Netanyahu : Abbas nous « aide » avec ses discours anti-Israël et anti-Trump
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Netanyahu : Abbas nous « aide » avec ses discours anti-Israël et anti-Trump

Le dirigeant israélien affirme que l'AP montre son vrai visage en rejetant Washington, avertit les Européens qu’ils ont une "dernière chance" de contrer l'accord nucléaire iranien

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara rendent hommage à Mahatama Gandhi sur sa tombe à New Delhi, en Inde, le 15 janvier 2018 (Avi Ohayon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara rendent hommage à Mahatama Gandhi sur sa tombe à New Delhi, en Inde, le 15 janvier 2018 (Avi Ohayon / GPO)

NEW DELHI, Inde – Alors que Mahmoud Abbas vient de rejeter l’approche américaine dans le processus de paix au Moyen-Orient, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré ce lundi que le chef de l’Autorité palestinienne servait les intérêts d’Israël en s’opposant à Washington et en refusant de reconnaître le lien du peuple juif à Israël.

« Il a exposé ce que nous disons tout le temps : le conflit a pour racine le refus fondamental de la reconnaissance de l’Etat juif, peu importe ses frontières », a déclaré Netanyahu depuis New Delhi, où il est en visite officielle. Il a également ajouté que les Palestiniens ne trouveraient pas de médiateur afin de remplacer les Américains.

Ce dimanche soir, un discours d’Abbas a été connoté comme antisémite. Il a ainsi nié le lien entre le peuple juif et la terre d’Israël et est allé jusqu’à sous-entendre que, durant l’Holocauste, les Juifs européens avaient préféré choisir de subir « meurtres et massacres » plutôt que d’émigrer vers la Palestine, dirigée par les Britanniques. Il a également prétendu que David Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, avait fait venir des Juifs du Yémen et d’Irak en Israël contre leur gré.

Le dirigeant palestinien a également affirmé que l’Etat d’Israël avait été formé tel « un projet colonial qui n’a rien à voir avec le judaïsme » afin d’y sauvegarder les intérêts européens.

Netanyahu a tenu son discours quelques heures après avoir rencontré Narendra Modi, Premier ministre indien, lors de son premier voyage officiel à New Delhi. Lors d’une conférence de presse commune tenue après leur entretien, les deux hommes ont affirmé avoir brièvement abordé la question palestinienne et qu’ils souhaitaient tous deux « une reprise rapide des pourparlers de paix ».

La rencontre a eu lieu alors que Netanyahu avait la veille exprimé sa « déception » envers l’Inde pour avoir voté en faveur d’une résolution condamnant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Trump. Netanyahu n’a pas dit si la question avait été soulevée lors de sa rencontre de lundi mais a exprimé une certaine compréhension de la position de l’Inde et a indiqué que cela n’avait pas affecté sa relation avec Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Premier ministre indien Narendra Modi lors d’une conférence de presse commune à la résidence présidentielle à New Delhi, en Inde, le 15 janvier 2018 (Avi Ohayon / GPO)

« N’oublions pas qu’ils ont une ‘petite’ population musulmane – quelques centaines de millions », a-t-il affirmé. « Il est clair qu’il y a eu une amélioration dans les relations [entre Israël et l’Inde]. »

Abbas a réagi avec rage suite à la décision américaine, rompant les contacts diplomatiques avec Washington. Ce dimanche, le chef palestinien a réagi de manière caustique à un plan de paix proposé par Trump, qui voulait que les Palestiniens acceptent Abou Dis, dans la banlieue de Jérusalem, comme la capitale de leur futur Etat. Abbas a défini la proposition comme étant « la gifle du siècle ».

« Nous avions dit à Trump que nous n’accepterions pas son projet. Son ‘affaire du siècle’ est devenue la ‘gifle du siècle’ », a déclaré Abbas. « Mais nous allons lui rendre sa gifle. »

« Nous ne recevons d’instructions de personne et nous dirons ‘non’ à quiconque quand il s’agit de notre destinée, de notre cause, de notre pays et de notre peuple… 1 000 fois non », a-t-il déclaré en introduction d’un congrès de l’OLP à Ramallah.

Ce lundi, Netanyahu a affirmé que la déclaration d’Abbas, à la fois de par son contenu et par la manière dont elle a été exprimée, « aiderait » Israël à expliquer sa position à une communauté internationale sceptique.

