Netanyahu « soutient pleinement » la décision « courageuse » de Trump – Réactions
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Netanyahu « soutient pleinement » la décision « courageuse » de Trump – Réactions

France, Allemagne et GB veulent préparer un nouvel accord ; Washington prêt à discuter d'une solution "beaucoup plus large", selon John Bolton

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle à la presse dans son bureau de Jérusalem, le 2 avril 2018 (AFP PHOTO / Menahem KAHANA)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle à la presse dans son bureau de Jérusalem, le 2 avril 2018 (AFP PHOTO / Menahem KAHANA)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit mardi « soutenir pleinement » la décision « courageuse » du président américain Donald Trump de désengager son pays de l’accord nucléaire avec l’Iran.

« Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec la République islamique, a dit M. Netanyahu en direct sur la télévision publique dans la foulée de la déclaration de M. Trump.

Israël s’est opposé à l’accord « dès le début » parce que « cela ouvrait la voie à l’Iran pour disposer de tout un arsenal de bombes nucléaires ».

La levée des sanctions « a déjà donné des résultats désastreux ».

Netanyahu a rappelé s’être opposé à l’accord « depuis le début » parce que « non seulement cet accord ne bloque pas la voie de l’Iran vers la bombe, mais il lui ouvre la voie vers un arsenal complet de bombes nucléaires, et ceci en l’espace de quelques années ».

« L’accord n’a pas réduit l’agressivité de l’Iran ; il l’a considérablement augmentée, et nous voyons cela dans tout le Moyen-Orient. Depuis l’accord, nous avons vu l’agressivité iranienne croître chaque jour – en Irak, au Liban, au Yémen, à Gaza et surtout en Syrie, où l’Iran essaie d’établir des bases militaires pour attaquer Israël.

Malgré l’accord, le régime terroriste de Téhéran développe également un arsenal de missiles balistiques – des missiles balistiques visant à lancer des ogives nucléaires à longues distances, pouvant atteindre de nombreuses parties du monde.

Et comme nous l’avons exposé la semaine dernière, depuis l’accord, l’Iran a intensifié ses efforts afin de dissimuler son programme secret d’armes nucléaires.

Si tout cela restait inchangé, cela conduirait au désastre – un désastre pour notre région, un désastre pour la paix dans le monde.

C’est pourquoi Israël estime que le président Trump a fait un geste historique et c’est pourquoi Israël remercie le président Trump pour son leadership courageux, son engagement à affronter le régime terroriste de Téhéran et son engagement à faire en sorte que l’Iran ne dispose jamais d’armes nucléaires, que ce soit aujourd’hui, dans dix ans, ou n’importe quand. »

Le président israélien Reuven Rivlin s’est également réjoui de l’annonce de Trump.

« La décision prise par le président des États-Unis constitue une étape importante pour assurer la sécurité de l’État d’Israël, la sécurité de la région et la sécurité de l’ensemble du monde libre, » a-t-il déclaré.

« A côté de la menace nucléaire, nous n’oublions pas un instant la course aux armements que l’Iran mène à nos frontières, et nous suivons les développements de près et de manière responsable afin de protéger la sécurité de nos citoyens. La menace de la consolidation iranienne n’est pas une menace pour l’Etat d’Israël seul, et donc la pression internationale est nécessaire dans la lutte contre ce danger. »

Ron Lauder, président du Congrès juif mondial, le 13 octobre 2014. (Miriam Alster/FLASH90)

« L’Iran est une nation voyou régie par un régime qui ne peut être digne d’honorer sa parole, et encore plus avec des capacités nucléaires qui lui permettent de ravager le monde et de provoquer une course aux armements catastrophique dans la région, » a réagi le président du Congrès juif mondial (WJC) Ronald S. Lauder, dans un communiqué.

