Netanyahu assiste à une commission sur la violence dans la société arabe
Rechercher

Netanyahu assiste à une commission sur la violence dans la société arabe

Le Premier ministre a mis en avant des "grand progrès" dans la réduction des écarts entre les communautés juive et arabe en Israël et dit avoir investi en ce sens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors de la conférence du 37e Congrès sioniste mondial au Centre de conventions internationales de Jérusalem, le 20 octobre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors de la conférence du 37e Congrès sioniste mondial au Centre de conventions internationales de Jérusalem, le 20 octobre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lors d’une (rare) visitE, Benjamin Netanyahu a déclaré lundi à la commission de la Knesset sur la lutte contre la violence dans la société arabe qu’il se considère comme « le Premier ministre de tous les citoyens d’Israël ».

Le chef du gouvernement a mis en avant ce qu’il qualifie de « grand progrès » dans la réduction des écarts entre les communautés juives et arabes en Israël, assurant avoir investi beaucoup plus de fonds à cette fin que les gouvernements précédents.

La dernière fois que Netanyahu a participé à une discussion de la Knesset sur la lutte contre la violence dans les communautés arabes remonte à 2012.

Au cours des huit dernières années, le nombre d’homicides parmi les Arabes israéliens est monté en flèche. Ces derniers constituent 20 % de la population, mais représentaient 67 % des homicides du pays en 2019, selon le quotidien Haaretz.

« Plaçons les bonnes intentions sur une échelle de temps qui permettra leur mise en œuvre… et réalisons tout le potentiel de ce plan », a appelé le président de la commission, le député Mansour Abbas (Liste arabe unie), en remerciant le Premier ministre pour sa présence.

Mansour Abbas, du parti Ra’am, tient une conférence de presse après une rencontre avec le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

Lors de cette même réunion, le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana a qualifié le crime organisé de « tragédie de la société arabe » et s’est engagé à améliorer les services de police.

« La société arabe, quelle est sa place et sa responsabilité par rapport à ce domaine, c’est une question de culture au sein de la société arabe », a déclaré le chef de la police par intérim Motti Cohen pour expliquer les raisons des niveaux élevés de criminalité dans les villes arabes.

Les élus de la Liste arabe unie ont réagi avec colère à cette remarque.

« Ce n’est pas une question de culture, c’est une question de couverture de certaines organisations… nous parlons de crime organisé, d’armes illégales, de manque d’emploi », déclare le député Iman Yassin-Khatib.

Ce n’est pas la première fois que le débat sur l’origine des taux élevés de violence dans la société arabe est expliqué en ces termes. L’ancien ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan avait attribué la vague de violence dans les communautés arabes israéliennes à la culture. « C’est une société très, très – et encore mille fois – très violente », avait déclaré Erdan à la radio de Jérusalem en octobre 2019. « C’est lié à la culture là-bas ».

Les dirigeants arabes affirment que la police ignore largement la violence, qui comprend querelles familiales, guerres de territoire de la mafia, violence domestique et crimes dits d’honneur.

A LIRE : Quand les Arabes d’Israël réclament leur propre accord de « normalisation »

Ces dernières années ont vu une augmentation des meurtres et des crimes commis par armes à feu dans la communauté arabe israélienne.

Un certain nombre de manifestations et de grands rassemblements ont été organisés pour protester contre ce que les Israéliens arabes considèrent comme un échec à traiter de manière adéquate la vague de violence criminelle au sein de la communauté.

Seuls 30 % des meurtres présumés dans la communauté arabe israélienne en 2019 – 27 sur 88 – ont été résolus, rapporte le quotidien Haaretz.

Trente-six pour cent des Arabes israéliens éprouvent un sentiment d’insécurité personnelle dans la communauté où ils vivent en raison de la violence, contre 12,8 % chez les Juifs israéliens, selon un rapport de 2019 du Fonds Abraham.

Baladna, une organisation à but non lucratif, a indiqué que les jeunes Israéliens arabes sont les plus susceptibles d’être tués au sein de la communauté – plus de la moitié des personnes assassinées sont âgées de 18 à 34 ans.

Après une série de meurtres en juin dernier, la police avait émis ce communiqué : « La campagne contre la violence dans la communauté ne dépend pas seulement de la police, et seul un changement profond qui vienne de l’intérieur de la communauté arabe israélienne dans l’éducation, la culture et en coopération avec la police, ainsi que la dénonciation de standards non avenus et des mesures proactives de la part des dirigeants conduiront au changement souhaité ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...