ONU : Israël loue le discours de Trump ; les Palestiniens le condamnent
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ONU : Israël loue le discours de Trump ; les Palestiniens le condamnent

Liberman qualifie l’ONU de "club des hypocrites" ; Erekat affirme que les remarques du président américain "ferment les portes à la paix"

Le président américain Donald Trump s'adresse aux médias en compagnie de l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, à leur arrivée à l'Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre 2018, à New York. (Stephanie Keith / Getty Images / AFP)
Le président américain Donald Trump s'adresse aux médias en compagnie de l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, à leur arrivée à l'Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre 2018, à New York. (Stephanie Keith / Getty Images / AFP)

Les responsables israéliens ont salué mardi le discours du président américain Donald Trump devant l’Assemblée générale de l’ONU, tandis que les Palestiniens et les Juifs américains critiques à l’égard de l’administration en place l’ont dénoncé comme étant nuisible.

Dans son discours, Trump a exhorté la communauté internationale à isoler l’Iran et défendu les mesures prises par son gouvernement – comme quitter le Conseil des droits de l’homme, transférer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem et rejeter le « mondialisme » en faveur du « patriotisme ».

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré que, depuis longtemps, aucun dirigeant international n’avait aussi bien compris le Moyen-Orient.

« Nous avons assisté à un discours impressionnant du président des États-Unis, Donald Trump, au club des hypocrites, surnommé les ‘Nations unies’ », a tweeté Liberman.

« Depuis des années, il n’y avait pas eu de leader dans le monde qui comprenne à la fois le Moyen-Orient, traite de la menace iranienne et établit des lignes rouges pour [le président syrien] Bachar al-Assad », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il espérait que les autres dirigeants internationaux « écouteront et intérioriseront » le discours de Trump.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman prend la parole lors de l’ouverture de l’exposition de Tsahal à Tel Aviv, le 20 septembre 2018. (Yossi Zeliger / Flash90)

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a déclaré dans un communiqué que « le président prouvait à nouveau que les États-Unis se trouvaient du bon côté de l’histoire ».

« Tout en se tenant du côté d’Israël dans la lutte pour la stabilité au Moyen-Orient, les États-Unis conduisent les Nations unies dans une nouvelle ère qui met fin à leur obsession d’Israël et repousse le régime iranien », a-t-il ajouté.

J Street, groupe juif américain critique, a condamné Trump pour sa « rhétorique belliqueuse et extrême » et pour avoir défendu un « agenda dangereux » sur le conflit israélo-palestinien.

Trump a « remplacé l’engagement de notre nation envers le leadership mondial, la diplomatie et les droits de l’homme par l’agression, l’intimidation et l’ultranationalisme », a affirmé le président de J Street, Jeremy Ben Ami, dans un communiqué.

« S’attaquant à la diplomatie et à la coopération internationale, cette administration nous conduit sur la voie d’un conflit armé avec l’Iran », a-t-il ajouté, appelant le Congrès américain à « restreindre » le président.

« En ce qui concerne l’accord nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien, le président poursuit l’agenda dangereux de son cabinet de guerre et de ses soutiens politiques d’extrême droite, tout en mettant en péril les intérêts et la sécurité des États-Unis et d’Israël », a conclu Ben Ami.

Saeb Erekat s’entretient avec des journalistes suite à une rencontre entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie Abdullah II, au palais royal d’Amman, en Jordanie, le 29 janvier 2018. (Khalil Mazraawi, Pool via AP)

Saeb Erekat, le principal négociateur de paix palestinien, a déclaré que le discours de Trump avait « fermé les portes à la paix », citant le commentaire du président selon lequel la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël était une reconnaissance de « faits évidents ».

« Ce que son administration a fait et continue à faire, c’est de récompenser et d’encourager les violations du droit international, de la colonisation, des crimes de guerre et d’apartheid », a déclaré Erekat dans un communiqué.

« La réalité aujourd’hui, c’est qu’en raison des décisions unilatérales pro-israéliennes de l’administration américaine, la paix entre Palestiniens et Israéliens a déraillé », a-t-il ajouté.

Erekat a déclaré que la paix était un « besoin réel » pour les Palestiniens et les Israéliens, et a appelé à une solution à deux États basée sur les frontières de 1967 avec une capitale palestinienne à Jérusalem-Est.

Nabil Abu Rudeinah, porte-parole du dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a également critiqué le discours de Trump, affirmant qu’il « envenimait les conflits et éloignait les chances de parvenir à la paix ».

Il a également critiqué les commentaires de Trump au sujet de Jérusalem, déclarant que la ville « resterait la capitale de l’État de Palestine… qu’on le veuille ou non ».

Eric Cortellessa et Adam Rasgon ont contribué à cet article.

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