Mise à pied d’un policier filmé bousculant un Haredi lors d’une manifestation
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Mise à pied d’un policier filmé bousculant un Haredi lors d’une manifestation

L'enquête ouverte pour recours excessif à la force intervient quelques jours après un autre incident filmé où un policier a frappé un manifestant qui lui a dit de porter un masque

Officiers de la police aux frontières s'opposent aux Juifs ultra-orthodoxes lors d'une manifestation contre la fermeture des quartiers Romema et Kiryat Belz de Jérusalem, le 13 juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Officiers de la police aux frontières s'opposent aux Juifs ultra-orthodoxes lors d'une manifestation contre la fermeture des quartiers Romema et Kiryat Belz de Jérusalem, le 13 juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Pour la deuxième fois cette semaine, la police a annoncé mardi la suspension d’un officier filmé en train d’utiliser ce qui semble être une force excessive lors d’une manifestation ultra-orthodoxe contre le bouclage de leurs quartiers par le gouvernement dans le cadre de la pandémie de coronavirus.

Lors du dernier incident, qui a eu lieu lundi soir, un officier a été vu en train de bousculer violemment par derrière un photographe Haredi innocent et de le faire tomber à terre.

La police a déclaré qu’elle avait suspendu l’officier et ouvert une enquête sur l’incident.

Samedi soir, un autre officier a été filmé en train de frapper un manifestant Haredi au visage avec le dos de sa main après que le manifestant lui a demandé de porter un masque. Après cet incident également, une enquête a été ouverte par le département des enquêtes internes du ministère de la Justice et le policier a été suspendu dans l’intervalle.

Des hommes et des garçons ultra-orthodoxes de Jérusalem ont protesté contre le bouclage du gouvernement pendant trois soirées consécutives. La manifestation de lundi a notamment vu l’arrestation de 16 participants.

Des manifestants ont été vus en train de pousser à coups de pied des bennes à ordures en feu sur des roulettes vers les forces de la police des frontières qui, dans certains cas, les ont renvoyées à coups de pied.

« Nous n’abandonnerons pas, c’est une guerre pour nous, et nous ne permettrons pas la discrimination dans l’État juif », a déclaré un manifestant au site d’information ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat. « Nous prendrons toutes les mesures nécessaires jusqu’à ce que le bouclage soit levé et que la police commence à nous traiter comme des êtres humains ».

Vendredi, des mesures de confinement sont entrées en vigueur dans certains quartiers de cinq villes, dont les enclaves Haredi à Jérusalem et Beit Shemesh. Le gouvernement avait également bouclé l’implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit en Cisjordanie et les quartiers ultra-orthodoxes d’Ashdod.

Samedi, dix personnes ont été arrêtées alors que des manifestants ultra-orthodoxes affrontaient la police. Des centaines de manifestants ont bloqué l’intersection des rues Yirmiyahu et Shamgar, et ont jeté des pierres, des œufs et d’autres objets sur les agents qui réagissaient à la situation, a déclaré la police israélienne dans un communiqué. Certains des manifestants ont démoli les barricades de police qui avaient été mises en place pour faire respecter le verrouillage, selon la déclaration.

Dimanche, au moins deux autres personnes ont été arrêtées, alors que des centaines de juifs ultra-orthodoxes mettaient le feu à des poubelles et abattaient des barrières pour protester contre les bouclages.

Lundi également, des députés ultra-orthodoxes ont exigé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’efforce de mettre fin à ce qu’ils ont appelé une application biaisée et sélective des règlements de santé publique qui visent injustement leur communauté.

Des députés des partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont rencontré Netanyahu aux côtés du ministre de la Santé Yuli Edelstein et du ministre de la Sécurité publique Amir Ohana, quelques jours après des plaintes et même des menaces de certains élus ultra-orthodoxes de quitter la coalition.

Au plus fort de la première vague, les villes de Beit Shemesh, Elan et Modiin Illit comptaient chacune plus de cas actifs qu’à Tel Aviv, la deuxième ville la plus peuplée du pays. En avril, la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak a été placée en confinement, tout comme plusieurs quartiers ultra-orthodoxes de Beit Shemesh.

Des agents de la police des frontières bloquent une route principale à la suite des mesures prises par le gouvernement pour contribuer à arrêter la propagation du coronavirus, à Bnei Brak, le 3 avril 2020. (AP Photo/Oded Balilty,)

Dans un communiqué daté de lundi, le Bureau du Premier ministre a indiqué que des consultations seraient tenues avec des représentants de la communauté ultra-orthodoxe avant les prochains confinements et que, si possible, des centres de commandements seraient ouverts dans les communautés affectées.

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