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MSF restera à Gaza « aussi longtemps que possible », selon son chef de mission

Israël a annoncé le 1er février que l'ONG internationale devrait avoir quitté le territoire palestinien au plus tard le 28 février, après son refus de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens

Un Palestinien marche avec ses béquilles, le soir du réveillon du Nouvel An, vers la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal de Gaza-City, le 31 décembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)
Un Palestinien marche avec ses béquilles, le soir du réveillon du Nouvel An, vers la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal de Gaza-City, le 31 décembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Médecins sans Frontières va continuer à travailler dans la bande de Gaza « aussi longtemps que possible », a déclaré à l’AFP son chef de mission pour la Palestine, Filipe Ribeiro, à quelques jours de la fin prévue des activités de l’ONG dans le territoire, décidée par Israël.

« Pour le moment, nous travaillons encore à Gaza et nous avons l’intention de poursuivre nos opérations aussi longtemps que possible », a affirmé Filipe Ribeiro lors d’un entretien mercredi à Amman.

Israël avait annoncé le 1er février que l’ONG internationale devrait avoir quitté le territoire palestinien au plus tard le 28 février, après son refus de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.

MSF avait dénoncé cette décision visant selon elle à « empêcher l’aide humanitaire » dans le territoire, dévasté par deux ans de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Filipe Ribeiro a souligné que cette mesure avait d’ores et déjà un impact sur les activités de l’ONG.

« Depuis le début janvier, nous ne sommes plus en capacité de faire entrer du personnel international à Gaza. Les autorités israéliennes nous interdisent toute entrée à Gaza, mais aussi en Cisjordanie », a-t-il indiqué.

Il a ajouté que MSF n’était plus autorisée « à faire entrer des équipements médicaux, des médicaments, du matériel ou quoi que ce soit à Gaza ».

« Nous avons des équipes à Gaza, nationales et internationales, qui continuent à travailler et nous avons des stocks qui vont nous permettre de poursuivre nos opérations pour le moment », a déclaré Filipe Ribeiro.

Israël avait annoncé en décembre qu’il interdirait à 37 organisations internationales, parmi lesquelles MSF, de travailler à Gaza à compter du 1er mars en leur reprochant de ne pas avoir communiqué la liste des noms de leurs employés, exigée désormais officiellement à des fins de « sécurité ».

La règlementation ne s’applique officiellement qu’à Gaza mais des ONG se sont inquiétées de ce qu’elles s’étendent à l’avenir à la Cisjordanie.

Filipe Ribeiro a averti que l’arrêt des activités de MSF à Gaza aurait un impact majeur sur le système de santé dans le territoire. « MSF est l’un des plus importants acteurs en matière de soins de santé à Gaza et en Cisjordanie, et si nous sommes obligés de partir, cela créera un vide immense », a-t-il déclaré.

L’ONG a indiqué avoir mené en 2025, 800 000 consultations médicales à Gaza, soigné plus de 100 000 traumatismes et assisté plus de 10 000 accouchements.

Par ailleurs, l’hôpital Nasser de Gaza a accusé dimanche Médecins sans frontières de « contribuer à créer un consensus » en faveur d’éventuelles attaques contre le centre hospitalier du sud de la bande de Gaza.

Le groupe humanitaire a annoncé avoir suspendu ses activités non essentielles dans cet établissement médical, en raison de la présence de terroristes armés et de « soupçons de transferts d’armes ».

L’hôpital de Khan Younès a déclaré qu’il y aurait des « conséquences graves et prévisibles » si MSF ne revenait pas sur sa décision.

Dans un communiqué de presse en anglais publié par le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, l’hôpital a affirmé que la présence d’hommes armés « visait à assurer la sécurité du personnel et des patients ».

Selon l’hôpital, les hommes armés aperçus sur place ne sont pas des militaires, mais des policiers menant une action « protectrice, civile et légale » contre « des individus et des groupes incontrôlés » qui ont attaqué l’hôpital.

« Malgré une transparence totale et des clarifications répétées, MSF a publié des déclarations qui déforment les faits et reflètent les discours historiquement utilisés pour justifier les attaques contre les hôpitaux », a ajouté l’hôpital Nasser.

À LIRE : Des documents du Hamas révèlent son usage des hôpitaux de Gaza

L’hôpital a adressé une « notification officielle » à MSF pour lui demander de « retirer immédiatement » ses allégations.

« À défaut, cela risquerait de contribuer de manière significative à mettre en danger un établissement médical protégé, avec des conséquences graves et prévisibles », a déclaré l’hôpital.

Médecins Sans Frontières a déclaré avoir suspendu les activités médicales non essentielles à l’hôpital Nasser en raison de la présence d’hommes armés dans l’établissement médical et « d’une situation récente de suspicion de circulation d’armes ».

L’organisation humanitaire a également déclaré que des hommes armés avaient arrêté des patients.

Après l’annonce de MSF, l’armée israélienne a déclaré disposer d’informations prouvant que le Hamas utilisait le site comme quartier général pour ses hauts responsables.

« Depuis plus de deux ans, Tsahal et les autorités de la défense mettent en garde contre l’utilisation cynique par les organisations terroristes de Gaza des hôpitaux et des refuges humanitaires comme boucliers humains pour dissimuler leurs activités terroristes », a déclaré Tsahal dans un communiqué en anglais.

L’armée a ajouté que la décision de Médecins Sans Frontières était « importante, mais prise trop tard ». Cela prouve une fois de plus la nécessité de désarmer l’organisation terroriste du Hamas ».

Israël fournit depuis longtemps des preuves que les groupes terroristes palestiniens utilisent régulièrement les établissements médicaux comme bases d’opérations, en raison de leur statut protégé.

D’anciens otages ont également déclaré avoir été détenus à l’hôpital Nasser.

L’an dernier, un médecin qui sert également de porte-parole à l’hôpital Nasser a laissé entendre qu’il avait été menacé par le Jihad islamique palestinien pour avoir refusé de laisser les membres de ce groupe terroriste entrer et utiliser l’hôpital.

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