Mieux vaut faire la guerre à l’Iran maintenant que plus tard, estime Netanyahu
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Mieux vaut faire la guerre à l’Iran maintenant que plus tard, estime Netanyahu

Le Premier ministre a dit qu'Israël fera tout son possible pour empêcher l'enracinement de l'Iran en Syrie et il a souligné l'importance de sa prochaine rencontre avec Poutine

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à la presse à la Kirya, le quartier général de Tsahal à Tel Aviv le 30 avril 2018 (Miriam Alster/Flash90).
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à la presse à la Kirya, le quartier général de Tsahal à Tel Aviv le 30 avril 2018 (Miriam Alster/Flash90).

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que bien que l’Etat juif ne soit pas intéressé par une escalade militaire avec l’Iran, il préférerait toutefois, qu’un éventuel conflit survienne maintenant plutôt que dans le futur.

Ces propos ont été tenus dans un contexte de tensions croissantes entre Jérusalem et Téhéran alors que la République islamique tente d’élargir sa présence dans la Syrie voisine, ce qui fait craindre que l’Iran n’utilise ses bases pour attaquer Israël.

« Nous sommes déterminés à combattre l’enracinement iranien, même au prix d’une confrontation », a indiqué Netanyahu au début de la réunion hebdomadaire de cabinet de son gouvernement. « Nous ne voulons pas d’escalade, mais nous sommes préparés à tous les scénarios. Nous ne voulons pas la confrontation mais s’il doit y avoir une, il vaudrait mieux qu’elle survienne maintenant plutôt que plus tard ».

Ces propos interviennent une semaine après la frappe d’une base iranienne en Syrie qui a été attribuée à Israël et qui aurait détruit des centaines de missiles sol-sol et tué plus de 30 personnes, notamment de nombreux responsables militaires iraniens. L’Iran a démenti la mort de ses soldats dans l’attaque et affirmé qu’aucune de ses bases n’avait été prise pour cible.

Netanyahu a également souligné l’importance de sa prochaine rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, prévue mercredi.

La Russie est un appui essentiel du président syrien Bashar Assad, ainsi que l’Iran, et a soulevé certaines inquiétudes après que plusieurs frappes aériennes israéliennes ont eu lieu en Syrie. Moscou a signalé qu’il pourrait vendre à Damas des systèmes de défense aérienne avancés en réponse.

« Mes entretiens avec le président russe sont toujours importants pour l’armée israélienne et le pays mais cette rencontre, cette semaine, est tout particulièrement importante au vu des tentatives de l’Iran de s’établir en Syrie », a dit Netanyahu.

Les deux leaders s’étaient déjà entretenus au mois d’avril, Poutine recommandant vivement à Netanyahu de ne pas entreprendre de démarche susceptible d’augmenter l’instabilité en Syrie.

Ces discussions se tiendront également quelques jours seulement avant la date-butoir, le 12 mai, à laquelle le président américain Donald Trump décidera de son éventuel maintien dans l’accord sur le nucléaire iranien. La Russie, signataire du pacte, a demandé sa conservation tandis que Netanyahu a demandé son annulation ou de nouvelles négociations.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu présente les dossiers obtenus par Israël, qui prouvent que l’Iran a menti sur son programme nucléaire, au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 30 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Netanyahu devait donner une conférence de presse, plus tard dans la journée de dimanche, aux médias étrangers au sujet d’environ 100 000 dossiers et documents iraniens décrivant les initiatives prises par l’Iran dans le passé pour développer des armes atomiques.

Netanyahu a révélé la semaine dernière le contenu de ces documents, sortis du territoire iranien par des espions israéliens et qui, a-t-il dit à ce moment-là, apportent la preuve des mensonges des dirigeants iraniens au sujet des ambitions nucléaires de leur pays.

Netanyahu s’est fréquemment entretenu avec Poutine alors qu’Israël cherche à faire en sorte que Moscou utilise son influence pour stopper les tentatives de l’Iran de s’ancrer en Syrie et au Liban, sur la frontière nord de l’Etat juif. Leur dernier entretien remonte au mois de janvier.

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, saluant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Moscou, le 21 septembre 2015 (Crédit : ambassade d’Israël en Russie / Flash90 / via JTA)

Téhéran a envoyé environ 80 000 combattants appuyés par l’Iran pour soutenir les forces du président syrien Bashar Assad dans la guerre civile qui déchire le pays depuis sept ans, a indiqué l’ambassadeur aux Nations unies d’Israël Danny Danon la semaine dernière.

Israël a expliqué que l’enracinement militaire iranien en Syrie était inacceptable, craignant que Téhéran n’utilise le pays comme tremplin pour d’éventuelles attaques contre l’Etat juif.

Les responsables américains et israéliens contrôlent la situation alors que l’Iran a accru le nombre d’avions de transport envoyés depuis l’aéroport Mehrabad de Téhéran vers la Syrie. Les responsables des deux pays craignent que les avions ne soient chargés de munitions avancées qui pourraient être potentiellement utilisées contre l’Etat juif.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a juré de manière répétée qu’Israël oeuvrerait à empêcher cela de survenir, « peu en importe le coût ».

Une explosion sur une base militaire iranienne présumée, en périphérie de la ville de Hama, en Syrie, le 29 avril 2018. (Crédit : capture d’écran Facebook)

La base située au sud de la ville de Hama, au nord-ouest de la Syrie, qui a été bombardée la semaine dernière lors de la frappe aérienne, appartenait à la 47ème brigade de l’armée syrienne mais aurait été utilisée comme siège des soldats iraniens depuis plusieurs années.

Cette récente attaque est arrivée dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et Israël suite au bombardement, le mois dernier, de la base aérienne T4 en Syrie, localisée dans la province de Homs, dans le centre du pays, qui a fait sept morts chez les soldats iraniens. Téhéran a juré de riposter. La Syrie, l’Iran et la Russie ont attribué la responsabilité de cette frappe à Israël qui ne l’a ni confirmée, ni démentie.

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