Obama : « Nous sommes tous des Juifs »
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Obama : « Nous sommes tous des Juifs »

Lors de la cérémonie à l'ambassade d'Israël pour les Justes, le président a dit que ce serait un "échec moral fondamental" si les USA rompaient ses liens avec l'Etat juif

Le président Barack Obama pendant une cérémonie de commémoration de la Shoah à l'ambassade d'Israël à Washington, le 27 janvier 2016. (Crédit :: capture d'écran YouTube)
Le président Barack Obama pendant une cérémonie de commémoration de la Shoah à l'ambassade d'Israël à Washington, le 27 janvier 2016. (Crédit :: capture d'écran YouTube)

Le président Barack Obama a prononcé mercredi soir une retentissante dénonciation de l’antisémitisme, et une défense farouche d’Israël, « notre allié, notre ami », lors d’une cérémonie de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste à l’ambassade d’Israël à Washington.

L’engagement de l’Amérique à la sécurité d’Israël « est maintenant et sera inébranlable pour toujours, » a-t-il déclaré. « Ce serait un échec moral fondamental si l’Amérique brisait ce lien. »

Il a déploré que l’antisémitisme soit à nouveau en hausse, avec des familles quittant l’Europe parce qu’elles ne s’y sentent plus en sécurité. « Même si la Shoah est unique, un crime sans équivalent dans l’Histoire, les graines de la haine qui ont mené à la Shoah… ont toujours été avec nous, » a-t-il affirmé.

Le président a assisté à la cérémonie en l’honneur de quatre personnes, dont des Américains vivant maintenant dans l’Indiana et le Tennessee, qui ont risqué leur vie pour protéger des Juifs pendant la Shoah. Il est le premier président en exercice à assister à cette cérémonie.

Des médailles de Justes parmi les Nations ont été décernées à titre posthume aux familles des quatre personnes.

L’ambassadeur Ron Dermer a accueilli Obama à l’événement, décrivant sa présence de « puissant hommage à la mémoire des victimes. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce par satellite un discours à la cérémonie de la Journée internationale de l'Holocauste à l'Ambassade d'Israël à Washington, le 27 janvier 2016 ( Capture d'écran YouTube)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce par satellite un discours à la cérémonie de la Journée internationale de l’Holocauste à l’Ambassade d’Israël à Washington, le 27 janvier 2016 ( Capture d’écran YouTube)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est adressé par satellite à l’assemblée, et a félicité Obama pour son engagement à assurer la sécurité d’Israël.

Des médailles des Justes parmi les nations ont été décernées par l'ambassadeur Ron Dermer et l'ancien grand rabbin d'Israël Yisrael Meir Lau lors d'une cérémonie de commémoration de la Shoah à l'ambassade d'Israël à Washington, le 27 janvier 2016 (Capture d'écran YouTube)
Des médailles des Justes parmi les nations ont été décernées par l’ambassadeur Ron Dermer et l’ancien grand rabbin d’Israël Yisrael Meir Lau lors d’une cérémonie de commémoration de la Shoah à l’ambassade d’Israël à Washington, le 27 janvier 2016 (Capture d’écran YouTube)

Introduisant Obama, le réalisateur Steven Spielberg a parlé de « l’âme juive » d’Obama, comme preuve de son soutien à Israël et de sa dénonciation « de la haine sous toutes ses formes. »

Steven Spielberg parle lors d'une cérémonie de commémoration de la Shoah à l'ambassade d'Israël à Washington, le 27 janvier 2016 (Capture d'écran YouTube)
Steven Spielberg parle lors d’une cérémonie de commémoration de la Shoah à l’ambassade d’Israël à Washington, le 27 janvier 2016 (Capture d’écran YouTube)

Spielberg a déclaré : « Le président fait en sorte que le mot d’ordre ‘Plus jamais’ ne constitue pas un slogan vide. »

Obama a salué les quatre Justes récompensés, « dont le courage est mesuré en vies qu’ils ont sauvées. »

Il a rappelé sa visite au mémorial de Yad Vashem en Israël, et sa visite avec ses filles au musée de l’Holocauste de Washington – « parce que nos enfants doivent connaître ce chapitre de notre histoire, que nous ne devons jamais répéter. »

Les gens sont trop souvent prêts à céder « au désir basique » de blâmer les autres pour leurs luttes, a-t-il ajouté.

