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Nouveau budget 2024 : des coupes qui ne font pas l’unanimité

Un ministre du Likud et 5 de HaMahane HaMamlahti votent contre le budget pour protester contre les réductions généralisées et le refus de supprimer les ministères superflus

Les membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion pour approuver le budget 2024 amendé, le 15 janvier 2024. (Crédit : Haim Zach, GPO)
Les membres du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une réunion pour approuver le budget 2024 amendé, le 15 janvier 2024. (Crédit : Haim Zach, GPO)

Surmontant une forte opposition au sein de son propre gouvernement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réussi à faire adopter lundi par le cabinet un budget d’État 2024 amendé d’une valeur de 582 milliards de shekels, combinant une augmentation globale des dépenses d’environ 70 milliards de shekels avec des coupes budgétaires généralisées pour financer le coût de la guerre à Gaza.

Les fonds supplémentaires comprennent des sommes destinées à la défense et à l’indemnisation des personnes touchées par la guerre, ainsi que des allocations plus importantes pour les soins de santé, la police, la protection sociale et l’éducation.

La mesure a été adoptée quelques heures seulement après la réunion qui s’est poursuivie dans la nuit et s’était achevée sans résultat face à l’opposition des ministres.

« Nous sommes parvenus à un accord et nous allons maintenant faire passer un budget très important. C’est le budget de la guerre, qui couvre également les besoins de nos réservistes, de leurs familles, des travailleurs indépendants et les ministères, ainsi que les besoins de la population », a déclaré Netanyahu.

« Nous augmentons le budget de la santé et y ajoutons un milliard de shekels pour la santé mentale, un besoin important. Nous augmentons le budget de l’éducation, le budget de la protection sociale, le budget de la sécurité intérieure, mais surtout le budget de la défense, qui est tout simplement essentiel pour la victoire et pour notre avenir. »

La mesure, qui prévoit un objectif de déficit de 6,6 % du PIB, a été adoptée quelques heures seulement après qu’une réunion qui a duré une nuit entière sur la question s’est achevée sans résultat face à l’opposition des ministres à des coupes budgétaires généralisées. Le projet de loi va maintenant être soumis à la Knesset, où il devra être lu trois fois en séance plénière pour devenir une loi.

Au cours de la réunion, les tensions autour des réductions prévues étaient si vives que le ministre de l’Education, Yoav Kisch (Likud), du parti du Premier ministre, a quitté la salle en furie en raison de la réduction proposée de centaines de millions de shekels dans son budget.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d’une réunion du cabinet convoquée pour approuver le budget modifié de l’État pour 2024, le 15 janvier 2024. (Crédit : Haim Zach, GPO)

Suite à cela, Netanyahu et le ministre des Finances Bezalel Smotrich auraient fait des efforts pour rallier au projet les opposants au budget de guerre, tels que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui a annoncé qu’il était parvenu à un accord lui assurant 2 milliards de shekels de financement supplémentaire pour son ministère.

Le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, un autre critique du budget, a également conclu un accord avec le ministère des Finances, annonçant plus tôt lundi qu’il avait accepté une « coupe horizontale dans toutes les sections du ministère sans exception d’environ 8 %, ce qui représente environ 180 millions de shekels. »

À quelques exceptions près, le nouveau budget prévoit une réduction générale des dépenses de 3 % dans tous les ministères, afin de financer l’augmentation des dépenses de sécurité.

Le budget prévoit également une réduction de 2,5 milliards de shekels sur les 8 milliards de shekels des fonds de coalition, c’est-à-dire des fonds discrétionnaires affectés aux projets personnels des ministres et des députés.

Selon le quotidien financier le Calcalist, cela inclut 750 millions de shekels pour les écoles ultra-orthodoxes et les yeshivot, et 280 millions de shekels pour le ministère des Implantations et des Missions nationales.

Le budget a néanmoins été salué par le président de Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, ministre du Logement, qui s’est félicité d’avoir « maintenu les budgets du ministère du Logement et de la Construction afin que se poursuivent le boom dans la construction et que soient trouvées des solutions à la crise du logement, parallèlement aux budgets sur lesquels nous nous étions mis d’accord avant l’entrée en fonction du gouvernement ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le ministre du Logement Yitzhak Goldknopf, à droite, arrivent à la rencontre hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 27 septembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Les membres du cabinet de Netanyahu se sont fortement opposés à la proposition initiale de budget de guerre du ministère des Finances, qui prévoyait de réduire le budget de l’Éducation de quelque 891 millions de shekels, celui de la Santé de 440 millions de shekels et celui de la Protection et des Affaires sociales de 163 millions de shekels.

