Netanyahu refuserait que les Américains cessent de financer l’UNRWA
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Netanyahu refuserait que les Américains cessent de financer l’UNRWA

Le Premier ministre veut soutenir Trump et pense que les Palestiniens doivent payer pour leur boycott de l'effort de paix, mais craindrait une "catastrophe" à Gaza

Des Palestiniens reçoivent de l'aide dans un centre de distribution des Nations Unies (UNRWA) dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 31 juillet 2014 (Abed Rahim Khatib / Flash90)
Des Palestiniens reçoivent de l'aide dans un centre de distribution des Nations Unies (UNRWA) dans le camp de réfugiés de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 31 juillet 2014 (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Inquiet de ce que la menace d’une coupe dans le financement apporté par les Etats-Unis à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) pourrait mener à une catastrophe humanitaire à Gaza, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait vivement recommandé en privé à l’administration Trump de ne pas mener à bien cette intention, a fait savoir jeudi un reportage diffusé à la télévision.

« En coulisses, le Premier ministre est dorénavant en contact avec les Américains pour empêcher la coupe massive [dans le financement américain de l’UNRWA] – pour l’empêcher, vous avez bien entendu », a déclaré le reportage diffusé sur la chaîne Hadashot.

Le ministère des Affaires étrangères n’a pas commenté ces informations. C’est Netanyahu qui est à la tête de ce ministère.

La position publique adoptée par Netanyahu est de soutenir les menaces proférées par l’administration Trump de réduire les fonds versés à l’UNRWA et Jérusalem a convenu qu’il fallait que de « véritables initiatives » soient prises afin que l’UNRWA – l’instance des Nations unies qui fournit de l’aide humanitaire aux Palestiniens – résolve la question des réfugiés palestiniens plutôt que de la perpétuer, a indiqué le reportage. « Cela survient souvent dans les réunions du cabinet ».

De plus, le Premier ministre soutient la conviction de Donald Trump – transmise sur Twitter – que les Palestiniens doivent payer pour refuser de venir à la table des négociations. Et il ne veut pas saper le président américain, a fait savoir le reportage.

Toutefois, Netanyahu s’inquiète de déstabiliser davantage Gaza. Il « veut naviguer entre le désir de soutenir publiquement Trump tout en empêchant une catastrophe à Gaza », a indiqué le reportage.

Le ministère des Affaires étrangères, a ajouté le reportage, s’oppose catégoriquement à l’idée de couper le financement apporté à l’UNRWA. « Des sources professionnelles au sein du ministère des Affaires étrangères sont ‘opposées de manière déterminée’ à la fin des aides à l’UNRWA », a précisé la chaîne, citant des sources qui auraient affirmé qu’une coupe « ne ferait qu’empirer les choses » et mènerait à une « catastrophe humanitaire, en particulier à Gaza ».

Des sources de l’armée israélienne « pensent également que cette coupe « nuira et n’aidera pas ».

L’administration Trump est actuellement en train de réévaluer son soutien financier à l’UNRWA, a fait savoir un responsable américain mercredi tout en notant que les Etats-Unis considèrent le travail mené par l’organisation comme vital pour la stabilité de la région.

Ces propos sont survenus vingt-quatre heures après que l’envoyée américaine aux Etats-Unis, Nikki Haley, a averti que le soutien américain apporté à l’UNRWA pourrait cesser si les Palestiniens devaient refuser de s’engager dans des négociations de paix.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d’Israël à Jérusalem avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les Etats-Unis ont été le premier soutien de l’UNRWA en 2016, en donnant la somme de 368 429 712 dollars. Ils sont également le premier fournisseur d’aide financière aux Palestiniens.

Les conditions de vie dans la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas, sont déjà difficiles, avec un approvisionnement en électricité seulement quelques heures par jour et des infrastructures d’eau potable et d’eaux usées inappropriées. Une série récente de tirs de roquette et de mortier depuis Gaza vers des communautés du sud d’Israël, à proximité de l’enclave palestinienne, ont entraîné des réponses israéliennes sous la forme de frappes aériennes contre des cibles du Hamas. L’Etat juif attribue la responsabilité de tous les tirs qui émanent de Gaza au Hamas, même s’ils sont initiés par d’autres groupes terroristes.

Les tensions entre les Etats-Unis et les Palestiniens ont atteint un point de rupture après la reconnaissance par le président Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, le 6 décembre. Les Palestiniens ont fait savoir qu’ils n’accepteraient plus que Washington joue les intermédiaires dans des négociations de paix.

Reconnaissant que ses initiatives de négociations de paix au Moyen-Orient se trouvaient dans l’impasse, Trump a menacé de couper toutes les aides octroyées à l’Autorité palestinienne mardi, demandant pourquoi Washington devrait se livrer à » ces futurs paiements massifs » alors que les Palestiniens « n’ont plus la volonté de parler de la paix ».

Les Etats-Unis donnent actuellement à l’AP plus de 600 millions de dollars d’aides annuelles.

Dans un tweet, le président a rejeté la colère des Palestiniens entraînée par sa reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne, disant qu’il avait prévu qu’Israël « paie » lors des futures négociations avec les Palestiniens pour cette déclaration. Mais l’intransigeance des Palestiniens empêche dorénavant toute avancée des pourparlers de paix, a-t-il dit.

Les responsables palestiniens ont critiqué la menace de Trump. Saeb Erekat, à la tête de l’équipe de négociation palestinienne pour les négociations de paix, a dit mercredi que cette coupe des aides entraînerait la famine pour les enfants qui se trouvent dans les camps de réfugiés.

Le 21 décembre, l’Assemblée générale de l’ONU a défié les menaces de l’administration et voté à 128 voix « pour » et 9 « contre » le rejet de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Trump. Un vote contraignant au Conseil de sécurité avait reçu le veto des Etats-Unis au début de cette même semaine.

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