« Le président Trump a pris aujourd’hui une mesure courageuse en montrant clairement à la République islamique qu’il ne restera pas silencieux en continuant de subvertir l’accord nucléaire et d’exploiter la bonne foi de la communauté internationale. Nous exhortons les autres pays à suivre l’exemple de cette administration et à ne pas laisser l’Iran bafouer le droit international. »

Le rétablissement des sanctions américaines liées au programme nucléaire iranien est effectif immédiatement pour les nouveaux contrats, a affirmé mardi le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, précisant que les entreprises étrangères auront quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Et le Trésor américain a fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours, quelques minutes après l’annonce par le président Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire signé entre Téhéran et les grandes puissances en 2015. M. Bolton a aussi indiqué que Washington était prêt à discuter d’une solution « beaucoup plus large ».

L’UE est « déterminée à préserver » l’accord nucléaire iranien, après la décision du président américain Donald Trump de s’en retirer, a déclaré mardi soir à Rome la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

L’accord de Vienne de 2015 « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a insisté Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome, en se disant « particulièrement inquiète » de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran par le président Trump.

« La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine de sortir de l’accord nucléaire » iranien et vont « travailler collectivement » à un accord « plus large », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron mardi, juste après l’annonce du retrait des Etats-Unis.

« Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a noté le président français.

« Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a-t-il ajouté.

Les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran en raison de la décision américaine de rétablir les sanctions contre Téhéran, a indiqué mardi sur twitter le nouvel ambassadeur américain en Allemagne.

Le président américain Donald Trump « a dit que les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l’économie de l’Iran. Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions ce mardi.

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré mardi soir vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes pour voir si ces derniers peuvent garantir les intérêts de l’Iran après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Accusant le président américain Donald Trump de pratiquer « une guerre psychologique », Rouhani a déclaré dans une allocution à la télévision d’État iranienne : « Les États-Unis ont toujours montré qu’ils ne respectaient jamais leurs engagements ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mardi les six autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 « à respecter pleinement leurs engagements », après le retrait des Etats-Unis.

« Je suis profondément préoccupé par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA (en référence à l’acronyme en anglais ndlr) et de la reprise de sanctions américaines », souligne aussi le patron des Nations unies dans un communiqué.

« L’annonce d’aujourd’hui affaiblit notre sécurité, brise la volonté américaine, nous isole de nos alliés européens, met Israël en péril, renforce les extrémistes iraniens et réduit notre influence mondiale sur la mauvaise conduite de Téhéran, tout en compromettant la capacité des futures administrations à conclure des accords internationaux. Aucune rhétorique n’est nécessaire. Les faits parlent d’eux-mêmes. Au lieu de s’appuyer sur de nouvelles mesures de vérification en matière de non-prolifération, cette décision risque de ramener le monde au bord du gouffre auquel nous avons été confrontés il y a quelques années. L’étendue des dommages dépendra de ce que l’Europe peut faire pour maintenir l’accord nucléaire, et cela dépendra de la réaction de l’Iran. L’Amérique ne devrait jamais avoir à sous-traiter ces enjeux à un autre pays. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Amérique. Nous devrions tous espérer que le monde réussisse à préserver cet accord nucléaire, » a déclaré l’ancien secrétaire d’État John Kerry qui a rencontré le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Zarif.

En France, les réactions de l’ensemble de l’échiquier politique ne se sont fait attendre.

Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, a déclaré dans un communiqué à l’AFP que « rien ne justifie de dénoncer l’accord de Vienne : le directeur de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a affirmé à plusieurs reprises que l’Iran le respecte scrupuleusement (…) La France doit affirmer une position clairement distincte de celle de Donald Trump.

Sur Twitter, Boris Vallaud, porte-parole du PS, a écrit : « Iran : la décision de Trump de se retirer du JCPOA est irresponsable et dangereuse. Il n’y a pas de plan B : cet accord de 2015 a été une étape dure mais essentielle à la paix, à la sécurité et contre la prolifération nucléaire. Trump menace une stabilité déjà fragile. Shame ! » (« Honte ! » en anglais, ndlr

Toujours sur Twitter, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, a affirmé que « Donald Trump a tort de vouloir tuer l’accord sur le nucléaire! C’est libérer l’Iran de tout contrôle… Il appartient à l’Union européenne de retenir les Iraniens dans cet accord en leur proposant des relations économiques favorables »

