Mission à Jérusalem : L’Ethiopie gèle le transfert après l’expulsion de moines
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Mission à Jérusalem : L’Ethiopie gèle le transfert après l’expulsion de moines

Des images vidéo amateur diffusées par la Dixième chaîne montrent des policiers expulsant des moines d'un complexe, le plus âgé aurait été blessé

Des moines éthiopiens devant un complexe appartenant à Église éthiopienne, duquel ils ont été expulsés par la police israélienne le 31 mai 2018. (Le plus âgé, un homme de 84 ans, est à gauche). (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)
Des moines éthiopiens devant un complexe appartenant à Église éthiopienne, duquel ils ont été expulsés par la police israélienne le 31 mai 2018. (Le plus âgé, un homme de 84 ans, est à gauche). (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)

L’Ethiopie avait envisagé de transférer son ambassade à Jérusalem, mais a finalement décidé de ne pas le faire, après un incident récent au cours duquel la police israélienne a expulsé de force des moines éthiopiens d’un complexe appartenant à l’Eglise éthiopienne à Jérusalem.

« Le transfert de l’ambassade éthiopienne à Jérusalem était envisagé », a déclaré Eliezer Yasu Gil, un avocat qui représente l’ambassade, à la Dixième chaîne lundi. « Pour le moment, cette procédure est gelée. »

Le président américain Donald Trump a rompu avec des années de consensus international le 6 décembre dernier, en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, et en annonçant le transfert de son ambassade. Le Guatemala et la Paraguay lui avaient emboîté le pas et ont également transféré leurs ambassades.

La plupart des pays ont leurs ambassades à Tel Aviv et refusent de les déplacer tant que le statut international de la ville n’est pas résolu par des négociations directes entre Israël et les Palestiniens.

Israël revendique la ville entière comme sa capitale éternelle. Les Palestiniens voient en Jérusalem Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, et ont été excédés par les transferts d’ambassades.

En plus des États-Unis, du Guatemala et du Paraguay, plusieurs pays ont fait part de leurs projets de transfert d’ambassade, notamment le Honduras, la République Tchèque et la Roumanie.

Aucune information sur un éventuel transfert de l’ambassade éthiopienne n’avait été communiquée. De plus, l’avocat a indiqué que l’Ehtiopie envisageait de rappeler son ambassadeur après l’incident.

L’ambassadeur éthiopien en Israël, Tsegay Berha Hadera, a averti la semaine dernière que l’expulsion pourrait causer une crise diplomatique si l’incident n’était pas immédiatement géré.

Des images vidéo amateur diffusées par la Dixième chaîne d’information ont montré des policiers se présentant la semaine dernière au complexe de la rue Heleni Hamalka à Jérusalem, s’adressant brutalement aux moines, leur ordonnant de sortir du bâtiment et essayant d’arrêter l’un d’entre eux.

Le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, a déclaré au Times of Israel que les policiers étaient venus enquêter sur un cambriolage présumé près du complexe et ont demandé aux moines de présenter une pièce d’identité. Lorsqu’ils ont refusé de la fournir, a-t-il expliqué, la police a accusé les moines d’intrusion.

« Si vous ne me montrez pas de pièce d’identité, c’est que l’endroit ne vous appartient pas. Maintenant, tout le monde sort », a déclaré un officier dans une vidéo de l’incident visionnée par le Times of Israel.

Le complexe abrite une église éthiopienne et deux bâtiments du début du XXe siècle, conçus à l’origine comme des appartements pour les pèlerins éthiopiens.

Les bâtiments ont presque toujours été loués, tout dernièrement au département de la radio de l’Autorité israélienne de radiodiffusion.

Le moine le plus âgé, 84 ans, aurait eu besoin de soins médicaux après avoir été jeté au sol.

La Dixième chaîne a rapporté que la police a verrouillé le complexe, bien que les moines aient fourni les documents prouvant que l’église était propriétaire des bâtiments.

Le complexe était sous la surveillance d’agents de sécurité.

Selon un communiqué de la police, « il est difficile de comprendre comment une attitude criminelle comme celle-ci, notamment des injures et de la violence contre la police, et le refus d’obtempérer, a pu se transformer en une telle distorsion de la vérité. L’une des personnes impliquées à résisté à l’arrestation et blessé un policier à la main ».

Sue Surkes a contribué à cet article.

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