Netanyahu annule une campagne dans le sud après une menace terroriste de Gaza
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Netanyahu annule une campagne dans le sud après une menace terroriste de Gaza

Les proches du Premier ministre invoquent des "discussions politiques", après une vidéo du Jihad islamique de tirs de roquettes lors d'événements organisés par Netanyahu en 2019

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors de la conférence annuelle du groupe Besheva à Jérusalem, le 14 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors de la conférence annuelle du groupe Besheva à Jérusalem, le 14 mars 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annulé sa participation à la campagne électorale lors d’un événement prévu dans le sud d’Israël lundi, peu après qu’un groupe terroriste de la bande de Gaza a diffusé une vidéo menaçante visant le Premier ministre.

Cet épisode a rappelé deux cas similaires en 2019, lorsque Netanyahu a été contraint de s’abriter lors d’événements de campagne dans le sud en raison de tirs de roquettes, générant des images humiliantes pour Netanyahu et des munitions pour ses adversaires politiques.

Netanyahu a annulé à la dernière minute sa participation à l’événement de lundi soir dans un centre culturel d’Ashkelon, laissant ses partisans l’attendre pendant plus de deux heures. Finalement, il s’est adressé au public par vidéo et s’est excusé de ne pas être venu.

Netanyahu a déclaré qu’il ne s’était pas rendu à l’événement pour des raisons qu’il n’a pas pu détailler, tandis que ses proches ont déclaré que la cause en était des « discussions politiques », selon la Douzième chaîne.

Peu de temps avant l’événement, le groupe terroriste basé à Gaza, le Jihad islamique palestinien, a publié une vidéo montrant ses membres se préparant à tirer des roquettes sur Israël. À la fin de la vidéo, on voyait Netanyahu quitter un événement à la suite des tirs de roquettes de 2019. Au-dessus de l’image se trouvait le texte, en hébreu, « Vous avez oublié ».

Le Jihad islamique est plus petit que le groupe terroriste Hamas, qui domine la bande de Gaza, mais il bénéficie du soutien direct de l’Iran, dispose d’un arsenal considérable et s’est montré, par le passé, (bien) plus disposé que le Hamas à déclencher un conflit avec Israël.

En septembre 2019, des terroristes de Gaza ont tiré des roquettes près d’un événement de campagne de Netanyahu à Ashdod, obligeant le Premier ministre à quitter brièvement la scène et à se mettre à l’abri.

Pour de nombreux rivaux, les scènes de Netanyahu emmené par ses gardes du corps constituaient un contrepoint à l’image qu’il tentait de cultiver dans sa campagne en tant que M. Sécurité, soulignant ce que les critiques considéraient comme l’échec de son gouvernement à faire face aux attaques des groupes terroristes de Gaza.

Les dirigeants des partis politiques de droite et de gauche, dont Yair Lapid, Benny Gantz, Naftali Bennett et Avigdor Liberman, ont critiqué Netanyahu pour cet épisode.

Des mois plus tard, en décembre 2019, des terroristes palestiniens ont tiré une roquette en direction d’Ashkelon alors que Netanyahu faisait campagne dans la ville, ce qui l’a poussé à quitter précipitamment les lieux et à se mettre à l’abri.

Aucun des deux incidents n’a fait de blessés.

À l’époque, Netanyahu tentait de trouver le moyen de dissuader les groupes gazaouis d’attaquer Israël tout en veillant à ne pas pousser la bande de Gaza dans une nouvelle guerre. Ses détracteurs l’ont critiqué pour avoir conclu une série d’accords de cessez-le-feu tacites avec le Hamas.

À l’époque, des manifestations de masse étaient régulièrement organisées à la frontière de Gaza et tournaient souvent à la violence.

La frontière entre Israël et Gaza a été relativement calme au cours de l’année écoulée, Israël et le Hamas luttant contre la COVID-19.

La semaine dernière, le Hamas a imputé à Israël la responsabilité d’une explosion qui a tué trois pêcheurs au large de la côte de Gaza, ce qui a incité plusieurs factions armées de Gaza, dont le Jihad islamique, à se venger.

Des terroristes du Jihad islamique palestinien lors des funérailles symboliques de Ramadan Shalah, ex-leader du mouvement, à Gaza city, après sa mort au Liban, le 7 juin 2020 (Crédit : Ail Ahmed/Flash90)

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas, Iyad al-Bozm, a déclaré que les trois pêcheurs avaient été tués par une explosion provoquée par un drone israélien abattu qui s’était pris dans leur filet.

Israël a nié toute implication dans cet incident.

Les observateurs avaient soupçonné qu’un mortier ou une roquette lancée par le Hamas avait involontairement frappé le bateau des pêcheurs, les tuant sur le coup. Le Hamas tire régulièrement des roquettes expérimentales vers la mer, à la fois pour tester ses capacités militaires et pour faire une démonstration de force.

Israël organisera des élections, les quatrièmes en moins de deux ans, le 23 mars.

Netanyahu doit faire face à des opposants de droite et de gauche, alors que les sondages prévoient une impasse politique à l’issue du vote.

Ces nouvelles élections ont été convoquées après que le gouvernement de partage du pouvoir entre le Likud de Netanyahu et Kakhol lavan ne soit pas parvenu à s’entendre sur un budget avant la date limite du 23 décembre.

L’élection, comme les trois précédentes, est largement considérée comme un référendum sur le pouvoir de Netanyahu, alors que son procès pour corruption est en cours, ainsi que sur la gestion par son gouvernement de la pandémie de COVID-19.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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