Netanyahu compare ses efforts de paix à ceux de Rabin
Rechercher

Netanyahu compare ses efforts de paix à ceux de Rabin

Le Premier ministre dément avoir participé à la campagne de haine ayant précédé le meurtre de Rabin, un "assassinat politique choquant"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant le service commémorant les 20 ans de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin,  le 26 octobre 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant le service commémorant les 20 ans de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, le 26 octobre 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rendu hommage dimanche à l’héritage du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin. Il a également comparé l’accord de paix historique signé par Rabin avec les Palestiniens aux efforts de son propre gouvernement pour la reprise des négociations de paix.

Pendant la cérémonie publique de commémoration marquant le 21e anniversaire, dans le calendrier hébraïque, de l’assassinat de Rabin, Netanyahu a notablement évité la controversé partisane et politique qui entoure le meurtre de 1995, dont les accusations selon lesquelles ses propres propos ont mené au meurtre. Il a préféré concentrer l’essentiel de son discours sur la poursuite « farouche » de la paix de l’ancien Premier ministre, et sur la menace mondiale de l’extrémisme islamique.

« Rabin a lutté pour la paix, mais il a également reconnu l’absence de volonté de nombreux Palestiniens pour faire la paix », a déclaré Netanyahu, ajoutant que le Premier ministre défunt « n’a jamais, même un instant, cessé de voir les dangers que nous affrontons. »

« Il a rapidement compris que la sécurité était la pierre angulaire de notre existence, et parlait souvent de la menace de l’islam radical affrontée par Israël et le reste du monde libre, a déclaré Netanyahu. Aujourd’hui, nous affrontons toujours cette même menace, mais elle est encore plus grande que du temps de Rabin. »

Bill Clinton regarde Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrer la main lors de la signature historique des accords d'Oslo, le 13 septembre 1993. Tout à droite, l'actuel dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. (Crédit : GPO)
Bill Clinton regarde Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrer la main lors de la signature historique des accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. Tout à droite, l’actuel dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. (Crédit : GPO)

Malgré ces menaces régionales, Netanyahu a déclaré que Rabin avait « farouchement » continué à tendre la main pour la paix.

« J’ai aussi tendu ma main pour la paix, mais à chaque fois, les Palestiniens ont refusé de lancer des négociations de paix ou de reconnaître un état juif quelles que soient ses frontières », a-t-il déclaré.

Pendant son discours, la fille de Rabin, Dalia Rabin, levait les yeux vers le ciel.

Les Accords d’Oslo de 1995, signés par le gouvernement de Rabin et vus comme un important tremplin vers un éventuel accord de paix, ont créé l’Autorité palestinienne, donnant pour la première fois une autonomie aux Palestiniens, et ont ouvert la voie à un possible état.

File photo of Yigal Amir appearing in court in 2004 (photo credit: Yoram Rubin/Flash90)
Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin, comparait devant le tribunal, en 2004. (Crédit : Yoram Rubin/Flash90)

L’accord historique a été perçu comme dangereux par la droite israélienne, notamment par Netanyahu, et Rabin l’a finalement payé de sa vie quand un extrémiste de droite, Yigal Amir, l’a abattu pendant un rassemblement pour la paix à Tel Aviv, le 4 novembre 1995.

Pendant les sept dernières années de Netanyahu au poste de Premier ministre, au moins deux tentatives de négociations de paix ont échoué avant un accord, bien que le dirigeant israélien affirme être ouvert et prêt à commencer des négociations sans conditions préliminaires.

Cependant, beaucoup de ses détracteurs perçoivent son gouvernement dominé par la droite comme un obstacle aux négociations de paix, et voient Netanyahu non seulement comme le contraire de Rabin, mais aussi comme en partie responsable de son assassinat.

Après le meurtre de Rabin, certains avaient fustigé Netanyahu et d’autres dirigeants de droite pour leur contribution au climat politique incendiaire qui a mené à son assassinat.

