Netanyahu promet un “déluge” si les tirs de roquettes ne cessent pas
Rechercher

Netanyahu promet un “déluge” si les tirs de roquettes ne cessent pas

L’armée israélienne prédit des centaines de victimes et une pluie de missiles en cas de guerre ouverte

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Netivot, dans le sud du pays, le 15 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Netivot, dans le sud du pays, le 15 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Israël ne tolèrera par d’autres tirs de missiles ou de mortiers en provenance de la Syrie ou de la bande de Gaza, et n’hésitera pas à répondre de manière disproportionnée, a averti le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au lendemain des tirs de projectiles, en provenance des deux frontières.

Netanyahu s’est exprimé ce jeudi à Netivot dans le sud d’Israël. Il a annoncé que le pays n’allait plus encaisser les tirs de roquettes « ni du nord, ni du sud ».

« Ceux qui pensent [à tirer] une averse recevront un déluge », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie dans la ville frontalière de Gaza. « La réponse de ces dernières semaines est assez parlante. »

Mercredi, un tir de mortier, en provenance de la Syrie, a touché le plateau du Golan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Netivot, dans le sud du pays, le 15 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Netivot, dans le sud du pays, le 15 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Ce projectile, dernier d’une série de tirs perdus qui ont touchés Israël ces derniers jours, ont explosé dans des zones libres à proximité de la frontière, n’a fait ni victime ni dégâts, a annoncé l’armée israélienne.

Il s’agissait du sixième incident de ce genre en une semaine. Ce tir provenait des luttes entre le régime de Bashar et-Assad et les nombreux groupes rebelles syriens, dans l’escalade de violence que l’on a pu observer en Syrie ces derniers temps.

En réponse à ces incidents, les avions israéliens ont ciblé à plusieurs reprises les batteries d’artillerie du régime syrien positionnées près de la frontière, bien que les médias syriens n’aient fait aucune mention des réactions israéliennes mercredi.

Les Nations unies, la Russie et d’autres pays ont appelé Israël à faire preuve de retenue pour éviter de rentrer dans une spirale de violence incontrôlable.

Plus tard dans la nuit de mercredi, un tir de mortier venant de Gaza a atterri dans une zone ouverte de la région d’Eshkol, ne causant ni victimes ni dégâts.

Israël se prépare également à l’éventualité d’une guerre ouverte. A partir de la semaine prochaine, le Commandement de la Défense passive va lancer « Standing Firm », un exercice d’entrainement qui testera la capacité de l’armée israélienne, et celle des gouvernements locaux à gérer des attaques de roquettes, des infiltrations de terroristes dans les communautés, des défaillances du réseau électrique et d’autres situations d’urgence.

Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l'armée israélienne nettoient des débris d'une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Des soldats des unités de recherche et sauvetage du Commandement de la Défense passive de l’armée israélienne nettoient des débris d’une fausse frappe de roquette pendant un exercice à grande échelle, à Zikim, près de la frontière de la bande de Gaza, le 3 juillet 2016. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

Mardi prochain, dans la matinée, le Commandement de la Défense passive fera retentir les sirènes d’alerte dans les villes en Israël à des moments différents, puis dans tout le pays (à l’exception des villes à proximité de la bande de Gaza) à 19h05.

Selon l’armée, environ 230 000 roquettes de toutes tailles ainsi que des ogives sont dirigées vers Israël, de la part de tout un panel d’ennemis.

« Si, pendant la deuxième guerre du Liban, le record a été de 160 roquettes dans le nord, nous devons nous attendre à 1 200 roquettes par jour. Le scénario sera différent de tout ce que l’on connait », a expliqué le général Yitzhak Gershon, chef du Commandement de la Défense passive en 2006, pendant la Deuxième Guerre du Liban, lors d’une interview sur la radio militaire au début de l’été.

Dans l’éventualité d’une guerre ouverte, au cours de laquelle ses roquettes seraient tirées de toutes les frontières, entre 250 et 400 civils pourraient être tués pendant le conflit, et notamment des dizaines dans la région de Tel Aviv. Cependant, l’armée israélienne n’a pas évoqué la durée d’une telle guerre, ni comment ces chiffres ont été obtenus.

« Pour la prochaine guerre, nous avons déterminé qu’un grand nombre de missiles, de tailles et de types différents atterrirons sur le sol israélien. Certains pourraient même frapper des zones résidentielles », a averti en juillet le Brigadier Général Dedi Simchi, chef d’état-major du Commandement de la Défense passive.

L’armée dédramatise ce sombre tableau en indiquant que la plupart des roquettes atterriraient dans des zones libres, et que celles qui arriveraient dans les zones urbaines ne causeraient que peu de dégâts.

Selon l’armée israélienne, environ 95 % des projectiles qui menacent Israël ont une marge d’environ 45 kilomètres et contiennent un peu plus de 10 kilos de charge explosive.

Children in Kiryat Malachi run toward a bomb shelter Friday. A residential building in the southern city was hit by a rocket Thursday, killing three. (photo credit: IDF Spokesperson)
Des enfants de Kiryat Malachi courent vers un abri anti-bombes. Un bâtiment résidentiel du sud de la ville a été touché par une roquette en 2012 tuant trois personnes. (Crédit : porte-parole de l’armée israélienne)

Ces roquettes Grad et les tirs de mortiers ne sont pas très précis, ce qui ne leur laisse qu’un pourcent de chance de toucher une zone habitée, et leur charge explosive limitée permet d’affirmer qu’ils ne seront pas en mesure de causer de dommages importants aux structures qu’ils atteindront.

Par ailleurs, un grand nombre de projectiles orientés vers des zones résidentielles, des bases militaires et des infrastructures civiles devraient être interceptées par le système antimissile israélien, le Dôme de Fer.

Le système d’alerte aux roquettes est dix fois plus puissant que lors de la seconde guerre du Liban en 2006, lorsque les roquettes du Hezbollah avaient touché le nord d’Israël, coûtant la vie à des dizaines de personnes. Le pays avait alors été divisé en 25 zones d’alertes. Il y en a 250 aujourd’hui, a expliqué Simchi en juillet.

D’ici un an, le nombre de zones d’alerte devrait avoisiner les 3 000, selon l’armée.

Ce degré de précision va permettre aux sirènes de ne sonner que dans des quartiers concernés par le projectile, au lieu de sonner dans la ville entière, comme c’était le cas par le passé.

Devorah Israeli, de Nitzan, avec Idan, 8 ans, et Ron, 6 mois, dans un abri anti-bombes pendant l'opération Bordure protectrice, à l'été 2014. (Crédit : Mélanie Lidman/Times of Israël)
Devorah Israeli, de Nitzan, avec Idan, 8 ans, et Ron, 6 mois, dans un abri anti-bombes pendant l’opération Bordure protectrice, à l’été 2014. (Crédit : Mélanie Lidman/Times of Israël)

Cependant, cette précision se fait au détriment de la vitesse. Par exemple, les résidents de Tel Aviv ont environ une minute et demie pour se mettre à l’abri lorsqu’une sonnerie se fait entendre.

Avec le nouveau système, ce laps de temps ne sera que d’une minute. Les responsables ont cependant expliqué aux journalistes que le nombre de gens concernés par la sonnerie sera réduit de deux tiers.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...