Netanyahu exhorte Gantz à éviter un nouveau scrutin
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Netanyahu exhorte Gantz à éviter un nouveau scrutin

Le Premier ministre a déclaré que Kakhol lavan agissait comme un "gouvernement au sein d'un gouvernement"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d'une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 2 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exhorté mercredi le ministre de la Défense Benny Gantz à cesser de soutenir une motion visant à dissoudre la Knesset et à déclencher des élections anticipées, tout en refusant de s’engager à honorer sa promesse de remettre le poste de Premier ministre à son partenaire de coalition.

Netanyahu a pris la parole quelques heures après que le texte a franchi le vote préliminaire avec succès à la Knesset, annonçant la probable fin de l’accord de partage du pouvoir conclu avec Gantz il y a six mois. L’approbation préliminaire a ouvert la voie à un possible quatrième scrutin national en moins de deux ans, bien que la motion doive encore être soumise à d’autres votes et passer en commission, alors que les parties impliquées pourraient tenter de conclure un accord avant cet agenda.

Netanyahu a déclaré lors d’une conférence de presse à la Knesset qu’Israël traversait des « jours dramatiques », citant la pandémie de coronavirus et des menaces sécuritaires non spécifiées, mais félicitant les récents accords de normalisation d’Israël avec les Émirats arabes unis et Bahreïn.

« Dans des jours dramatiques comme ceux-ci, nous n’avons pas besoin de nouvelles élections », a-t-il déclaré. « Le peuple d’Israël veut l’unité, pas des élections. Ils veulent des vaccins, pas de nouvelles campagnes [politiques]. »

« Benny Gantz doit appuyer sur le frein d’urgence » et empêcher des élections anticipées, a déclaré Netanyahu.

Le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz (à gauche), tournant le dos au Premier ministre Benjamin Netanyahu alors que la Knesset approuve une lecture préliminaire d’un projet de loi visant à dissoudre le Parlement, le 2 décembre 2020. (Crédit : Danny Shem-Tov / Bureau du porte-parole de la Knesset)

Il a affirmé « qu’il pouvait y avoir une unité » si Kakhol lavan changeait de cap.

« Il ne peut pas y avoir d’unité si Kakhol lavan établit un gouvernement au sein d’un gouvernement, exerce une opposition au sein d’une coalition », a-t-il dit, inventant ironiquement un mot-valise en hébreu – coazitsya – qui combine les mots « coalition » et « opposition ».

« Je sais que c’est possible autrement », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a également affirmé que « Gantz est poussé par [les chefs de l’opposition] Lapid et Bennett » pour soutenir de nouvelles élections.

Ces remarques faisaient étroitement écho à une déclaration qu’il avait faite la veille, quelques instants avant que Gantz n’annonce sa décision de soutenir la dissolution de la Knesset en citant le refus de Netanyahu de voter un budget pour 2020 ou 2021.

Dans ses remarques, Netanyahu n’a pas fait référence au budget – la question pourtant au cœur des désaccords.

Dans le cadre de leur accord de coalition, Gantz et Netanyahu avaient accepté d’établir un budget jusqu’en 2021. Netanyahu a cependant depuis refusé de faire ainsi, s’offrant une passerelle vers l’organisation de nouvelles élections sans avoir à céder le pouvoir à Gantz.

Interrogé par un journaliste sur le budget, Netanyahu a esquivé la question et a de nouveau affirmé que Gantz sapait l’existence de la coalition.

Netanyahu s’est également opposé à l’idée de respecter l’accord de rotation avec Gantz. « J’ai promis l’unité, pas un gouvernement au sein d’un gouvernement », a-t-il répondu.

Peu de temps après le discours de Netanyahu, Gantz a semblé rejeter son appel à éviter des élections anticipées.

« L’attaque terroriste économique que vous perpétrez contre des citoyens israéliens alors qu’une crise économique, médicale et sociale fait rage montre que vous avez failli », a déclaré Gantz, faisant référence à l’impasse budgétaire.

Il a accusé Netanyahu de retenir la question du budget comme levier, alors que le Premier ministre est confronté à la justice pour corruption présumée.

« S’il n’y avait pas de procès, il y aurait un budget. S’il n’y avait pas de procès, il y aurait unité », a-t-il dit.

Le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, annonce que son parti votera pour dissoudre la Knesset, le 1er décembre 2020. (Crédit : Elad Malka / Kakhol lavan)

Yair Lapid et Naftali Bennett ont répondu au discours de Netanyahu en l’accusant de semer la « haine » et de faire passer ses intérêts personnels avant le pays.

Malgré les vifs accrochages publics, la Douzième chaine a rapporté que Kakhol lavan et le Likud de Netanyahu cherchaient un compromis pour éviter de nouvelles élections, sans citer de source.

La Treizième chaine a affirmé sans citer de source que Gantz était prêt à rejoindre un gouvernement temporaire dirigé par Moshe Yaalon, numéro 2 de Yesh Atid-Telem, si Lapid l’acceptait.

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