Netanyahu ne demandera pas plus de temps pour former une coalition
Rechercher

Netanyahu ne demandera pas plus de temps pour former une coalition

Le Premier ministre a jusqu'à mercredi pour rassembler un gouvernement ; d'après le député Likud David Bitan, Netanyahu ne demandera pas de délai supplémentaire

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 25 septembre 2019, où Netanyahu vient d'être chargé de former le prochain gouvernement israélien. (Yonatan Sindel/Flash 90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 25 septembre 2019, où Netanyahu vient d'être chargé de former le prochain gouvernement israélien. (Yonatan Sindel/Flash 90)

Benjamin Netanyahu ne demandera pas de délai supplémentaire de 14 jours au président Reuven Rivlin après l’expiration du délai alloué pour former un gouvernement, a assuré un député de son parti dimanche.

Le Likud et son principal rival, l’alliance centriste Kakhol lavan, n’ont pas avancé dans les négociations autour de la constitution d’un gouvernement d’union.

Netanyahu doit rassembler une coalition d’ici mercredi soir ou informer Reuven Rivlin qu’il n’y est pas parvenu. Reuven Rivlin pourrait lui accorder deux semaines supplémentaires, mais cela semblerait peu probable, la perspective d’une sortie d’impasse étant considérée comme maigre. Le chef du Likud est actuellement à la tête d’un bloc de 55 sièges (Likud : 32 ; Shas : 9; Yahdout HaTorah : 7, et Yamina : 7) dans une Knesset qui en compte 120 au total.

Reuven Rivlin pourrait plutôt confier la tâcher à un autre député. Benny Gantz, numéro un de Kakhol lavan, prendrait ainsi la relève, même si ses chances de réussite sont encore plus faibles.

L’option la plus défendue est celle du chef de l’État, qui a proposé la formation d’un gouvernement d’union où le pouvoir serait partagé équitablement entre les blocs de Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, avec une rotation entre les deux hommes au poste de Premier ministre. Netanyahu étant actuellement menacé par une mise en examen, Reuven Rivlin a suggéré, sans préciser, que celui-ci prendrait congés pour une durée indéterminée le cas échéant. En vertu de cet arrangement élaboré par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim » dans ce scénario, jouirait de toute l’autorité de Premier ministre.

Kakhol lavan et le parti laïc Yisrael Beytenu, dirigé par Avigdor Liberman qui se trouve en position de faiseur de rois, ont appelé à un gouvernement d’union mais sans le bloc de partis religieux de Benjamin Netanyahu. Le parti centriste a appelé à sa démission de la direction tête du Likud en raison des risques de mise en examen, assurant qu’il ne servirait pas dans un gouvernement dirigé par un Premier ministre empêtré dans des démêlés judiciaires.

Kakhol lavan a affirmé qu’un gouvernement d’union serait formé « dans l’heure » si Benjamin Netanyahu démissionnait.

Photo montage, de gauche à droite : le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et le Premier ministre et chef du Likud, Benjamin Netanyahu. (Crédit : Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Netanyahu ne demandera pas de prolongation, cela n’a aucun intérêt, car Kakhol lavan ne souhaite pas discuter », a déclaré dimanche matin le député Likud David Bitan, l’ancien négociateur en chef pour la coalition, au micro de la chaîne publique Kan.

« Cela ne sert à rien de discuter d’autres choses dans la mesure où ils ne sont pas d’accord avec le principe de base d’un gouvernement d’union dirigé par Netanyahu », a ajouté David Bitan. « Nous attendons que Kakhol lavan se ressaisisse et prenne part à des négociations. »

Cette impasse dans les pourparlers augmente la probabilité d’un troisième scrutin législatif en un an.

Le député du Likud David Bitan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 5 février 2018. (Miriam Alster/Flash90)

« Kakhol lavan veut des élections car ils pensent que si Netanyahu est inculpé, leur résultat électoral sera meilleur lors d’un troisième scrutin. Ils insistent sur leur interprétation de l’union et ne veulent pas reculer », a-t-il accusé.

Jeudi, Netanyahu a fait une nouvelle proposition à Gantz concernant un gouvernement d’unité composé du Likud et de ses alliés de la droite religieuse.

Celle-ci a été rapidement balayée par Benny Gantz, qui l’a qualifiée de non sincère, accusant Netanyahu de ne pas chercher « l »unité mais l’immunité », faisant référence à l’insistance du Premier ministre de rester à son poste – supposément pour ne pas avoir à démissionner en cas de mise en examen.

Ce sous-entendu sur la proposition de partage du pouvoir faite par le président Rivlin. Elle maintiendrait le statu quo concernant l’État et la religion pendant un an, tout en œuvrant à un compromis sur la conscription militaire des ultra-orthodoxes — une question qui avait provoqué l’échec des pourparlers de coalition à la suite du scrutin d’avril.

Netanyahu n’a pas proposé de revenir sur sa condition d’un gouvernement composé des partis de droite dure et ultra-orthodoxes — un obstacle majeur pour Kakhol lavan.

Benny Gantz a fait savoir : « Même maintenant, [Netanyahu] ne souhaite pas participer à des négociations directes et reconnaître le fait que la majorité des citoyens israéliens ont voté pour un gouvernement d’union libéral, sans les extrémistes ».

Netanyahu accuse son rival d’avoir l’intention de former un gouvernement minoritaire avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie, avertissant qu’une telle disposition mettrait en péril la sécurité d’Israël.

« Établir un gouvernement minoritaire reposant sur la Liste arabe unie est une décision antisioniste qui compromet notre sécurité », a-t-il ainsi écrit vendredi sur Facebook, accusant les dirigeants de la Liste arabe unie, Ayman Odeh et Ahmad Tibi, de soutenir les organisations terroristes palestiniennes et le Hezbollah.

Récemment, le quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom a laissé entendre que Kakhol lavan, vainqueur de 33 sièges lors des élections de septembre, pourrait tenter de créer un gouvernement minoritaire de 44 sièges soutenu de l’extérieur par la Liste arabe unie (13 sièges) et Yisrael Beytenu (8 sièges).

Le chef du parti de la Liste arabe unie Ayman Odeh. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mais à aucun moment depuis la fin du scrutin Benny Gantz n’a exprimé son intention de constituer une telle coalition avec le Parti travailliste (6 sièges) et le Camp démocratique (5 sièges).

Un reportage télévisé ne citant pas de sources et diffusé jeudi a affirmé que le chef de Kakhol lavan envisageait de convaincre Liberman de soutenir l’idée d’un gouvernement minoritaire.

D’après la Treizième chaîne, Benny Gantz compterait inviter des représentants de Yisrael Beytenu et du Likud pour discuter d’un gouvernement d’union s’il était chargé du mandat la semaine prochaine.

Gantz ne s’attend pas à la présence du Likud à la réunion, ce qui, espère-t-il, lui ouvrira les portes du soutien de Liberman à un gouvernement minoritaire, d’après la chaîne.

L’absence du Likud donnerait une justification au chef de Yisrael Beytenu pour accuser le parti de Netanyahu d’empêcher la formation d’un gouvernement d’unité. Liberman pourrait alors dire qu’un camp, Kakhol lavan, avait accepté ses conditions pour un gouvernement d’union, contrairement à l’autre camp, le Likud.

Toutes ces informations concernant ces stratagèmes de coalition n’ont pas été confirmées officiellement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...