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Netanyahu : Israël n’a pas besoin de nouvelles élections, mais d’un budget

Au milieu des dissensions avec son partenaire de coalition, le Premier ministre appelle à l'adoption rapide du budget, avant le 25 août pour éviter la dissolution du gouvernement

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse au ministère de la Santé, le 23 juillet 2020. (Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse au ministère de la Santé, le 23 juillet 2020. (Kobi Gideon / GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé à l’adoption rapide d’un budget de l’État dimanche, au milieu de rumeurs de plus en plus persistantes selon lesquelles il aurait l’intention de dissoudre la coalition gouvernementale et d’entraîner Israël dans ses quatrièmes élections législatives depuis le début de 2019.

Au vu des défis de santé publique et de sécurité auxquels Israël est confronté, « il n’y a aucune raison d’aller aux élections », a commenté Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire des factions de son parti, le Likud.

« Israël n’a pas besoin d’élections, il a besoin d’un budget, le plus rapidement possible. Tous les économistes le disent. Si nous adoptons un budget maintenant, nous pourrons commencer l’année scolaire en septembre » et « transférer de plus en plus d’argent » aux propriétaires de petites entreprises, aux travailleurs indépendants et aux chômeurs, a-t-il souligné.

La déclaration du Premier ministre est intervenue quelques heures seulement après que des informations ont fait état de députés qui seraient sur le point de présenter un projet de loi reportant la date limite d’adoption du budget de l’État afin d’empêcher la tenue d’élections anticipées, au milieu de désaccords féroces entre le Likud et le parti Kakhol lavan siégeant dans le gouvernement.

Le gouvernement sera automatiquement dissous si le budget n’est pas adopté avant le 25 août.

Le Premier ministre d’alternance et ministre de la Défense Benny Gantz à la réunion hebdomadaire de cabinet de Jérusalem, le 28 juin 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Bien que l’accord de coalition entre le Likud et Kakhol lavan prévoie un budget de deux ans, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait pression pour un budget qui ne couvrira que le reste de l’année 2020, en invoquant l’incertitude causée par la pandémie.

Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, a cependant insisté pour qu’un budget de deux ans soit adopté, comme le stipule l’accord de coalition, disant qu’il apporterait une plus grande certitude financière à ceux qui sont touchés économiquement par les mesures de confinement du gouvernement.

Mais les commentateurs pensent que d’autres questions sont en jeu, car l’adoption d’un budget d’un an – ou l’échec de son adoption – pourrait permettre à Netanyahu de lancer de nouvelles élections sans avoir à céder le poste de Premier ministre à Gantz l’année prochaine, comme le stipule l’accord de coalition.

Pour tenter de temporiser, une législation est prévue par le parti Derech Eretz, dont les deux membres sont les anciens députés Kakhol lavan Yoaz Hendel et Zvi Hauser, selon le journal Haaretz.

Le projet de loi annoncé retarderait de trois mois l’échéance du 25 août, pour la porter au 25 novembre.

« Quiconque pense qu’il sera possible de faire face au coronavirus et à la grippe cet hiver tout en envoyant Israël aux urnes ne comprend pas ce à quoi nous sommes confrontés », a tweeté Zvi Hauser dimanche.

« La vague à laquelle nous faisons face actuellement est mineure par rapport à ce qui devrait arriver. Seul un gouvernement d’union peut gérer cette tâche ».

Ni Netanyahu ni Gantz n’ont commenté publiquement la proposition de reporter la date limite.

Zvi Hauser; député Kakhol lavan, à la Knesset, le 6 mai 2019, (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

S’exprimant lors de la réunion de la faction de son propre parti Kakhol lavan dimanche, Gantz a appelé Netanyahu à s’en tenir à leur accord de coalition et à adopter un budget qui couvrira la totalité de l’année 2021.

« Les citoyens d’Israël méritent un filet de sécurité pour l’année à venir. Cela nécessite un budget d’État, un budget responsable avec une stabilité à long terme. Personne ne devrait se lever le matin et se demander quel sera son sort ».

Organiser de nouvelles élections serait le signe d’un « manque de responsabilité nationale » et montrerait que le Premier ministre « ignore la volonté du peuple », a-t-il dénoncé.

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