Netanyahu, en faveur du « renforcement de cette étroite alliance entre Israël et les Etats-Unis »
Rechercher

Netanyahu, en faveur du « renforcement de cette étroite alliance entre Israël et les Etats-Unis »

Le Premier ministre doit rencontrer Donald Trump avec qui il discutera des implantations, de la solution à 2 états, de l'Iran et du Hezbollah

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara partent pour les Etats-Unis, depuis l'aéroport international Ben Gurion, le 13 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara partent pour les Etats-Unis, depuis l'aéroport international Ben Gurion, le 13 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a quitté Israël lundi pour rencontrer Donald Trump et confronter les promesses très pro-israéliennes de l’ancien candidat aux réalités des politiques en cours d’élaboration à la Maison Blanche.

Yuval Steinitz, le ministre des Infrastructures et de l’Energie, a été nommé Premier ministre par intérim en l’absence du Premier ministre.

Steinitz sera chargé de réunir le cabinet si nécessaire. Le ministre des Transports Yisrael Katz a cependant été nommé pour convoquer le cabinet de sécurité, si le besoin s’en faisait sentir, car Steinitz n’en est pas membre.

Katz avait remplacé Netanyahu pendant la visite du Premier ministre au Royaume-Uni la semaine dernière.

Voici les propos du Premier ministre prononcés sur le tarmac à Ben Gurion juste avant de décoller :

En hébreu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que « notre alliance a toujours été forte, et elle va être encore plus forte. »

« Le président Trump et moi avons le même point de vue sur les menaces, mais aussi les opportunités, de la région. »

« Nous parlerons des deux, et aussi du renforcement de cette étroite alliance entre Israël et les Etats-Unis dans de nombreux domaines. »

« Nous avons eu beaucoup de discussions avant cette visite, avec les dirigeants de l’establishment sécuritaire, le Conseil national de sécurité, le ministère des Affaires étrangères, et bien sûr hier [dimanche] avec le cabinet. Une discussion minutieuse, profonde, sérieuse. »

Départ pour les Etats-Unis en vue d'un sommet politique important avec le président américain Donald J. Trump 🇮🇱🇺🇸

Posted by Benjamin Netanyahou on Monday, 13 February 2017

« A la fin de la discussions [au cabinet] j’ai dit quelque chose que je veux partager avec vous. Je paraphrase. J’ai dit que je dirigerai et que je prévoirai la course. C’est exactement ce que je compte faire. Mener et prévoir l’alliance historique entre Israël et les Etats-Unis pour l’intérêt national d’Israël et, bien sûr, pour tous les citoyens israéliens. »

Le Premier ministre a ajouté en anglais que « je vais à Washington pour tenir une réunion très importante avec le président [américain Donald] Trump. Je rencontrerai aussi le vice-président [Mike] Pence, le secrétaire d’Etat [Rex] Tillerson, et les dirigeants républicains et démocrates sur la colline du Capitole [où siège le Congrès]. »

« L’alliance entre Israël et les Etats-Unis a toujours été extrêmement forte, et est sur le point d’être encore plus forte. »

« Le président Trump et moi avons la même vision des dangers émanant de la région, mais aussi de ses opportunités, et nous parlerons des deux, ainsi que de l’amélioration des relations entre Israël et les Etats-Unis dans de très nombreux domaines. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Emil Salman/Pool)

M. Netanyahu et son gouvernement, considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, ont vu dans l’avènement de M. Trump le début d’une nouvelle époque après huit années de tensions avec l’administration Obama, au sujet des implantations ou de l’Iran.

Depuis son entrée en fonctions, M. Trump a cependant nettement nuancé des déclarations de sa campagne, dans lesquelles la droite de la droite israélienne et certains ministres du gouvernement ont trouvé un encouragement pour réclamer une colonisation débridée et l’annexion de la Cisjordanie.

Soumis à la surenchère de sa droite et confronté à des enquêtes de police pour des faits présumés de corruption, M. Netanyahu a annoncé depuis le 20 janvier plus de 5 000 logements en Cisjordanie et la première nouvelle implantation impulsée par le gouvernement depuis plus de 20 ans.

Après avoir gardé le silence pendant deux semaines, la Maison Blanche a fini par fixer des limites. Vendredi, dans un journal israélien, M. Trump lui-même a dit ne pas croire que l’expansion des implantations « soit bonne pour la paix ». Dans le même entretien, M. Trump dit vouloir un accord « bon pour toutes les parties ».

Mais Israéliens et Palestiniens doivent selon lui se montrer « raisonnables ».

Le message délivré à l’attention d’Israël et des jusqu’au-boutistes de droite est : M. Trump n’a pas décerné de blanc-seing au grand allié israélien des Etats-Unis et entend réserver ses options pour présider à un accord, disent les experts.

« Depuis trois semaines, Donald Trump s’exprime différemment, il faut agir avec prudence », suggère le député Michael Oren, vice-ministre chargé de la diplomatie au bureau du Premier ministre.

Ces propos visent le ministre de l’Education Naftali Bennett. Samedi, il a ouvertement pressé le Premier ministre de profiter d’une « occasion historique » pour informer Trump qu’il ne soutenait plus la création d’un Etat palestinien qui coexisterait avec Israël, solution dite à deux Etats qui est la référence de la communauté internationale.

Iran et Hezbollah au menu

M. Netanyahu lui a répondu dimanche en conseil des ministres qu’il comptait dire à M. Trump son soutien à une solution à deux Etats, tout en dénonçant la mauvaise volonté palestinienne, a rapporté la presse israélienne.

« Benjamin Netanyahu doit arriver en présentant la solution de deux Etats comme une vision et esquisser, en attendant, de possibles accords intérimaires acceptables par les Palestiniens », ajoute Michael Oren.

Michael Oren, député Koulanou, pendant une commission à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Michael Oren, député Koulanou, pendant une commission à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Pour ce qui est du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, Marc Heller, politologue de l’Institut pour les études sur la sécurité Nationale (INSS), ainsi que la plupart des commentateurs estiment que ce sujet est « marginal, dans la mesure où une telle promesse a peu de chance d’être tenue ».

M. Netanyahu compte en revanche mettre l’accent sur l’Iran, qu’il considère comme l’ennemi numéro un d’Israël. Il fut l’un des plus farouches détracteurs de l’accord conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié « d’erreur historique ».

Sur la même longueur d’onde, M. Trump avait, pendant sa campagne électorale, proclamé que cet accord était « le plus stupide » qu’il ait connu.

« Mais le nucléaire est loin d’être le seul motif d’inquiétude à propos de l’Iran: M. Netanyahu compte expliquer au président américain que les Etats-Unis devraient agir pour empêcher une présence militaire permanente de l’Iran en Syrie à proximité de la frontière israélienne qui constituerait une menace stratégique », souligne le responsable.

Le ministre des Transports Yisraël Katz a également estimé que l’Iran est « le sujet central » car « en s’établissant durablement en Syrie avec le soutien du Hezbollah, l’Iran veut constituer un axe territorial reliant son territoire au Liban en passant par l’Irak et la Syrie, ce qui ne pourrait que mettre en danger la sécurité d’Israël ».

« Assurer avant tout la sécurité politique d’Israël constituera l’élément essentiel » de sa rencontre avec Trump, a dit M. Netanyahu dimanche.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...