‘Nous sommes tous des Juifs, parce que l’antisémitisme est un condensé, l’expression d’un mal qui traverse tant l’Histoire humaine. Et si nous n’y répondons pas, nous ne répondons pas à toute autre forme de mal’

« Nous ne devons pas rester silencieux. Une attaque contre n’importe quelle religion est une attaque contre l’ensemble de nos religions », a dit Obama. « Pour les Américains, en particulier, nous devons comprendre que cela est une attaque contre notre diversité – contre l’idée même que des gens de différentes origines peuvent vivre ensemble et prospérer ensemble.

« Nous sommes tous des Juifs, » a dit le président, « parce que l’antisémitisme est un condensé, l’expression d’un mal qui traverse tant l’histoire humaine. Et si nous n’y répondons pas, nous ne répondons pas à toute autre forme de mal », a-t-il affirmé, en répétant : « Nous sommes tous des Juifs. Nous savons que nous ne serons jamais en mesure d’éliminer la haine de tous les esprits. Nous n’éliminerons pas entièrement le fléau de l’antisémitisme. Mais comme les Justes, nous devons faire tout notre possible ».

Evoquant Israël dans ce contexte, Barack Obama a déclaré : « C’est la raison pour laquelle lorsque des voix dans le monde dérivent de la critique d’une politique israélienne spécifique en un déni injuste du droit d’Israël à exister, et quand Israël est confronté au terrorisme, nous nous levons avec force et fierté pour défendre notre allié, pour défendre notre ami, pour défendre l’Etat juif d’Israël ».

Il a également salué le président israélien Reuven Rivlin pour avoir parlé avec éloquence de tolérance et « d’acceptation parmi tous les Israéliens, juifs et arabes. »

Obama a déclaré que « le mal ne peut prospérer si nous restons les bras croisés, nous sommes appelés à vivre d’une manière qui montre que nous avons effectivement appris les leçons de notre passé … à faire cause commune avec l’étranger, la minorité, que cette minorité soit chrétienne ou juive, qu’elle soit hindoue ou musulmane ou non-croyante, que cette minorité soit native ou migrante, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens. Cela signifie une prise de position contre le fanatisme sous toutes ses formes et le rejet de nos pulsions les plus sombres … »

« Voilà comment nous n’oublierons jamais », a déclaré Obama. « Pas simplement en retenant les leçons de la Shoah dans nos mémoires, mais en les vivant dans nos actions. Comme le livre du Deutéronome nous l’enseigne, » a-t-il dit en hébreu, » la justice, la justice, tu poursuivras. »

« Puisse le souvenir de ces pertes être une bénédiction. Et en tant que nations et en tant qu’individus nous pouvons nous efforcer d’être tous des Justes. Dieu vous bénisse. Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. Dieu bénisse l’Etat d’Israël », a conclu le président.

Ont été reconnus à titre posthume lors de la cérémonie pour avoir protégé des Juifs durant la Shoah Roddie Edmonds, de Knoxville, dans le Tennessee; Lois Gunden de Goshen, dans l’Indiana; et les citoyens polonais Walery et Maryla Zbijewski de Varsovie. Les médailles ont été décernées par Yad Vashem, le centre mondial pour l’éducation et la recherche sur la Shoah basé à Jérusalem.

Chacun a rçcu le titre de Juste parmi les nations, un titre officiel décerné par Yad Vashem au nom d’Israël et du peuple juif à des non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah.

Edmonds, un sergent-chef, avait participé au débarquement des forces américaines en Europe et avait été fait prisonnier par les Allemands. Lorsque les Allemands ont ordonné de denoncer tous les prisonniers de guerre de religion juive, Edmonds a défié l’ordre en trouvant un moyen pour éviter que les prisonniers de guerre juifs soient signalés.

Gunden, une enseignante français, a créé un foyer pour enfants dans le sud de la France qui est devenu un refuge, notamment pour des Juifs qu’elle avait aidés à faire sortir clandestinement d’un camp d’internement à proximité.

Elle a protégé les enfants quand la police française s’est présentée au foyer.

Les Zbijewski ont caché un enfant juif de Varsovie dans leur maison jusqu’à ce que sa mère puisse revenir de déportation.

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