Olmert ne sera pas poursuivi pour divulgation de documents classifiés
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Olmert ne sera pas poursuivi pour divulgation de documents classifiés

Shai Nitzan déclare qu'il n' y a pas matière à ouvrir une enquête criminelle sur les suspicions que l'ancien Premier ministre aurait publié des informations classifiées

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ancien premier ministre Ehud Olmert à la Cour suprême de Jérusalem le 29 décembre 2015. (Photo par Emil Salman/POOL)
L'ancien premier ministre Ehud Olmert à la Cour suprême de Jérusalem le 29 décembre 2015. (Photo par Emil Salman/POOL)

Le ministère public israélien a annoncé mardi qu’il avait clos une enquête préliminaire sur les soupçons selon lesquels l’ancien Premier ministre Ehud Olmert aurait partagé des documents classifiés dans le cadre de la rédaction de ses mémoires et qu’il ne poursuivrait pas l’affaire.

« Le procureur de l’État a décidé, sur la recommandation du procureur général, de ne pas ouvrir d’enquête criminelle sur cette affaire », a déclaré le procureur Shai Nitzan.

Le 18 mai, un des avocats d’Olmert aurait été arrêté par des gardiens de prison avec des documents classifiés appartenant à l’ancien Premier ministre après une visite dans la cellule où l’ex-premier ministre purgeait une peine d’emprisonnement pour fraude et corruption.

Lors d’une fouille de la cellule, les agents de sécurité ont trouvé d’autres documents classifiés.

En conséquence, les forces de l’ordre ont décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur Olmert. L’avocat aurait transporté deux chapitres des mémoires d’Olmert, qu’il écrivait pendant son incarcération.

Les avocats d’Olmert avaient nié les allégations, déclarant que « Olmert n’a rien à prouver concernant son sens des responsabilités sur les questions relatives à la sécurité nationale d’Israël. » Ils ont souligné qu’Olmert avait fourni le livre entier à la censure militaire israélienne il y a deux mois.

« Au-delà du livre, aucun document classifié n’a été envoyé, transféré ou publié par M. Olmert », ont déclaré ses avocats.

Dans son avis juridique publié mardi expliquant la décision de ne pas ouvrir une enquête criminelle, Nitzan a écrit que Olmert a effectivement transmis des documents classifiés à son éditeur que la censure militaire avait interdit de publication.

Les conclusions de l’enquête ont toutefois permis de déterminer que les documents avaient été communiqués de façon normale entre un rédacteur et son éditeur, a déclaré M. Nitzan.

Il n’y avait donc aucune raison de penser qu’Olmert prévoyait de publier ces documents sans les autorisations nécessaires, a-t-il conclu.

Au cours de l’enquête, le ministère public a été critiqué pour avoir autorisé une perquisition de la maison d’édition du Yedioth Aharonoth, dans laquelle la police a saisi, en plus des mémoires d’Olmert, des documents de deux autres manuscrits – l’un de l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon et une biographie du Premier ministre Benjamin Netanyahu par le célèbre journaliste Ben Caspit.

Dans une déclaration très inhabituelle publiée en juin 2017, le ministère de la Justice a nié toute intention malfaisante lors de la perquisition chez l’éditeur des mémoires d’Ehud Olmert, et a déclaré qu’il ne tiendrait pas compte de toute information saisie qui ne soit pas liée à la divulgation présumée par l’ancien Premier ministre emprisonné d’informations confidentielles pour le livre.

M. Olmert, qui a été Premier ministre de 2006 à 2009, a été libéré de prison le 2 juillet 2017, après avoir purgé 16,5 mois d’une peine de 19 mois pour abus de confiance et corruption dans deux condamnations distinctes de corruption.

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert quitte la prison de Ramle à Ma’asiyahu le 2 juillet 2017, après sa libération. (Hadas Parush/Flash90)

Il a été l’un des huit anciens fonctionnaires et hommes d’affaires condamnés en mars 2014 dans l’affaire de corruption immobilière à Holyland, considérée comme l’une des plus importantes affaires de corruption immobilière de l’histoire d’Israël.

Il a été condamné en 2014 à six ans de prison pour deux chefs d’accusation pour avoir accepté des pots-de-vin au début des années 2000, alors qu’il était maire de Jérusalem. Cette peine a été réduite à 18 mois après l’annulation par la Cour suprême d’une de ses condamnations en appel.

En septembre 2016, Olmert a été condamné à huit mois de prison supplémentaires pour l’affaire dite Talansky. Dans cette affaire, un tribunal a confirmé une condamnation de 2015 pour avoir accepté des enveloppes remplies d’argent liquide de l’homme d’affaires et collecteur de fonds américain Morris Talansky en échange de faveurs politiques pendant son mandat de dix ans comme maire de 1993 à 2003.

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