ONU : Israël loue le discours de Trump ; les Palestiniens le condamnent
Liberman qualifie l’ONU de "club des hypocrites" ; Erekat affirme que les remarques du président américain "ferment les portes à la paix"

Les responsables israéliens ont salué mardi le discours du président américain Donald Trump devant l’Assemblée générale de l’ONU, tandis que les Palestiniens et les Juifs américains critiques à l’égard de l’administration en place l’ont dénoncé comme étant nuisible.
Dans son discours, Trump a exhorté la communauté internationale à isoler l’Iran et défendu les mesures prises par son gouvernement – comme quitter le Conseil des droits de l’homme, transférer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem et rejeter le « mondialisme » en faveur du « patriotisme ».
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a déclaré que, depuis longtemps, aucun dirigeant international n’avait aussi bien compris le Moyen-Orient.
« Nous avons assisté à un discours impressionnant du président des États-Unis, Donald Trump, au club des hypocrites, surnommé les ‘Nations unies’ », a tweeté Liberman.
« Depuis des années, il n’y avait pas eu de leader dans le monde qui comprenne à la fois le Moyen-Orient, traite de la menace iranienne et établit des lignes rouges pour [le président syrien] Bachar al-Assad », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il espérait que les autres dirigeants internationaux « écouteront et intérioriseront » le discours de Trump.
L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a déclaré dans un communiqué que « le président prouvait à nouveau que les États-Unis se trouvaient du bon côté de l’histoire ».
« Tout en se tenant du côté d’Israël dans la lutte pour la stabilité au Moyen-Orient, les États-Unis conduisent les Nations unies dans une nouvelle ère qui met fin à leur obsession d’Israël et repousse le régime iranien », a-t-il ajouté.
J Street, groupe juif américain critique, a condamné Trump pour sa « rhétorique belliqueuse et extrême » et pour avoir défendu un « agenda dangereux » sur le conflit israélo-palestinien.
Trump a « remplacé l’engagement de notre nation envers le leadership mondial, la diplomatie et les droits de l’homme par l’agression, l’intimidation et l’ultranationalisme », a affirmé le président de J Street, Jeremy Ben Ami, dans un communiqué.
« S’attaquant à la diplomatie et à la coopération internationale, cette administration nous conduit sur la voie d’un conflit armé avec l’Iran », a-t-il ajouté, appelant le Congrès américain à « restreindre » le président.
« En ce qui concerne l’accord nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien, le président poursuit l’agenda dangereux de son cabinet de guerre et de ses soutiens politiques d’extrême droite, tout en mettant en péril les intérêts et la sécurité des États-Unis et d’Israël », a conclu Ben Ami.
Saeb Erekat, le principal négociateur de paix palestinien, a déclaré que le discours de Trump avait « fermé les portes à la paix », citant le commentaire du président selon lequel la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël était une reconnaissance de « faits évidents ».
« Ce que son administration a fait et continue à faire, c’est de récompenser et d’encourager les violations du droit international, de la colonisation, des crimes de guerre et d’apartheid », a déclaré Erekat dans un communiqué.
« La réalité aujourd’hui, c’est qu’en raison des décisions unilatérales pro-israéliennes de l’administration américaine, la paix entre Palestiniens et Israéliens a déraillé », a-t-il ajouté.
Erekat a déclaré que la paix était un « besoin réel » pour les Palestiniens et les Israéliens, et a appelé à une solution à deux États basée sur les frontières de 1967 avec une capitale palestinienne à Jérusalem-Est.
Nabil Abu Rudeinah, porte-parole du dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a également critiqué le discours de Trump, affirmant qu’il « envenimait les conflits et éloignait les chances de parvenir à la paix ».
Il a également critiqué les commentaires de Trump au sujet de Jérusalem, déclarant que la ville « resterait la capitale de l’État de Palestine… qu’on le veuille ou non ».
Eric Cortellessa et Adam Rasgon ont contribué à cet article.







