Nucléaire iranien : Washington cherche encore sa position
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Nucléaire iranien : Washington cherche encore sa position

"La nouvelle administration américaine a juste commencé et ils étudient ce dossier", a déclaré le chef de l'AIEA

Yukiya Amano, le  directeur de l'AIEA, à Davos en janvier 2013. (Crédit : GPO/Flash90)
Yukiya Amano, le directeur de l'AIEA, à Davos en janvier 2013. (Crédit : GPO/Flash90)

La nouvelle administration américaine n’a pas encore arrêté sa position concernant l’accord nucléaire iranien, vivement critiqué par Donald Trump durant sa campagne, a confié lundi le patron de l’AIEA, Yukiya Amano, après une visite à Washington.

« La nouvelle administration américaine a juste commencé et ils étudient ce dossier », a déclaré à la presse le diplomate japonais en marge d’une réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne.

« Il est encore très prématuré pour eux de se prononcer », a souligné Amano, cinq jours après une première rencontre avec le nouveau chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, jeudi à Washington.

Pendant sa campagne, Trump avait promis de « déchirer » l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), le qualifiant d' »horrible ».

Le président américain Donald Trump et son directeur de cabinet Reince Priebus dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump et son directeur de cabinet Reince Priebus dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

S’il n’a pas réitéré ces propos depuis sa prise de fonctions en janvier, l’hostilité du nouveau président américain envers ce texte suscite l’inquiétude des autres puissances signataires.

Dimanche, le ministre français de l’Economie, Michel Sapin, a prévenu lors d’une visite à Téhéran que l’accord ne pourrait pas être remis en cause « par un tweet », une allusion au moyen de communication prisé par Trump.

Sapin avait par ailleurs pointé « des messages contradictoires » de la part du président américain et de son administration concernant ce dossier et d’autres sujets.

Considéré comme l’un des principaux succès diplomatiques de l’ancien président américain Barack Obama, l’accord nucléaire conclu à Vienne en juillet 2015 est destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales.

Entré en vigueur en janvier 2016, il représente « un net gain en matière de vérification » du programme nucléaire iranien, a relevé lundi Amano, dont l’organe est chargé de superviser le volet technique du dossier.

Le réacteur nucléaire d'Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)
Le réacteur nucléaire d’Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

Selon l’agence onusienne, Téhéran respecte ses engagements à ce jour. Ceux-ci portent notamment sur une stricte limitation de ses capacités nucléaires et sur un contrôle renforcé de l’AIEA.

L’Iran a toujours nié chercher ou avoir cherché à se doter de l’arme atomique, tout en revendiquant son droit à exploiter une filière nucléaire complète.

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