Netanyahu évoque avec Macron l’Iran, S. Halimi, l’attentat de la rue des Rosiers
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Netanyahu évoque avec Macron l’Iran, S. Halimi, l’attentat de la rue des Rosiers

Le Premier ministre a exhorté le président français à renforcer les sanctions contre l'Iran ; la réunion a également porté sur l'Irak, la Syrie, le Liban, la Turquie et la Libye

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) reçoit le président français Emmanuel Macron, à Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Crédit : Koby Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) reçoit le président français Emmanuel Macron, à Jérusalem, le 22 janvier 2020. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné mercredi matin le coup d’envoi d’un marathon de rencontres bilatérales dans le cadre du Forum mondial sur la Shoah de cette semaine pour marquer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz, qui réunit cette semaine à Jérusalem des dizaines de dirigeants du monde entier.

Le premier invité de Netanyahu dans sa résidence officielle de la rue Balfour à Jérusalem fut le président français Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont partagé un petit-déjeuner de travail.

« Je viens de conclure un petit-déjeuner de travail agréable, chaleureux et très productif avec mon ami le président français Emmanuel Macron », a déclaré M. Netanyahu lors d’une déclaration filmée après la réunion.

« La réunion a porté sur de très nombreux sujets différents – Iran, Irak, Syrie, Liban, Turquie, Libye et bien d’autres encore », a-t-il déclaré.

Selon un compte-rendu de la réunion fourni par le bureau du Premier ministre, M. Netanyahu a appelé Macron à augmenter la pression sur l’Iran, y compris l’imposition de sanctions suite aux récents pas en arrière de la République islamique par rapport à l’accord nucléaire de 2015 et à son agression conventionnelle en cours.

Le Premier ministre a également évoqué la situation au Liban, notamment les efforts du Hezbollah pour produire des missiles à guidage de précision. Les deux hommes ont également discuté de la récente implication de la Turquie en Libye.

En outre, ils ont convenu de la tenue d’un « dialogue stratégique afin de continuer à renforcer la coopération bilatérale et d’atteindre leurs objectifs en matière de questions régionales », a indiqué le compte-rendu.

« C’est un changement très important pour la politique étrangère d’Israël. Cela peut nous aider dans de nombreux domaines différents qui sont très importants pour notre sécurité nationale », a déclaré M. Netanyahu.

Le Premier ministre a également remercié Macron pour sa lutte sans équivoque contre l’antisémitisme. En outre, il a demandé au président français de « traiter la question de l’assassin de Sarah Halimi« , a déclaré M. Netanyahu, ajoutant qu’il avait évoqué la nécessité d’extrader vers la France un meurtrier de l’attentat de la rue des Rosiers, qui est actuellement à Ramallah. Macron a promis de vérifier les deux affaires, selon Netanyahu.

Mme Halimi, 66 ans, a été assassinée en 2017. Kobili Traore est accusée de l’avoir battue à mort en la traitant de démon et en criant Allahou akbar, avant de jeter son corps par la fenêtre de son appartement du troisième étage. Cependant, un tribunal français a décidé le mois dernier qu’il ne serait pas jugé, concluant qu’il ne pouvait être tenu responsable du meurtre car il était dans un état psychotique déclenché par la consommation de cannabis.

Dans un message adressé mercredi au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, qui accueillera l’événement de grande envergure, M. Macron a parlé des « citoyens de France et d’ailleurs (qui) sont visés parce qu’ils sont juifs ».

« Ce retour de la haine hante notre époque actuelle », a-t-il déclaré dans le texte publié par le quotidien israélien Yedioth Aharonoth. « Cette lutte contre l’antisémitisme, je la mène chaque jour en l’abordant dans les discours, dans les comportements, sur Internet ».

Il a invité les plateformes numériques et les autorités publiques, ainsi que la société civile et les individus, à intervenir « pour éliminer les contenus haineux ».

« Ne rien dire, regarder ailleurs, c’est se rendre complice », a-t-il ajouté.

Macron, qui a été accueilli à l’aéroport Ben Gurion mardi soir par le ministre des Affaires étrangères Israel Katz, devait également rencontrer le président Reuven Rivlin et le chef de l’opposition de facto d’Israël, le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz.

Plus tard dans la journée de mercredi, Netanyahu accueillera la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, qui est arrivée en Israël avec une délégation du Congrès composée de sept Démocrates et d’un Républicain.

Mercredi soir, M. Rivlin recevra les hommes d’État en visite pour un somptueux dîner d’État dans sa résidence de Jérusalem. Trois orateurs interviendront lors de cet événement : le président souhaitera la bienvenue à ses invités, le roi d’Espagne Felipe parlera au nom des dirigeants mondiaux et l’éminent historien israélien Yehuda Bauer donnera une conférence de 11 minutes sur l’antisémitisme et la Shoah.

Jeudi matin, Macron assistera à une cérémonie au mémorial des Juifs déportés de France à Roglit et organisera une réception au Centre de conventions internationales de Jérusalem pour les citoyens français vivant en Israël.

Les dirigeants du monde entier se réuniront ensuite au mémorial de la Shoah de Yad Vashem pour le principal événement du Forum mondial sur la Shoah.

Parmi les orateurs figurent Netanyahu, Rivlin, Macron, le vice-président américain Mike Pence, le président russe Vladimir Poutine, le prince Charles de Grande-Bretagne et le président allemand Frank-Walter Steinmeier.

L’ancien grand rabbin d’Israël et survivant de la Shoah Meir Lau, le président de Yad Vashem Avner Shalev et le président de la Fondation du Forum mondial de la Shoah Moshe Kantor prendront également la parole.

L’AFP a contribué à cet article.

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