Nouvelles images choc dans l’une des principales usines de volailles en Israël
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Nouvelles images choc dans l’une des principales usines de volailles en Israël

Le vétérinaire en formation au ministère, qui a dit avoir vu les employés d'Off HaGalil ramasser les carcasses sur le sol et les remettre dans la ligne de production, a été renvoyé

Des poulets dans des caisses et sur le sol dans une usine de volailles Off Hagalil sur des images diffusées par la Vingtième chaîne, le 2 février 2020. (Capture d'écran)
Des poulets dans des caisses et sur le sol dans une usine de volailles Off Hagalil sur des images diffusées par la Vingtième chaîne, le 2 février 2020. (Capture d'écran)

Des images-choc tournées dans l’une des principales usines de production de volailles du pays, dans la ville de Kiryat Shmona, ont été diffusées lundi.

Une enquête réalisée par la Vingtième chaîne a utilisé des images tournées par un lanceur d’alerte, il y a un mois, montrant des piles de carcasses – un grand nombre jetées au sol – dans une usine d’Off HaGalil (Poulet de Galilée). Sur d’autres images apparaît un inspecteur assis à ne rien faire et qui, visiblement, ne contrôle en rien la production comme son travail l’exige.

Off Hagalil s’est défendu en affirmant que la vidéo représentait faussement ses procédures d’inspection et de supervision.

Le lanceur d’alerte, un vétérinaire d’une unité du ministère de l’Agriculture qui avait été envoyé à l’usine dans le cadre d’une formation pour devenir inspecteur, a depuis été renvoyé.

Il y a cinq ans, le groupe de défense des droits des animaux Animals Now, une organisation à but non-lucratif, avait diffusé une vidéo montrant des employés de la même usine ramasser des carcasses de volaille sur le sol sale avant de les reposer sur la ligne.

« Rien n’a changé », a accusé le reportage. L’usine « continue à mettre en danger la santé des consommateurs de volailles ».

Des carcasses de volailles sur le sol de l’usine Off Hgalil à Kiryat Shemona, dans le nord d’Israël. (Capture d’écran : Vingtième chaîne)

Le lanceur d’alerte a déclaré à l’émission qu’il avait vu une quinzaine ou une vingtaine de carcasses sales ramassées sur le carrelage et replacées parmi 500 poulets en bon état sur la ligne. Des abats et des excréments s’égouttent également sur la courroie de production et certains employés ne portent pas les gants pourtant obligatoires dans le règlement, a-t-il continué.

A Off HaGalil, des volailles qui auraient été rejetées partout ailleurs sont simplement lavées au robinet – ce qui, selon la réglementation, ne contribue qu’à propager d’éventuelles contaminations, a-t-il poursuivi.

Il a accusé l’abattoir de négliger les directives sanitaires pour améliorer ses bénéfices.

Le lanceur d’alerte, dont le nom n’a pas été publié et dont le visage a été flouté, a indiqué que des employés de l’usine, qui y travaillent depuis très longtemps, lui avaient dit que s’il voulait lui-même y travailler, il devait comprendre que « tout n’est pas mis en œuvre à 100 % ici ».

Il travaillait, en réalité, pour le Services vétérinaires et de santé animale, une unité largement indépendante au sein du ministère de l’Agriculture. Il a depuis été renvoyé. Dans un courrier, l’unité a explique que le lanceur d’alerte n’avait pas « suffisamment prouvé les compétences professionnelles et comportementales indispensables pour le poste » en soulignant particulièrement un « comportement inapproprié ».

Il s’est « affairé à faire des photos dans l’usine au lieu de se concentrer sur le plan de travail qui lui avait été donné », a accusé la lettre, et « son comportement l’a rendu inadapté à une fonction plus générale d’inspecteur vétérinaire ».

A titre d’illustration : Des rabbins juifs orthodoxes nettoient des poulets abattus dans une usine de poulets de Jérusalem, le 20 mars 2006, à Jérusalem, Israël. (Paula Bronstein/Getty Images)

Une réponse écrite par le ministère de l’Agriculture et qui a été lue pendant l’émission a indiqué que le vétérinaire venait tout juste de commencer à travailler et qu’il se trouvait en formation, et que les autres vétérinaires qui le formaient n’avaient pas été satisfaits de son travail. Le vétérinaire du district avait été, lui aussi, convaincu de son comportement problématique et il avait estimé qu’il ne saurait pas se montrer à la hauteur des normes élevées des inspections qu’il serait ultérieurement amené à faire. Il avait donc été décidé de mettre un terme à sa période d’essai et de le renvoyer.

Il est difficile de dire si le lanceur d’alerte a tenté de remettre les images tournées à l’abattoir au ministère avant de les confier aux médias.

Interrogée sur la situation et la saleté constatées dans l’usine, l’unité des services vétérinaires et de la santé animale a déclaré au Times of Israel que « les défaillances ont été prises en charge au moment de leur découverte ou peu après ». Les inspecteurs certifiés par le ministère de l’Agriculture continueront à accomplir leur mission de manière professionnelle et à garantir la santé publique, a continué le ministère.

Yuval Samuel, vétérinaire à Tel Aviv, a confié devant les caméras de l’émission, après avoir découvert les images, qu’il n’était guère surpris par ce qu’il avait vu.

« Nous avons connaissance de ce qu’il se passe dans ce type d’usine industrielle, où le désir est d’optimiser les profits. En fin de compte, on porte préjudice au public, c’est nous qui sommes touchés quand nous consommons des viandes contaminées, » a-t-il noté. Il a vivement recommandé aux ministères de l’Agriculture et de la Santé de renforcer leurs efforts de protection de la santé publique.

Une carcasse de volaille contaminée à l’usine Galilee Chicken à Kiryat Shemona, dans le nord d’Israël. (Capture d’écran : Vingtième chaîne)

Off Hagalil a répondu à l’émission, disant que l’usine employait 600 personnes qui travaillaient conformément aux régulations strictes.

L’entreprise a affirmé que les volailles étaient soumises à des processus de nettoyage et de traitement à la machine et à la main, et qu’elles étaient inspectées et contrôlées tout le long de la chaîne de fabrication.

« Un produit qui n’a pas été soumis au processus d’inspection et de supervision, comme l’exigent les règlementations, ne sera pas emballé pour livraison », a-t-elle continué.

Une carcasse de volaille contaminée à l’usine Galilee Chicken à Kiryat Shemona, dans le nord d’Israël. (Capture d’écran : Vingtième chaîne)

Elle a déclaré que le témoignage visuel apporté par le lanceur d’alerte « ne représente pas tous les stades des processus d’inspection et de supervision que traverse le produit jusqu’à son emballage ».

Elle a ajouté que l’usine examinait actuellement les images et qu’elle réfléchissait à porter plainte, notamment pour diffamation « contre le diffamateur ».

Roee Shpernik, à la tête de l’organisation de défense des droits des animaux Glass Walls, a dit à la Vingtième chaîne qu’au vu de la quantité de volailles abattues et emballées, des problèmes sanitaires et de sécurité alimentaire étaient inévitables.

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