Netanyahu à l’Iran : la leçon d’Auschwitz est de combattre le mal à sa racine
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Netanyahu à l’Iran : la leçon d’Auschwitz est de combattre le mal à sa racine

Le Premier ministre avertit que Téhéran est en voie de se doter de l'arme nucléaire et doit être stoppée, et appelle à des "sanctions concrètes" contre la CPI

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à la réunion hebdomadaire de son cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 janvier 2020. (Tsafrir Abayov / POOL / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à la réunion hebdomadaire de son cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 janvier 2020. (Tsafrir Abayov / POOL / AFP)

En amont de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a établi un nouveau parallèle entre le génocide des Juifs par les nazis et le programme nucléaire iranien.

« Nous avons donc maintenant la capacité de nous défendre, et je pense que la leçon d’Auschwitz est la suivante : premièrement, il faut arrêter les mauvaises choses tant qu’elles sont petites, et l’Iran est une très mauvaise chose. Il n’est pas si petit, mais il pourrait devenir beaucoup plus grand avec des armes nucléaires, et je pense que la première chose à faire est d’arrêter cela », a-t-il déclaré lors d’une interview télévisée accordée à TBN.

« Et deuxièmement, comprenez que les Juifs ne seront plus jamais sans défense face à ceux qui veulent les détruire. Ce sont les deux choses qui me semblent importantes ».

L’intégralité de l’entretien avec la chaîne chrétienne sera diffusée mardi soir. Dans un court clip diffusé plus tôt dans la journée, le Premier ministre a déploré le meurtre de six millions de Juifs pendant la Shoah et souligné que les tentatives d’extermination du peuple juif existent encore aujourd’hui.

« Un tiers du peuple juif est parti en flammes. Nous ne pouvions rien faire », a-t-il ainsi déclaré.

« Aujourd’hui, après la Shoah et la création de l’État d’Israël, les tentatives de destruction du peuple juif n’ont pas disparu », a dénoncé M. Netanyahu. « L’Iran déclare ouvertement chaque jour qu’il veut effacer Israël de la surface de la terre. Et soit dit en passant, Israël a aujourd’hui une population de plus de six millions de Juifs ».

Netanyahu a souvent utilisé les cérémonies de commémoration de la Shoah pour établir des comparaisons entre l’Allemagne nazie et la République islamique d’Iran. Cette semaine, Israël accueillera près de 50 dirigeants du monde entier pour célébrer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz le 27 janvier 1945.

Dans l’interview accordée à TBN, le Premier ministre a également dénoncé une « attaque frontale totale » contre le droit du peuple juif à « vivre dans sa patrie ancestrale, la Terre d’Israël ». Il faisait probablement référence à l’intention de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur d’éventuels crimes de guerre en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est.

« Je pense que tout le monde devrait s’y opposer », a-t-il indiqué au journaliste Matt Crouch.

« Le gouvernement américain, sous la direction du président [Donald] Trump, s’est prononcé avec force contre la CPI pour cette parodie, et j’invite tous vos téléspectateurs à faire de même – à demander des actions concrètes, des sanctions contre la cour internationale, ses fonctionnaires, ses procureurs, tout le monde ».

Le 20 décembre, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a annoncé sa décision de lancer une enquête sur « la situation en Palestine », expliquant qu’elle avait des raisons de croire que des responsables israéliens et des membres de groupes terroristes palestiniens avaient commis des crimes de guerre.

Israël a vivement dénoncé son intention – Netanyahu l’ayant même qualifiée de « pur antisémitisme » – et fait valoir que La Haye n’était pas compétente pour ouvrir une enquête puisque le tribunal ne compte pas d’État palestinien parmi ses membres.

A LIRE : INTERVIEW / Fatou Bensouda : l’accusation d’antisémitisme de Netanyahu est « regrettable »

La décision appartient maintenant à une chambre préliminaire de la CPI, qui se prononcera sur cette question de compétence dans les prochaines semaines.

Jusqu’à présent, les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Hongrie se sont publiquement opposés à l’intention de Cour pénale internationale d’enquêter sur les crimes de guerre en Israël/Palestine.

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