , un projet de loi visant à dissoudre le Parlement, reprochant à son ancien allié, Kakhol lavan, de ne pas avoir respecté son propre ultimatum qui demandait au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’adopter un budget de l’État avant la fin du mois d’octobre.

Dans le cadre de l’accord de coalition conclu entre le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan, les deux partis ont convenu d’adopter un budget allant jusqu’en 2021. Cependant, Netanyahu insiste maintenant sur des budgets séparés pour 2020 et 2021, l’échec de l’adoption d’un budget lui permettant d’éviter de céder le poste de Premier ministre au chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, comme il est tenu de le faire en vertu de leur accord de partage du pouvoir.

Maintenant que Gantz a annoncé la création d’une commission gouvernementale chargée d’enquêter sur la dite affaire des sous-marins qui a pris au piège plusieurs des alliés de Netanyahu, la coalition semble plus que jamais proche de l’effondrement.

Un homme à bord d’un faux sous-marin lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, Israël, le 14 octobre 2020. (AP/Oded Balilty)

Furieux de l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement, Gantz a déclaré la semaine dernière qu’il avait chargé son parti de rassembler « tous les projets de loi pertinents qui feront progresser l’égalité, la lutte contre la corruption et d’autres valeurs qui sont importantes pour nous ».

Cette démarche pourrait inclure la présentation d’une législation visant à limiter la durée du mandat du Premier ministre ou à empêcher un Premier ministre mis en examen de servir – des propositions qui auraient probablement l’appui d’une majorité de la Knesset si elles étaient soutenues par Kakhol lavan, mais qui entraîneraient presque certainement la rupture de la coalition.

Lapid, s’exprimant lundi, a déclaré qu’il était inutile de reporter l’inévitable.

« Il est temps d’organiser des élections. Rien de bon ne sortira de ce gouvernement. C’est un groupe de politiciens qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes, de leur propre travail, de leurs petits arguments. Ils ne travaillent pas pour le peuple d’Israël, ils ne travaillent que pour eux-mêmes », a-t-il dénoncé.

« Le 2 décembre prochain, mercredi prochain, nous proposerons un projet de loi visant à dissoudre la Knesset. Nous ne le retirerons pas au dernier moment, nous ne négocierons pas à ce sujet. Le projet de loi sera soumis à un vote », a-t-il promis.

Dans un message implicite à Gantz, Lapid a ajouté : « À tous les partis de la Knesset – c’est votre moment de vérité. Le 2 décembre, mercredi prochain. Si Israël est important pour vous, nous mettrons fin au pire gouvernement de l’histoire de ce pays, nous mettrons fin au mandat de Netanyahu ».

Photo composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Ramle le 4 août 2020 (à gauche) et de Yair Lapid à la Knesset le 17 mai 2020. (Yossi Aloni/Flash90, Knesset/Adina Veldman)

Lors d’une réunion de la faction Kakhol lavan lundi, Gantz a réitéré la nécessité d’adopter un budget, indiquant qu’il ne craignait pas d’éventuelles élections à venir.

« Non, je n’ai pas peur des élections », a-t-il assuré. « Je pense juste qu’elles ne sont pas ce dont le pays a besoin en ce moment, et je continuerai à faire tout ce que je peux pour ce gouvernement. Pas en faisant des compromis sur mes principes, pas en faisant des compromis sur ce que devraient être les priorités de ce pays, pas en faisant passer mes propres besoins avant les besoins de ce pays ».

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