Erdan : aucun ministre, pas même Netanyahu, ne souhaite un état palestinien bientôt
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Erdan : aucun ministre, pas même Netanyahu, ne souhaite un état palestinien bientôt

Avant la première rencontre entre Trump et le Premier ministre, le n°2 du Likud met en garde contre une position “dictée” au président américain

Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool/Flash90)

Tous les ministres du gouvernement israélien, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’opposent à la mise en place d’un état palestinien dans un futur proche, a souligné lundi le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan.

« Je pense que tous les membres du cabinet s’opposent à un état palestinien, et le Premier ministre est le premier d’entre eux, certains [ministres] pour des raisons qui peuvent être idéologiques, bibliques, et certains pour des considérations sécuritaires », a déclaré Erdan à la radio militaire.

Quelques secondes après, il a ajouté que « personne ne pense que, dans les prochaines années, un état palestinien soit quelque chose qui pourrait et devrait arriver, Dieu nous en préserve. »

Pendant la réunion du cabinet de sécurité dimanche, Naftali Bennett, ministre de l’Education et président du parti pro-implantation HaBayit HaYehudi, a demandé que Netanyahu utilise sa rencontre de vendredi avec le président américain Donald Trump pour annoncer qu’Israël ne chercherait plus une solution à deux états.

Les ministres du Likud ont fustigé Bennett, qui a fait publiquement pression sur Netanyahu avant la visite.

Naftali Bennett, ministre de l'Education, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 22 janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)
Naftali Bennett, ministre de l’Education, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 22 janvier 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

Erdan a déclaré qu’il pense « sans aucun doute » qu’un état palestinien dans un futur proche « est une mauvaise idée qui doit être mise de côté, avec le Hamas au sud, et [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] qui est faible et ne lutte pas contre l’incitation [à la haine et à la violence]. »

Néanmoins, a-t-il ajouté, « je ne pense pas que vous puissiez dicter sa position à un président américain. »

Erdan, deuxième homme du Likud après Netanyahu, a appelé les ministres à « se rappeler que le Premier ministre est le plus expérimenté et le plus doué [d’entre nous] quand il s’agit de mener les sujets diplomatiques. »

Il a déclaré que la discussion de quatre heures du cabinet de sécurité dimanche était « longue, profonde et très calme, malgré ce qui a été annoncé. » C’est cependant Netanyahu qui, au final, devra considérer « ce qui est la bonne manière de présenter les intérêts d’Israël devant le président Trump. »

« Soyons un peu humbles ici. [Trump] n’a pas été élu pour Israël. Il a été élu pour les citoyens des Etats-Unis. Nous sommes l’allié américain le plus fort au monde, c’est comme ça que nous nous voyons, et, comme je l’ai dit, vous n’avez pas une seconde chance de faire une première impression. »

« La chose la plus importante, de l’avis de la plupart des ministres qui ont parlé hier au cabinet, est [que Netanyahu mette en place] une chimie personnelle et une confiance. Il y aura d’autres réunions. Ce n’est pas la dernière », a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Les Israéliens ne connaissent pas l’opinion exacte de Trump sur le conflit israélo-palestinien, a déclaré Erdan. Mais ils devraient être réconfortés par la simple existence de cette rencontre.

« Notez que [Trump] rencontre le Premier ministre dès le début de son mandat. Avec [l’ancien président Barack] Obama, la rencontre avait été repoussée jusqu’en mai. Ici, le Premier ministre est invité avant même que les équipes s’occupant du Moyen Orient n’aient été nommées. Ceci exprime certainement l’amitié et la proximité », a déclaré Erdan.

Netanyahu doit partir lundi pour Washington.

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