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Netanyahu soutient les négociations sur le compromis, mais des alliés s’opposent

Le Premier ministre affirme que ses partenaires ne torpilleront pas un éventuel accord sur la refonte, tandis que Ben Gvir appelle les autres à s'opposer à la "capitulation"

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

De gauche à droite : le leader d’Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, le chef de l’opposition et leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef de HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
De gauche à droite : le leader d’Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, le chef de l’opposition et leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef de HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré lundi qu’il s’efforçait « d’épuiser toutes les possibilités » pour parvenir à un large accord concernant les projets de son gouvernement de remanier le système judiciaire israélien, tout en repoussant un allié clé qui a appelé à bloquer tout éventuel compromis.

Les propos de Netanyahu sont intervenus alors que les spéculations sur un éventuel accord reprenaient de plus belle. Plus tôt dans la journée de lundi, Benny Gantz, chef du parti d’opposition HaMahane HaMamlahti, a déclaré qu’il serait prêt à accepter un compromis sur la refonte judiciaire s’il permettait de « préserver la démocratie », alors que des informations circulaient selon lesquelles Netanyahu prévoyait d’annoncer un assouplissement unilatéral de la législation dans le but d’éviter une confrontation avec la Haute cour.

Selon une déclaration de son bureau, Netanyahu s’efforce de « parvenir à un accord national qui rétablisse l’équilibre entre les trois pouvoirs », législatif, exécutif et judiciaire.

Le ministre des Sciences, des Technologies et de l’Espace Ofir Akunis (Likud) a soutenu les appels du Premier ministre à des négociations sur la refonte.

« Akunis appelle toutes les parties à poursuivre leurs efforts pour parvenir à un compromis et à un large accord qui sera accepté par une grande majorité du public israélien », a indiqué son bureau dans un communiqué lundi.

« La plupart des Israéliens s’attendent à ce que les choses se calment, à ce qu’un accord soit trouvé et à ce que la nouvelle année commence de manière conciliante », a-t-il ajouté.

La déclaration du bureau d’Akunis précise que « ce message n’est pas coordonné avec le Bureau du Premier ministre et n’est pas fait à sa demande ».

Si un tel accord est conclu, « personne ne l’empêchera d’être mis en œuvre », a ajouté le communiqué, dans ce qui a été largement perçu comme une réponse directe au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et à d’autres partisans de la ligne radicale au sein de la coalition, qui ont promis de s’opposer à toute mesure qui ne répondrait pas aux demandes de changements profonds dans le système judiciaire.

Ben Gvir a déclaré que le compromis envisagé « humilierait plus de la moitié du peuple » et que son parti « ne soutiendra pas cette capitulation. J’appelle mes collègues de la coalition à faire entendre leur voix, à s’opposer à cette capitulation ».

La déclaration de Netanyahu semble confirmer un déluge d’informations non-sourcées selon lesquelles le Premier ministre et ses émissaires s’efforcent de parvenir à un accord de compromis avec certains membres de l’opposition politique sous les auspices du président Isaac Herzog, ou peut-être d’autres informations selon lesquelles ils pourraient limiter unilatéralement une loi récemment adoptée restreignant le contrôle judiciaire sur les décisions du gouvernement.

Cela s’est produit quelques jours après que le Bureau du Premier ministre a éludé les informations selon lesquelles il faisait partie des efforts redoublés pour trouver un consensus.

Le Premier ministre a été rapidement soutenu par le ministre de la Défense Yoav Gallant (Likud), qui a réitéré sa volonté de résoudre les fissures sociales exacerbées par le débat sur la refonte judiciaire, qui se sont étendues à l’armée, les réservistes ayant refusé de se présenter pour leur service volonté au sein de Tsahal, menaçant ainsi sa résilience. « Les changements majeurs doivent être réalisés avec un large consensus », a déclaré Gallant.

Le conflit social continu sur la refonte « pénètre l’armée et d’autres agences de sécurité à un prix que Tsahal et l’establishment de la Défense ne peuvent pas supporter », a déclaré le ministre de la Défense lors d’une conférence lundi à Herzliya. « Je ne me préoccupe pas de savoir qui a commencé ou qui a raison, a-t-il ajouté. « Je répète que la poursuite de la lutte interne met en danger la résilience nationale, l’armée israélienne et notre capacité à assurer la sécurité de l’État d’Israël et la protection de ses citoyens. »

Les partenaires de la coalition de Netanyahu se sont toutefois empressés de dire que leur soutien à tout accord serait sine qua non.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich (HaTzionout HaDatit) a déclaré que son parti accepterait certaines « concessions » pour parvenir à des compromis judiciaires, mais qu’il ne céderait pas sur l’augmentation de la représentation de la droite au sein de la plus haute juridiction du pays.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich tenant une conférence de presse, à Jérusalem, le 11 septembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

« J’ai dit au Premier ministre que nous étions prêts à dialoguer et à conclure des accords, y compris des concessions, afin d’assurer l’unité du peuple, de préserver l’unité et la force de Tsahal et de préserver la société israélienne », a déclaré Smotrich lors d’une conférence à Jérusalem.

