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La guerre contre le Hamas coûte 1 milliard de shekels par jour et frappe l’économie

Moody's revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2023 et s'attend à une contraction de 1,5 % en 2024, alors que 18 % de la population active manque à l'appel

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Des soldats israéliens près des scènes de destruction dans le kibboutz Kfar Azza, près de la frontière de Gaza, le 10 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Des soldats israéliens près des scènes de destruction dans le kibboutz Kfar Azza, près de la frontière de Gaza, le 10 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Selon une information de l’agence de notation Moody’s fondée sur les premières projections du ministère des Finances, la guerre contre le groupe terroriste du Hamas, qui coûte à Israël au bas mot 1 milliard de shekels par jour, pourrait avoir un impact plus important sur l’économie israélienne que les précédents conflits.

« La gravité des dommages occasionnés à l’économie va dépendre – dans une large mesure – de la durée des combats, mais aussi des perspectives à plus long terme de la sécurité intérieure d’Israël », a déclaré Kathrin Muehlbronner, vice-présidente principale de Moody’s, dans une information rendue publique lundi soir. « Bien que les incertitudes demeurent très importantes, nous pensons que l’impact sur l’économie pourrait être plus grave que lors des précédents épisodes de conflits militaires et de violences. »

Selon de récentes données de l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS), le coût total de la guerre est estimé entre 150 et 200 milliards de shekels, soit environ 10 % du produit intérieur brut. Ce chiffre a été repris par Moody’s, qui a mis le mois dernier la note de crédit – A1 – du gouvernement israélien en suspens en vue d’une révision.

Cette charge financière serait nettement plus élevée que celle des opérations précédentes telles que Bordure protectrice en 2014 ou la deuxième guerre du Liban en 2006, qui ont duré 34 jours et entraîné un coût direct d’environ 9,5 milliards de shekels, soit 1,3 % du PIB, selon Moody’s.

Ces dépenses, de l’ordre de plusieurs milliards de shekels, vont à la défense, pour la poursuite de l’effort de guerre, aux salaires des centaines de milliers de réservistes mobilisés, à l’indemnisation des entreprises touchées par la guerre sans oublier la reconstruction des communautés dévastées par l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre dernier. Par ailleurs, les recettes fiscales devraient s’effondrer en raison de la baisse de la consommation, entre autres.

Les estimations de l’impact économique de la guerre ont incité Moody’s à abaisser ses prévisions de croissance de l’économie israélienne pour cette année à 2,4 %, contre 3 % précédemment. Dans ses perspectives plus pessimistes pour 2024, l’agence de notation dit s’attendre à une contraction de l’ordre d’1,5 % suivie d’une croissance très modérée en 2025.

L’agence de notation Standard & Poor’s a pour sa part déclaré, la semaine dernière, s’attendre à une contraction de l’économie israélienne de l’ordre de 5 % au quatrième trimestre de cette année. S&P estime que l’économie progressera de 1,5 % en 2023 et 0,5 % en 2024, avant la reprise d’une croissance plus rapide – de l’ordre de 5 % – en 2025.

Des réservistes de l’infanterie israélienne lors d’un entraînement aux armes légères dans le nord du plateau du Golan avant de se diriger vers la bande de Gaza, le 8 octobre 2023. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

« L’économie a bien résisté aux chocs des vingt dernières années mais le conflit militaire actuel va mettre à l’épreuve la résilience économique d’Israël », a noté Muehlbronner.

Plus de 200 000 personnes ont été déplacées des communautés situées le long des frontières sud et nord, suite aux atrocités perpétrées le 7 octobre par le Hamas, qui ont coûté la vie à environ 1 200 personnes, dont une majorité de civils. 240 personnes ont aussi été prises en otage.

Israël s’est promis d’éradiquer le régime du Hamas, soutenu par l’Iran, dans la bande de Gaza et de ramener les otages. Pour ce faire, il cible toutes les zones dans lesquelles le groupe opère, tout en faisant en sorte de minimiser les pertes civiles.

L’armée israélienne a mobilisé environ 350 000 réservistes, ce qui perturbe l’activité de milliers d’entreprises dans tout le pays.

L’absence de 18 % de toute la population active israélienne – qu’ils soient dans les rangs de l’armée, fassent partie des populations déplacées, originaires des zones frontalières de Gaza ou soient des parents forcés de garder leurs enfants dans la mesure où les écoles ne fonctionnent que partiellement – met déjà à rude épreuve l’activité des industries manufacturières et du secteur technologique, estime Moody’s.

La dépendance de l’économie israélienne vis-à-vis du secteur technologique s’est considérablement accrue ces dix dernières années, et il contribue désormais à hauteur de 18 % au PIB, contre moins de 10 % aux États-Unis et environ 6 % dans l’UE. Environ 14 % de tous les employés travaillent dans le secteur de la technologie et dans des emplois technologiques dans d’autres secteurs.

L’économie israélienne repose sur les produits de haute technologie et leur exportation, qui représentent près de 50 % des exportations totales, ainsi que sur les taxes y afférentes.

Des voitures incendiées à Kfar Aza, le 16 octobre 2023. (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

« L’industrie de la haute technologie est beaucoup plus diversifiée aujourd’hui, mais ce conflit arrive à un moment difficile pour l’industrie de la haute technologie dans le monde entier. Israël a connu une baisse significative des levées de capitaux cette année par rapport aux deux derniers exercices », a précisé Muehlbronner.

Les coûts importants de la guerre, que ce soit sur le plan civil ou de la défense, et notamment les subventions aux entreprises touchées, qui devraient aspirer près de 0,8 % du PIB jusqu’à fin novembre, devraient avoir un impact « significatif » sur les finances publiques israéliennes, en plus d’une baisse « significative » des recettes fiscales, a averti Moody’s.

L’agence de notation s’attend désormais à ce que le déficit budgétaire se creuse à 3 % du PIB en 2023 et fasse plus que doubler pour atteindre 7 % environ du PIB en 2024. Le déficit budgétaire d’Israël s’est déjà creusé à 2,6 % du PIB en octobre, contre 1,5 % le mois précédent. En 2022, Israël avait enregistré son tout premier excédent budgétaire en 35 ans, de 0,6 % du PIB.

« Une partie des surcoûts budgétaires liés à la défense pourraient être absorbés par la réaffectation d’autres dépenses ou en utilisant les réserves budgétaires (généralement 1 % environ des dépenses totales) », a ajouté M. Muehlbronner. « Nous ne pensons pas que le gouvernement israélien aura des difficultés pour financer des déficits même substantiellement plus élevés, compte tenu de ses sources de financement larges et diversifiées et du fort soutien de la diaspora israélienne. »

Depuis le début de la guerre, Israël a contracté une dette de 30 milliards de shekels, selon les données du ministère des Finances, dont 6 milliards de shekels libellé en dollars, sur les marchés internationaux.

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