Netanyahu : les propos « modérés » de Zarif démentis par l’agression iranienne
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Netanyahu : les propos « modérés » de Zarif démentis par l’agression iranienne

Après l'interview du chef de la diplomatie iranienne, qui dit qu'une guerre avec Israël n'était pas prévue, le Premier ministre rétorque que l'Iran veut toujours à détruire Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Avigdor Liberman portent un toast, avec le chef d'état-major Gadi Eizenkot et le personnel général à l'occasion du 70e anniversaire de l'indépendance d'Israël. le 22 avril 2018. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Avigdor Liberman portent un toast, avec le chef d'état-major Gadi Eizenkot et le personnel général à l'occasion du 70e anniversaire de l'indépendance d'Israël. le 22 avril 2018. (Crédit : Kobi Gideon / GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été clair dimanche, sur le fait qu’il ne croyait pas aux propos « modérés » tenus par le ministre des Affaires étrangères iranien, et a averti qu’il y avait « un fossé énorme » entre les propos tenus par Mohammad Javad Zarif à la télévision américaine et l’agression militaire des Gardiens de la Révolutions, qui « crée une armée contre Israël ».

« J’ai entendu les propos du ministre des Affaires étrangères iranien, qui accuse Israël de violer le droit international », a déclaré Netanyahu durant une cérémonie à l’occasion de Yom HaAtsmaout, à Tel Aviv, en présence du chef d’état-major de l’armée israélienne. « Il est ministre des Affaires étrangères dans un pays qui déploie des drones armés sur Israël et des missiles en Arabie saoudite. »

« J’ai également entendu ses propos modérés, et il y a un énorme fossé entre les actions des Gardiens de le Révolution, qui créent une armée contre Israël, avec comme objectif assumé de détruire Israël », a ajouté Netanyahu. « Ses paroles ne m’impressionnent pas. »

« Je compte sur cette instance, sur l’armée israélienne, qui est parée à toute éventualité », a souligné Netanyahu.

Dimanche matin, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a déclaré dans une interview accordée à CBS qu’il ne pensait pas qu’Israël et l’Iran se dirigeaient vers une guerre.

« Je ne pense pas que nous nous dirigions vers une guerre régionale, mais je pense que malheureusement, Israël persiste dans ses violations du droit international, espérant le faire en toute impunité, à cause du soutien des États-Unis et il tente de trouver des écrans de fumée derrière lesquels se cacher », a affirmé Zari dans « Face the Nation ».

« Et je ne pense pas que ces écrans de fumée fonctionnent encore », a-t-il ajouté.

Zarif a continué en tenant Israël pour responsable de l’escalade des tensions en Syrie, en violant constamment son territoire, en référence aux frappes attribuées à Israël contre une cible du régime, utilisée par les Gardiens de la Révolution pour lancer des drones chargés d’explosifs sur le territoire israélien au début de l’année.

Il faisait référence aux frappes israélienne sur la base aérienne de Tiyas, en Syrie, le 10 février, après qu’un opérateur iranien qui y travaillait a lancé un drone de fabrication iranienne chargé d’explosifs en territoire israélienne. Une seconde frappe, également attribuée à Israël, connue sous le nom de T-4, le 9 avril, a tué 14 personnes, dont au moins 7 membres des Gardiens de la Révolution, y compris le chef du programme des drones, le colonel Mehdi Dehghan.

L’Iran, la Syrie, la Russie, et certains responsables américains ont tous déclaré explicitement qu’Israël était responsable de la frappe sur Tiyas, que l’armée n’a pas revendiquée.

« S’ils continuent à violer l’intégrité territoriale d’autres pays, il y aura des conséquences. La réponse la plus simple est d’arrêter. D’arrêter ces actes d’agression, de mettre fin aux incursions », a déclaré Zarif dans l’interview de dimanche.

Photo publiée par les médias iraniens montrent la base aérienne T-4 dans le centre de la Syrie après un tir de missiles lundi (médias iraniens)

Zarif a également indiqué que la Syrie, qui a abattu l’avion israélien responsable de la frappe de février sur Tiyas mettait fin « au mythe de l’invincibilité israélienne dans la région ».

Les responsables israéliens sont persuadés que l’Iran a l’intention de venger la frappe de la base T-4, selon la chaine télévisée Hadashot.

Les ministres n’accordent que peu de crédit aux propos tenus par Zarif, notamment parce qu’il s’est exprimé en anglais, à l’intention du public occidental, précise le reportage télévisé.

Israël considère l’Iran, qui a juré de détruire l’État hébreu, comme l’un de ses ennemis principaux dans la région. Les responsables israéliens ont répété à plusieurs reprises qu’Israël ne laissera pas l’Iran s’implanter en Syrie. Cette implantation est une « ligne rouge » qui imposera une action militaire si nécessaire.

Peu avant l’interview de Zarif, les responsables iraniens avaient menacé d’exterminer Israël durant le week-end.

« Quand les pouvoirs arrogants créent un sanctuaire pour que le régime sioniste puisse survivre, nous ne devons pas laisser un jour passer en faveur de la longévité ce régime funeste et illégal », a déclaré le commandant de l’armée iranienne, le général de division Abdolrahim Mousavi, durant une cérémonie à Téhéran, selon l’agence de presse Fars.

« L’armée travaillera de concert avec les Gardiens de la Révolution pour que cet arrogant système s’effondre et que le régime sioniste soit éradiqué, a poursuivi le général Mousavi.

Vendredi, le vice-commandant des Gardiens de la Révolution a averti Israël que ses bases aériennes sont « à [notre] portée », vraisemblablement en réaction à la publication par Israël d’une carte montre cinq bases contrôlées par Téhéran en Syrie.

« Israël, ne faites pas confiance à vos bases aériennes, elles sont à [notre] portée », a écrit Hossein Salami sur Twitter, dans un discours virulent.

Israël, a ajouté Salami, vit « dans la bouche du dragon ». Ses frontières nord et sud « sont atteignables par nos missiles », a-t-il menacé dans un discours à Téhéran.

« Où que vous soyez dans le territoire occupé, vous serez sous le feu, d’est en ouest. Vous êtes devenus arrogant. S’il y a une guerre, le résultat sera votre élimination complète », a-t-il dit. « Vos soldats et vos civils s’enfuiront, et vous ne survivrez pas. Et vous n’avez nulle part où fuir, à part dans la mer. »

Alors que l’Iran a intensifié ses menaces contre Israël, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a mis Téhéran en garde durant le week-end, de ne pas envisager une attaque contre l’État hébreu, qui, dit-il, n’a jamais été mieux préparer à contrer l’Iran.

« Je suggérerais à tous ceux qui se situent à notre frontière nord de réfléchir une fois de plus à ce qu’ils font », a déclaré Liberman durant une visite à la frontière avec Gaza.

« Cela ne vaut vraiment pas la peine de tester l’armée israélienne, ni l’État d’Israël », a-t-il dit. « Nous sommes parés à toute éventualité. Nous sommes prêts pour un scénario multi-fronts, et je n’ai pas souvenir d’une époque où nous avons atteint un tel niveau de préparation, à la fois au niveau de l’armée et de la population israélienne. »

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