« Mais en même temps, nous nous opposons fermement aux diktats et aux ultimatums de ceux qui ont perdu les élections, qui n’ont pas gagné la confiance du peuple et qui tentent, par des menaces de refus et d’atteinte à la sécurité de l’État, de nous imposer leur position par la force », a-t-il poursuivi, dénonçant les politiciens de l’opposition et les manifestations de masse contre la vision du gouvernement d’un remaniement du système judiciaire.

L’objectif le plus controversé – et central pour plusieurs membres de la coalition – est de modifier le processus de nomination des juges afin d’augmenter la représentation des idéologies de droite au sein de la Haute cour de justice.

« Nous n’accepterons en aucun cas de renoncer à la diversité dans la sélection des juges afin de représenter toute la population de l’État d’Israël, et nous n’accepterons pas une situation dans laquelle l’opposition, qui a perdu les élections, peut piétiner et écraser la droite au sein de la commission de sélection des juges », a déclaré le chef du parti HaTzionout HaDatit.

Il a accusé l’opposition de ne pas vouloir céder et d’imposer ses exigences au gouvernement.

« Nous faisons de gros efforts pour parvenir à un dialogue honnête, mais je constate malheureusement que, dans le même temps, [les chefs des partis d’opposition Yaïr] Lapid et Gantz, qui ont fait échouer les négociations à la résidence présidentielle, empêchent toute possibilité de dialogue et ne veulent pas d’accords. Ils veulent recevoir 100 % de leurs diktats et nous ne le permettrons pas », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, lors d’un événement organisé par la police, à Jérusalem, le 17 août 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir, chef du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, a déclaré qu’il était favorable à des négociations sur la refonte judiciaire, mais qu’il s’opposait à une « reddition ».

« La refonte est importante pour l’État d’Israël. Elle permettra d’équilibrer les trois pouvoirs – le législatif, l’exécutif et le judiciaire », a-t-il déclaré. « Se rendre à la résidence présidentielle reviendrait à humilier plus de la moitié de la nation (… ) à porter atteinte aux valeurs de la droite. »

Outre le refus de la coalition, certaines figures de l’opposition ont rejeté l’idée de telles négociations, car elles ne croient pas que la coalition de droite radicale de Netanyahu lui permettra d’accepter un véritable compromis.

Le parti Yesh Atid de Lapid a refusé de s’engager formellement dans un cadre proposé par Herzog la semaine dernière, qui aurait maintenu la composition actuelle de la commission de sélection des juges, mais qui aurait déplacé le pouvoir au sein du panel afin d’accroître l’influence du gouvernement.

« Ce à quoi nous assistons ces dernières heures est une tentative de perturber l’audience la plus importante de l’histoire de la Haute cour de justice », a déclaré Lapid dans un communiqué publié lundi sur les réseaux sociaux. « L’opposition ne prêtera pas la main à de telles tentatives frauduleuses. »

Herzog avait soumis sa proposition à Gantz, qui a déclaré qu’il serait ouvert à un compromis, mais qu’il voulait des signes de sérieux de la part de Netanyahu afin de prendre l’effort au sérieux.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, s’exprimant lors de la conférence de l’Institut pour la politique de lutte contre le terrorisme (ICT), à l’Université Reichman à Herzliya, le 11 septembre 2023. (Crédit : Gilad Kavalerchik)

Des sources proches du dossier ont exprimé leur scepticisme quant à la possibilité qu’un parti présente un accord avant l’audience de la Haute cour de justice qui se tiendra mardi et qui portera sur l’invalidation du récent amendement de la coalition à l’une des Lois fondamentales quasi-constitutionnelles d’Israël, qui a éliminé le contrôle judiciaire du « caractère raisonnable » des décisions du gouvernement.

Cependant, Gantz a réitéré son appel de la semaine dernière, lorsqu’il avait rejeté de nouveaux pourparlers avec Netanyahu, pour que ce dernier prouve d’abord qu’il a le soutien politique de sa coalition radicale nécessaire pour parvenir à un compromis.

« Les motivations de Netanyahu ne m’intéressent pas », a déclaré Gantz lors d’une conférence à l’Université Reichman.

« S’il y a une solution sur la table qui préserve la démocratie, je serai là. »

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