Dans les semaines précédent le crime, Netanyahu et d’autres membres importants du Likud avaient assisté à une manifestation politique de droite à Jérusalem, où les manifestants traitaient Rabin de « meurtrier », de « traître », et de « nazi » pour avoir signé un accord de paix avec les Palestiniens.

Benjamin Netanyahu, alors chef du Likud, observe un rassemblement de droite contre les Accords d'Oslo, place de Sion, à Jérusalem, en 1995. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Benjamin Netanyahu, alors chef du Likud, observe un rassemblement de droite contre les Accords d’Oslo, place de Sion, à Jérusalem, en 1995. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les détracteurs affirment que Netanyahu, que l’on peut voir photographié sur un balcon surplombant la place de Sion pendant que les manifestants portent un cercueil drapé de noir portant le nom de Rabin, a ignoré les discours incendiaires qui ont incité au meurtre de Rabin.

Samedi, Netanyahu a rejeté ces accusations selon lesquelles il aurait participé à la campagne d’incitation à la violence qui a précédé l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995.

La semaine dernière, un proche de Netanyahu avait provoqué un tollé en affirmant que l’assassinat de Rabin n’était « pas politique », tandis qu’un grand rassemblement annuel pour la paix avait lieu à Tel Aviv à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre israélien.

Samedi, dans un message mis en ligne sur sa page Facebook, Netanyahu qualifie d' »assassinat politique choquant » le meurtre de l’ancien Premier ministre.

« Depuis cet assassinat il y a eu des tentatives continues de travestir la vérité historique et de m’accuser d’être l’auteur de la campagne d’incitation à la violence qui a précédé le meurtre », poursuit-il.

Pendant la cérémonie, Netanyahu a déclaré que l’héritage de Rabin ne devait pas se concentrer uniquement sur son assassinat, mais également sur toute une vie de réussites.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le président Reuven Rivlin, au centre, et le président de la Knesset Yuli Edelstein pendant les commémorations du 21e anniversaire de l'assassinat du Premier ministre Yitzhal Rabin, au cimetière national du mont Herzl de Jérusalem, le 13 novembre 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, avec le président Reuven Rivlin, au centre, et le président de la Knesset Yuli Edelstein pendant les commémorations du 21e anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Yitzhal Rabin, au cimetière national du mont Herzl de Jérusalem, le 13 novembre 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

Il a dit que « les blessures de la nation, due au meurtre d’un Premier ministre en Israël, le meurtre de Yitzhal Rabin, ne disparaitront jamais. »

Netanyahu a cependant rejeté les préoccupations que l’assassinat de Rabin et son héritage présentent une menace pour la démocratie israélienne. « La démocratie israélienne est très, très forte. »

« Je suis inquiet que l’histoire de la vie de Yitzhak soit toujours à l’ombre de ses derniers moments tragiques », a déclaré le Premier ministre.

« Mais ce n’est pas toute l’histoire. Chaque petit garçon et chaque petite fille, même ceux qui sont nés après l’assassinat, doit connaître toute l’histoire, tout ce qu’il a fait », a déclaré Netanyahu, soulignant qu’il était chef d’Etat-major pendant la guerre des Six jours et a été deux fois Premier ministre.

L’évènement, auquel ont assisté Netanyahu, le président Reuven Rivlin et le président de la Knesset Yuli Edelstein, suivait une cérémonie familiale privée organisée il y a deux semaines au mont Herzl.

Rivlin a déclaré que nous devons apprendre la nécessité de l’unité d’un peuple de ce drame. « Comment apprendrons-nous à aimer l’autre », a-t-il déclaré.

Pendant une autre cérémonie de commémoration à la Knesset, Netanyahu a parlé du rôle de Rabin dans la formation de relations fortes avec les Etats-Unis, qui continueront quand Donald Trump sera président, a dit le Premier ministre.

« Je remercie le président Obama et regarde vers le futur, a-t-il déclaré. Donald Trump est un véritable ami d’Israël. J’attends avec impatience d’aller à Washington et de travailler avec lui pour renforcer nos deux pays. »

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...