L’eurodéputé LR Arnaud Danjean s’en est également pris à Trump sur Twitter : « À la veille de la journée de l’Europe, Trump donne une nouvelle raison aux Européens de résolument s’engager pour une plus forte autonomie stratégique. »

La porte parole du LR, Laurence Saillet, s’est adressée dans un tweet au président français : « Donald Trump met à exécution ses menaces concernant l’accord sur le nucléaire iranien. Les gesticulations à la Maison Blanche de notre président infatué ont été vaines. Emmanuel Macron : Jupiter ou ‘Tigre de papier ?' »

Sur FranceInfo, Sébastien Chenu, porte-parole du FN a déploré que « La visite de Macron aux Etats-Unis n’a servi à rien dans le dossier du nucléaire iranien »

Pour Jacques Maire, député LREM, « le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien représente un énorme gâchis et une immédiate montée des risques. Trump n’a pas de plan B, il n’a confiance qu’en lui-même », a-t-il dit dans un tweet.

Autre son de cloche chez Meyer Habib, député UDI, qui a déclaré, toujours sur Twitter que « Benjamin Netanyahu a démasqué l’Iran, Donald Trump a assumé ses responsabilités sur l’accord nucléaire iranien. Chapeau! L’Histoire démontrera qu’il a sauvé la paix et évité un État islamiste nucléaire. Il faut briser le régime djihadiste de Téhéran et libérer le grand peuple iranien. »

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a fustigé son ancien rival des présidentielles sur Twitter: « La dénonciation par Trump de l’accord avec l’Iran est un échec cinglant pour E. Macron déjà humilié sur le climat. L’attitude de soumission d’E. Macron lors de sa visite est encore plus indécente. Cette décision dangereuse impose à la France de redevenir libre. Quittons enfin l’Otan! »

L’ex-ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui avait négocié l’accord sur le nucléaire iranien au nom de Paris, a jugé mercredi le retrait américain « gravissime » pour la stabilité du Moyen-Orient et la crédibilité des accords internationaux à venir.

Cette décision est « un coup grave porté à la sécurité internationale », a-t-il dit sur la radio RTL. Elle est « grave, et même gravissime, car même si pour le moment la réaction du président Rohani a été modérée », et que « juridiquement l’accord continue d’exister », la question de savoir « si les Iraniens vont respecter les engagements qu’ils ont pris dans les circonstances nouvelles » est posée.

Il y a « la possibilité de tensions aggravées au Moyen-Orient », a-t-il ajouté, et, « plus largement encore, c’est toute la crédibilité des accords internationaux qui est en cause »: « si un accord entériné par les Nations unies unanimes, et qui a été respecté – l’AIEA en témoigne -, est mis en cause unilatéralement par un pays comme les Etats-Unis, à quoi alors est-ce qu’on peut croire ? », a-t-il interrogé.

En particulier, alors qu' »on cherche à dénucléariser la Corée du Nord », la décision américaine offre selon lui « un argument en or massif »: « lorsque la question des signatures va être posée, (…) est-ce que les Coréens du Nord ne vont pas dire +comment signer avec un pays qui lui-même n’a pas respecté un accord international entériné et respecté?+ », a-t-il souligné.

« Il y a beaucoup de scénarios possibles », dont « deux extrêmes », a-t-il dit.

Dans un scénario « optimiste », « l’Iran reste dans son engagement de ne pas avoir de bombe atomique, l’Europe, la Chine, les Russes, font le nécessaire pour que, en ce qui les concerne, les sanctions ne soient pas rétablies(…) et qu’on continue comme ça en essayant d’atténuer les tensions jusqu’au moment où, peut-être, les Américains, avec un président différent, reviendront sur leur position ».

Dans un scénario « noir », l’Iran sortirait de son engagement, provoquant « du même coup une réaction dans d’autres pays de la région – Arabie saoudite, peut-être l’Egypte, la Turquie » – qui souhaiteraient alors « se doter de la bombe », ce qui alimenterait « des tensions accrues » et « finalement une déstabilisation générale » avec, « au plus noir », « une possibilité de conflit direct entre l’Iran et les Etats-Unis ».

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