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Médecins Sans Frontières suspend ses activités dans un hôpital de Gaza

Selon le groupe humanitaire, les incidents, notamment les transferts d'armes, ont augmenté depuis le cessez-le-feu ; c'est la première fois qu'un groupe international confirme la présence d'hommes armés dans les hôpitaux de Gaza

Des Gazaouies passant devant le dispensaire de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d’al-Rimal, à Gaza-City, le 11 janvier 2026. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)
Des Gazaouies passant devant le dispensaire de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d’al-Rimal, à Gaza-City, le 11 janvier 2026. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Dans un communiqué, Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé avoir suspendu ses activités médicales non essentielles à l’hôpital Nasser de Khan Younès, à Gaza, en raison de la présence d’hommes armés au sein de l’établissement et à cause « de récents soupçons de transfert d’armes ».

Ces hommes armés ont également procédé à l’arrestation de patients, a ajouté le groupe.

Avec ce communiqué de MSF, c’est la première fois qu’une organisation humanitaire internationale présente à Gaza fait publiquement état de la présence d’hommes armés dans un hôpital ou de l’utilisation potentielle d’un tel établissement pour le transport d’armes.

« Ces derniers mois, à l’hôpital Nasser de Khan Younès, les patients et le personnel de MSF ont été témoins de la présence d’hommes armés, certains masqués, dans différentes zones du vaste complexe de l’établissement. Ces observations ne se sont pas produites dans les zones où MSF mène ses activités, mais dans d’autres parties de l’hôpital », a indiqué le groupe Médecins Sans Frontières, également désigné par son acronyme français MSF, dans un communiqué expliquant sa décision de suspendre ses activités à l’hôpital Nasser depuis le 20 janvier.

MSF est un fournisseur majeur d’aide médicale et humanitaire à Gaza depuis que le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, a déclenché une guerre de deux ans dans l’enclave. En octobre, Israël et le Hamas ont accepté un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, mais les deux camps se sont mutuellement accusés, à plusieurs reprises, de violations des termes de l’accord.

« Depuis le cessez-le-feu, les équipes de MSF ont signalé une recrudescence d’actes anormaux, avec notamment la présence d’hommes armés, des intimidations, des arrestations arbitraires de patients et, récemment, des soupçons de transfert d’armes », a fait savoir l’organisation humanitaire. « Ces incidents constituent de graves menaces pour la sécurité de nos équipes et de nos patients. »

Un représentant de MSF a confié à Reuters que l’organisation continuait à apporter son soutien à certains services essentiels à l’hôpital Nasser, tels que les soins hospitaliers et chirurgicaux pour certains patients nécessitant des traitements vitaux.

Une Palestinienne arrive avec un enfant à la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) le soir du réveillon du Nouvel An, dans le quartier d’al-Rimal à Gaza-City, le 31 décembre 2025. (Crédit : Omar AL-Qattaa/AFP)

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur administré par le Hamas s’est pour sa part engagé à empêcher toute présence armée à l’intérieur des hôpitaux, ajoutant que des poursuites judiciaires seraient lancées à l’encontre de ceux qui enfreindraient cette règle. Il a évoqué l’entrée récente de membres armés de certaines familles gazaouies dans des hôpitaux, sans toutefois révéler l’identité des personnes impliquées.

Israël a fourni à plusieurs reprises des éléments prouvant que les groupes terroristes palestiniens ont régulièrement utilisé les installations médicales comme bases opérationnelles en raison de leur statut protégé. Des otages ont également déclaré avoir été détenus à l’hôpital Nasser.

L’an dernier, un médecin, qui est également porte-parole de l’hôpital Nasser, avait laissé entendre qu’il avait fait l’objet de menaces du Jihad islamique palestinien pour avoir refusé de laisser les membres du groupe terroriste entrer et utiliser l’hôpital.

Au début du mois, Israël a annoncé qu’il mettait fin à toutes les activités de MSF à Gaza et en Cisjordanie après que l’organisation a refusé de fournir la liste de son personnel palestinien.

MSF a critiqué cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er mars, la qualifiant de « prétexte » pour entraver l’aide humanitaire. Israël a déjà accusé MSF d’employer au moins deux membres des groupes terroristes du Jihad islamique palestinien et du Hamas.

Des patients palestiniens quittent la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d’al-Rimal à Gaza, le 31 décembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Oxfam poursuivi en justice pour « culture antisémite toxique »

Cette observation de MSF intervient dans un contexte de critiques plus larges à l’égard du comportement des organisations humanitaires internationales dans le conflit à Gaza.

Cette semaine, l’ancienne présidente directrice générale d’Oxfam GB a fait part de son intention de poursuivre l’organisation caritative en justice, invoquant une « culture antisémite toxique » et affirmant avoir subi des pressions la sommant d’utiliser prématurément le terme « génocide » afin de décrire la campagne militaire menée par Israël.

« En ce qui concerne l’utilisation du terme ‘génocide’, il faut que ce soit une conclusion à laquelle nous arrivions après des consultations, avec des preuves et après la soumission d’avis juridiques avisés », a déclaré Halima Begum à la Quatrième chaîne. « Et simplement utiliser ce terme avant d’y être prêts en tant qu’organisation me semble assez risqué. »

« En substance, il était très difficile de rester neutre et impartiale », a-t-elle ajouté. « Et je m’exprime en tant que femme musulmane. »

Dans une déclaration faite à la Quatrième chaîne, Oxfam GB a dit récuser les accusations de Begum.

Oxfam est présente dans plus de 70 pays. Elle aide les populations des pays en développement à sortir de la pauvreté, et fournit une aide d’urgence lors de crises humanitaires.

Mark Goldring avait démissionné de son poste de PDG d’Oxfam GB en 2018, après qu’il a été révélé que des employés humanitaires de l’organisation avaient eu recours à des prostituées lors de leur mission en Haïti, au lendemain du tremblement de terre de 2010. Le gouvernement britannique a suspendu son financement à Oxfam en 2021, après que l’organisation a annoncé avoir mis à pied des membres de son personnel en république démocratique du Congo pour des allégations d’inconduite sexuelle et de harcèlement.

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