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Orbach reporte le processus de dissolution de la Knesset à lundi

Le député Yamina rebelle veut veut donner une chance à un gouvernement alternatif ; la dissolution devrait se terminer la semaine prochaine - à une date indéterminée

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le député de Yamina Nir Orbach lors d'une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député de Yamina Nir Orbach lors d'une réunion de la commission des Arrangements à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Même si la Knesset a approuvé le premier des quatre votes de dissolution volontaire du parlement, mercredi, le député rebelle Yamina va mettre un coup d’arrêt au processus jusqu’à lundi afin de donner au Likud, actuellement dans l’opposition, le temps pour former un gouvernement d’alternance et pour éviter ainsi des élections anticipées.

Il faut qu’une loi soit adoptée pour pouvoir dissoudre la Knesset – et si une législation a déjà été présentée et approuvée mercredi lors d’un vote préliminaire, elle doit encore être réexaminée par une commission à deux reprises et suivre une procédure qui consiste en trois lectures supplémentaires en séance plénière, des lectures suivies d’un vote, avant d’être définitivement approuvée. Or, son prochain arrêt est prévu devant la Commission intérieure du Parlement qui est présidée par Orbach. En refusant de convoquer la Commission avant lundi prochain, Orbach reporte ainsi le premier réexamen de la loi, indispensable avant sa prochaine présentation devant le Parlement dans le cadre de la procédure obligatoire.

Une fois que la Commission intérieure se sera réunie, lundi, la coalition devra envoyer le projet de loi sur la dissolution devant la Commission – plus favorable – de la Constitution, du droit et de la Justice, qui est dirigée par le député Travailliste Gilad Kariv, pour un réexamen accéléré. La dissolution du Parlement pourrait être finalisée dès lundi, mais la procédure pourrait aussi durer plus longtemps et n’aboutir qu’à la fin de la semaine prochaine.

Lundi dernier, le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid ont annoncé qu’ils avaient pris la décision de dissoudre la Knesset, renvoyant aux urnes les Israéliens pour le cinquième cycle électoral en l’espace de trois ans et demi. Bennett et Lapid avaient annoncé avoir « épuisé » les possibilités de stabiliser la coalition au pouvoir en difficulté depuis qu’elle était devenue minoritaire.

Orbach avait été le dernier législateur à quitter la coalition, disant dans sa lettre de démission qu’il œuvrerait à former un gouvernement d’alternance de droite en mobilisant les députés qui siègent actuellement au parlement. Même si d’autres membres de l’opposition et issus du parti Yamina s’efforcent activement de mettre en place une nouvelle coalition de droite, il semble improbable qu’ils parviennent à réunir les 61 députés nécessaires pour remplacer le gouvernement.

Mercredi, la ministre de l’Intérieur et la partenaire politique de Bennett depuis une décennie, Ayelet Shaked, a indiqué être prête à siéger dans une coalition placée sous l’autorité du Likud. Shaked est toutefois dans l’incapacité d’ajouter pour le moment son siège à ceux appartenant au bloc de l’opposition, qui en occupe aujourd’hui 55. La Loi norvégienne, adoptée à la Knesset, a permis à Shaked de quitter Parlement lorsqu’elle a pris son poste ministériel. Elle pourrait faire son retour en démissionnant de sa fonction de ministre de l’Intérieur, mais cela nécessiterait une période d’attente de 48 heures.

La ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, à son arrivée pour une réunion du Conseil des ministres à Jérusalem, le 15 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

C’est un pari : si Shaked et l’opposition peuvent rassembler un soutien suffisant pour former un nouveau gouvernement alors l’initiative aura été judicieuse. Mais si l’opposition ne parvient pas à remplacer le gouvernement avant que la dissolution ne soit finalisée, alors Shaked perdra l’opportunité de rester à la tête du ministère de l’Intérieur pour la période intermédiaire qui mène jusqu’au prochain scrutin et qui devrait durer jusqu’au mois de novembre au plus tôt.

Shaked et les membres de Yamina, à l’exclusion de Bennett, pourraient représenter jusqu’à quatre sièges et les candidats susceptibles de permettre à une nouvelle coalition de se mettre en place en atteignant la barre nécessaire de 61 parlementaires sont les députés du parti Tikva Hadasha, de Gideon Saar, et de Kakhol lavan, de Benny Gantz.

De son côté, mardi, Gantz a expliqué que Netanyahu avait perdu sa confiance, indiquant qu’il appelait pour sa part à « un large gouvernement d’unité » après le scrutin.

« Netanyahu a utilisé le crédit politique dont il bénéficiait et il n’y a donc rien à dire à ce sujet », a déclaré Gantz en répondant aux journalistes qui l’interrogeaient sur la possibilité qu’il se rallie au leader du Likud dans le cadre d’un gouvernement alternatif ou après les prochaines élections.

Tikva Hadasha aurait été en pourparlers avec le Likud au début du mois, mais les contacts auraient été rompus suite au blocage par l’opposition d’un projet de loi déterminant qui permettait de renouveler une mesure prévoyant de placer les résidents d’implantation de Cisjordanie sous la protection d’une partie du droit israélien.

Des informations ont laissé entendre qu’une place garantie sur la liste du Likud aurait été promise à Orbach en échange de sa rébellion contre la coalition. Lundi, Lapid a affirmé qu’un tel arrangement était « illégal » et qu’une enquête serait ouverte en conséquence. Mardi, Netanyahu a indiqué qu’il lui restait un certain nombre de places sur la liste à offrir et qu’il « prendrait en compte » le fait que des législateurs comme Orbach « ont su rester loyaux à leur idéologie ».

Le scrutin devrait avoir lieu à la fin du mois d’octobre ou au début du mois de novembre, probablement le 1er novembre.

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