« Sans changement dans la position qu’Abbas a exprimée, il n’y aura pas de paix », a déclaré Netanyahu. « Aujourd’hui, quand j’en parlerai aux dirigeants internationaux, ce sera plus clair pour eux. »

D’autres responsables israéliens ont également vivement critiqué Abbas. Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a ainsi déclaré lundi qu’il avait « perdu la raison ».

Netanyahu a accusé Abbas d’avoir « peur des initiatives de paix américaines » et de vouloir exclure les Etats-Unis du processus de paix et de trouver un autre médiateur – une idée rejetée par le dirigeant israélien.

« Il n’y a personne d’autre », a-t-il affirmé.

« Pendant trop longtemps, l’AP s’est fait dorloter par la communauté internationale – des pays qui ne prenaient pas la peine de lui dire ses quatre vérités », a déclaré Netanyahu. « C’est la première fois que quelqu’un le fait. »

« Dernière chance face à l’accord nucléaire »

Un responsable du ministère indien des Affaires étrangères a déclaré que Netanyahu et Modi avaient discuté de la réforme de l’ONU, mais pas de l’accord nucléaire iranien – qui s’est avéré être un point de désaccord car New Delhi est un grand consommateur du pétrole iranien.

Netanyahu a déclaré aux journalistes israéliens qu’il avait récemment discuté de l’accord nucléaire avec les autres dirigeants internationaux, leur expliquant de « prendre au sérieux Trump » concernant un retrait de l’accord de 2015, qui freine l’enrichissement iranien en échange d’une levée des sanctions.

Vendredi, Trump a annoncé qu’il prolongerait la levée des sanctions mais a averti qu’il s’agirait de la dernière fois si l’accord n’était pas retravaillé.

Netanyahu a déclaré aux dirigeants européens qu’il s’agissait là de leur « dernière chance de régler cette affaire ».

« Je pense que les gens commencent à comprendre, peut-être un peu en retard », a-t-il affirmé.

« Travailler » sur la relance des ventes de missiles

Lundi était le deuxième jour de visite de Netanyahu en Inde. Le dirigeant israélien se trouvait à la tête d’une délégation de chefs d’entreprise destinée à renforcer les liens économiques entre les deux pays. La journée a commencé par une cérémonie au palais présidentiel et par la pose d’une gerbe sur un mémorial pour Ghandi.

Lundi soir, Netanyahu et Modi ont assisté à un sommet économique réunissant des industriels des deux pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie de bienvenue à la résidence présidentielle à New Delhi, en Inde, le 15 janvier 2018 (Avi Ohayon / GPO)

La visite se trouvait assombrie par une récente annonce : New Delhi a en effet annulé il y a quelques semaines un accord de 500 millions de dollars avec le fabricant d’armes israélien Rafael concernant des missiles anti-chars Spike.

Netanyahu a simplement expliqué qu’Israël « y travaillait » quand on lui a demandé si l’accord avait une chance d’être relancé. Un autre haut responsable israélien a également déclaré qu’une relance de cette vente n’était pas garantie.

Cependant, lors d’une conférence de presse commune tenue après leur entretien, précédée par la signature de neuf protocoles d’accord et de lettres d’intention dans les domaines de la technologie, de l’agriculture et autres, Netanyahu et Modi ont parlé des relations croissantes entre les deux pays.

« Nos discussions d’aujourd’hui ont été marquées par une convergence afin d’accélérer notre engagement et d’intensifier notre partenariat », a déclaré Modi, annonçant l’ouverture d’un centre culturel indien en Israël et souhaitant la bienvenue à son homologue dans un mauvais hébreu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre), son épouse Sara et le Premier ministre indien Narendra Modi lors d’une cérémonie de bienvenue à la résidence présidentielle à New Delhi, en Inde, le 15 janvier 2018 (Avi Ohayon / GPO)

Israël et l’Inde sont d’importants partenaires commerciaux, bien que la plupart des milliards de dollars échangés annuellement concernent les industries de la défense et des diamants. Les deux pays ont néanmoins affirmé leur souhait de diversifier leurs échanges.

Netanyahu a salué Modi comme étant celui qui a « révolutionné les relations entre Israël et l’Inde », qui ont commencé il y a 25 ans, même si le Premier ministre israélien a déclaré que les deux pays avaient commencé à se rapprocher seulement récemment.

« Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle ère dans nos relations », a-t-il déclaré. « Nous avons eu des relations diplomatiques pendant 25 ans, mais quelque chose de différent se passe désormais grâce à votre leadership et à notre partenariat. »

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