Netanyahu évoque la modification de la Cour suprême lors des obsèques de Shamgar
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Netanyahu évoque la modification de la Cour suprême lors des obsèques de Shamgar

La présidente de la Cour suprême Ester Hayut, le président Reuven Rivlin, le Procureur général Avichai Mandelblit et le chef de Kakhol lavan Benny Gantz étaient également présents

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du la cérémonie funéraire pour l'ancien président de la Cour suprême Meir Shamgar le 22 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du la cérémonie funéraire pour l'ancien président de la Cour suprême Meir Shamgar le 22 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que la modification du rôle de la Cour suprême faisait partie intégrante de la démocratie et que cela ne constituait pas un problème tant que l’institution conservait son indépendance.

Netanyahu a fait ses remarques lors d’une cérémonie à Jérusalem, alors que des personnalités du gouvernement et des dignitaires de l’Etat rendaient un dernier hommage à l’ancien président de la Cour suprême Meir Shamgar, décédé ce weekend à l’âge de 94 ans.

Le cercueil de Shamgar était exposé à la Cour suprême à Jérusalem, dans un bâtiment dont il a défendu la construction. Parmi les personnalités qui sont venues lui rendre un dernier hommage, on retrouvait notamment la présidente de la Cour suprême Ester Hayut, le président Reuven Rivlin, le Procureur général Avichai Mandelblit et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz.

Netanyahu, qui a cherché à limiter le pouvoir de la Cour suprême à travers la législation, y compris avec une proposition de loi visant à outrepasser ses décisions, a parlé des tensions qui existent entre les différents pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire dans une démocratie.

Le dernier hommage à l’ancien président décédé de la Cour suprême israélienne Meir Shamgar lors de la cérémonie funéraire à la Cour suprême de Jérusalem, le 22 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

« Il y a une tension inhérente entre ces pouvoirs. La tension n’est pas un défaut de la démocratie, c’est l’essence de la démocratie, a déclaré Netanyahu. Tant qu’un principe simple, auquel je suis attentif, est préservé : que la Cour reste une autorité indépendante. »

Le Premier ministre et ses alliés de droite ont soutenu une législation visant à invalider les décisions de supervision de la Knesset par la Cour suprême, même s’ils ont rencontré des difficultés pour faire adopter le texte au parlement. Des critiques ont affirmé que la loi allait modifier l’équilibre des pouvoirs dans la démocratie israélienne et ont accusé Netanyahu de vouloir changer la loi dans le cadre d’une stratégie pour se protéger contre d’éventuelles poursuites dans trois affaires de corruption qui le visent. Les partisans du projet affirment qu’il est nécessaire de mettre un terme à ce qu’ils disent être une entrave de l’action du gouvernement par un tribunal très à gauche, même sur des questions de sécurité d’Etat.

L’un des moments importants de la carrière de Shamgar a été une décision de 1995 qui a ancré le droit de la Cour suprême de revoir des lois de la Knesset et de vérifier si les législations sont conformes à la Loi Fondamentale quasi constitutionnelle : dignité et liberté humaine.

« La contribution unique de Meir à la formation du système juridique n’a pas de prix, a déclaré Netanyahu. Sa croyance ferme et continue dans la liberté d’expression, dans les libertés individuelles et dans la tolérance est reflétée dans tous les jugements qu’il a effectués, mais aussi dans sa reconnaissance de l’importance suprême de la sécurité d’Etat. »

Rivlin et Hayut se sont également exprimés. Rivlin a rappelé comment Shamgar s’est dressé contre le pouvoir excessif du gouvernement et Hayut a déclaré que sa démarche, digne d’un chef d’Etat, était un exemple de comment les fonctionnaires – y compris les politiciens – devraient faire ce qui est juste « même quand cela va à l’encontre de son bien personnel ».

Le président Reuven Rivlin participe au service funéraire de l’ancien président décédé de la Cour suprême israélienne Meir Shamgar, à la Cour suprême de Jérusalem, le 22 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Rivlin a déclaré que Shamgar avait dénoncé « la corruption publique » et « avait renforcé la protection de la tolérance et de la liberté d’expression ».

« Vous étiez engagé et dévoué aux droits de l’homme et à l’Etat de droit. Vous défendiez l’importance des contre-pouvoirs entre les différentes branches [du gouvernement]. Des équilibres dont le but est d’empêcher la création d’un pouvoir gouvernemental excessif. »

La Présidente de la Cour Suprême Esther Hayut s’exprime lors du service funéraire de l’ancien président décédé de la Cour suprême israélienne Meir Shamgar, à la Cour suprême de Jérusalem, le 22 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Dan Shamgar a rendu hommage à son père, déclarant : « Papa a réalisé la vision sioniste qui était si profondément ancrée en lui toute sa vie, par le sens de la mission et d’engagement pour la nation, la terre, la société et les valeurs fondamentales qu’il portait avec lui. »

L’ancien magistrat à la cour suprême Meir Shamgar, le 19 mai 2011. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Shamgar avait rejoint la plus haute instance judiciaire israélienne en 1975 et, huit ans plus tard, il en avait pris sa tête, un poste qu’il devait conserver jusqu’en 1995.

Avant sa nomination à la Cour suprême, Shamgar a été procureur-général de 1968 à 1975 et avant cela, il a occupé le poste d’avocat-général au sein de l’armée israélienne – la plus haute responsabilité juridique de l’armée.

Shamgar est né en 1925 à Danzig, en Pologne – la ville est devenue Gdansk – et s’est installé en Palestine sous mandat britannique en 1939.

Il a servi dans les groupes paramilitaires Palmach et Irgun, ainsi que dans l’armée israélienne pendant la guerre d’Indépendance, en 1948.

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