Le parti HaMahane HaMamlahti s’est opposé au budget amendé, les ministres Benny Gantz, Gadi Eisenkot, Gideon Saar, Chili Tropper et Yifat Shasha-Biton ont voté contre.

« Des décisions politiquement difficiles qui donneraient un exemple personnel », comme la réduction des salaires des hauts responsables de la fonction publique, « [faciliteraient] la mobilisation du public pour affronter la réalité économique difficile, or elles sont absentes de la proposition de budget présentée au gouvernement », a dit Saar au cabinet.

Après avoir averti que les coupes budgétaires pourraient nuire à l’infrastructure des communications du pays et potentiellement « mettre des vies en danger », le ministre des Communications, Shlomo Karhi (Likud), a également voté contre.

Il a toutefois déclaré, à l’issue de la réunion, que Netanyahu lui avait promis 40 millions de shekels pour la préparation du réseau de télécommunications du pays à des « situations d’urgence » et a annoncé qu’il avait entamé des pourparlers avec le ministère des Finances à ce sujet.

Les critiques de l’opposition

Le parti de Gantz, HaMahane HaMamlahti, a déclaré dans un communiqué que le nouveau budget « ne reflète pas le changement de priorités fondamental nécessaire et ne prend pas en compte les lourdes conséquences de la guerre ».

Il ne prévoit « aucune réduction significative des effectifs des ministères, ni le gel de la loi norvégienne et des salaires des membres de la Knesset, ni une réduction plus importante des fonds de la coalition », a déclaré le parti, qui a rejoint le gouvernement pour aider à la gestion de la guerre.

Le parti Yesh Atid du chef de l’opposition Yair Lapid a également dénoncé le budget comme étant celui d’un « gouvernement en échec », se disant consterné que le budget ne contienne « aucune suppression de bureaux gouvernementaux inutiles et aucune annulation des fonds de la coalition. »

« Au lieu d’approuver un budget qui aide les évacués et les réservistes et qui renforce le sentiment de sécurité, le gouvernement et son chef ont une fois de plus approuvé un budget politique éhonté et irresponsable », a déclaré le parti.

En particulier, le plan actuel ne contient aucune disposition visant à réduire le nombre de ministères, malgré la recommandation du ministère des Finances de fermer dix ministères jugés superflus – dont le ministère des Implantations et des Missions nationales, le ministère de Jérusalem et des Traditions juives et le ministère du Renseignement – afin de combler le déficit du temps de guerre.

Des troupes de la Brigade Kfir opérant à Khan Younès, dans le sud de Gaza, sur une image publiée le 14 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Alors que les législateurs de la Knesset ont approuvé les budgets de l’État pour 2023 et 2024 – totalisant près de 998 milliards de shekels – en mai dernier, le déclenchement de la guerre en octobre a bouleversé les plans budgétaires du gouvernement, obligeant les législateurs à adopter un budget supplémentaire de 28,9 milliards de shekels pour 2023 en décembre, afin de couvrir les coûts des combats en cours contre le Hamas et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, ainsi que les dépenses civiles, telles que l’hébergement des personnes évacuées du nord et du sud du pays.

Le budget amendé de 2023 inclut également des centaines de millions de shekels de fonds de la coalition, qui, selon les professionnels du ministère des Finances, auraient dû être réduits de moitié.

La guerre avec le Hamas – qui a débuté le 7 octobre avec l’assaut transfrontalier du groupe terroriste, durant lequel ils ont tué près de 1 200 personnes, en grande majorité des civils, et pris plus de 240 otages – coûterait à Israël au moins un milliard de shekels par jour.

Israël a affecté des milliards de shekels à l’achat d’armes, au paiement des réservistes de Tsahal, au logement des personnes évacuées et à des mesures visant à renforcer les dispositifs de sécurité civile à l’intérieur d’Israël.

Ces initiatives comprennent 18 milliards de shekels pour la reconstruction et le développement des communautés frontalières de Gaza et un programme d’aide en temps de guerre de 9 milliards de shekels pour les centaines de milliers de soldats de réserve de Tsahal mobilisés à la suite de l’attaque barbare du Hamas le 7 octobre.

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