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Migrants : un ministre FPÖ utilise un terme évoquant le nazisme

Herbert Kickl a proposé de cantonner les demandeurs d'asile de façon "concentrée" dans des centres ; la communauté juive autrichienne refuse tout contact avec le FPÖ

Le ministre de l'Intérieur autrichien Herbert Kickl reçoit sa nomination de la part du président Alexander Van der Bellen, le 18 décembre 2017, à Vienne. (AFP / VLADIMIR SIMICEK
Le ministre de l'Intérieur autrichien Herbert Kickl reçoit sa nomination de la part du président Alexander Van der Bellen, le 18 décembre 2017, à Vienne. (AFP / VLADIMIR SIMICEK

Le nouveau ministre autrichien de l’Intérieur Herbert Kickl (FPÖ, extrême droite) a suscité jeudi la polémique en proposant de cantonner les demandeurs d’asile de façon « concentrée » dans des centres dédiés, un terme interprété comme faisant écho aux camps de concentration nazis.

Intervenant lors d’une conférence de presse à Vienne, M. Kickl a plaidé pour la création d’une « infrastructure adaptée qui permettra de cantonner de façon concentrée en un lieu ceux qui ont engagé une procédure de demande d’asile ».

Interrogé par des journalistes sur l’emploi du terme « concentré », M. Kickl a assuré n’avoir « en aucun cas eu l’intention de provoquer », proposant comme alternative la périphrase « regrouper des gens en un espace ».

Le propos, tenu par un responsable d’un parti créé par d’anciens nazis, a déclenché une avalanche de réactions.

Le responsable de l’ONG d’aide aux migrants SOS Mitmensch, Alexander Pollak, a évoqué une « provocation délibérée », l’essayiste de gauche Robert Misik estimant que « le Rubicon a été franchi ». Les Verts ont manifesté leur « refus que le langage du national-socialisme se faufile dans notre façon de penser ».

Le journal populaire Kronen Zeitung, n’ayant pas de sympathie pour les migrants, a lui-même relevé « le choix d’un mot compliqué ». Le Parti social-démocrate a pour sa part dénoncé « un terme minable et indécent ».

Entré en fonctions mi-décembre, le gouvernement du chancelier conservateur Sebastian Kurz comporte six portefeuilles FPÖ, dont les ministère régaliens de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères.

Le FPÖ souhaite la fin des allocations financières pour les demandeurs d’asile et leur regroupement dans des centres gérés par l’Etat où ils ne bénéficieraient que de nourriture et d’une aide matérielle.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, à droite, à côté du vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache, du Parti de la liberté, lors d’une réunion spéciale de l’Assemblée nationale autrichienne à la salle d’assemblée parlementaire temporaire du château de Vienne le 20 décembre 2017 (Crédit : APA / ROLAND SCHLAGER)

Début janvier, le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, patron du parti, avait suggéré que les demandeurs d’asile soient cantonnés dans des « casernes », avec interdiction de sortie à partir d’une certaine heure. Il avait par la suite assuré que ses propos avaient été « surinterprétés ».

Le président de la République Alexander Van der Bellen, dans un communiqué publié après les déclarations de M. Kickl mais n’y faisant pas explicitement référence, a appelé jeudi à « la vigilance dans l’emploi de la langue ». « La façon dont nous employons les mots et les formules n’est pas innocente », a relevé le chef de l’Etat.

Dans la matinée, avant les déclarations de M. Kickl, des survivants du camp nazi de Mauthausen avaient « solennellement mis en garde contre le nationalisme et l’extrémisme de droite, notamment au vu des tendances xénophobes du programme du gouvernement » autrichien.

Mercredi, la communauté juive de Vienne avait réitéré son refus de tout contact avec des représentants du FPÖ, soulignant la proximité de certains membres de ce parti avec des cercles néo-nazis et révisionnistes.

En Allemagne voisine, un député européen élu du parti conservateur bavarois avait provoqué une polémique début janvier en affirmant qu’il fallait trouver « une solution définitive à la question migratoire », un terme perçu comme apparenté à la « solution finale » préconisée par les nazis.

Manfred Weber (Crédit : capture d’écran YouTube)

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