Rechercher

Pas d’interférence étrangère concernant le mont du Temple, dit Bennett

Les propos du Premier ministre surviennent alors qu'Abbas, le chef de Raam, a conditionné sa réintégration dans la coalition à des entretiens sur le lieu saint avec la Jordanie

La police israélienne accompagne un groupe de juifs en visite sur le Mont du Temple, alors que le lieu saint de Jérusalem a été rouvert aux visiteurs non-musulmans, le 5 mai 2022. (Crédit: Ahmad Gharabli/AFP)
La police israélienne accompagne un groupe de juifs en visite sur le Mont du Temple, alors que le lieu saint de Jérusalem a été rouvert aux visiteurs non-musulmans, le 5 mai 2022. (Crédit: Ahmad Gharabli/AFP)

Le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré dimanche qu’Israël prendrait ses propres décisions concernant Jérusalem et le Mont du Temple sans accepter d’interférence étrangère, une référence apparente faite aux déclarations du leader du parti Raam, Mansour Abbas.

« Toutes les décisions concernant le Mont du Temple et Jérusalem seront prises par le gouvernement israélien, souverain sur le site, et sans aucune considération étrangère », a dit Bennett lors du lancement de la réunion hebdomadaire du cabinet.

« Nous rejetons très certainement toute interférence étrangère dans les décisions du gouvernement israélien », a ajouté Bennett.

« Bien sûr, l’État d’Israël continuera à conserver une attitude respectueuse à l’égard de toutes les religions à Jérusalem », a poursuivi le Premier ministre. « Jérusalem est la capitale unifiée d’un seul et unique État – la capitale de l’État d’Israël. »

Abbas, dont le parti a suspendu sa participation à la coalition depuis trois semaines dans un contexte de tensions sur le Mont du Temple, a écrit samedi sur Facebook que le futur rôle de sa formation dans le gouvernement serait déterminé par les entretiens qui se tiendraient dans le cadre d’une commission conjointe, formée de responsables israéliens et jordaniens.

« La position de Raam dans la coalition, en ce qui concerne la mosquée al-Aqsa bénie, se basera sur les résultats des rencontres conjointes et internationales entre Israéliens et Jordaniens », a dit Abbas dans sa publication.

« Les dirigeants de la coalition – le Premier ministre [Bennett] et le Premier ministre d’alternance [Yair Lapid] — ont été informés de ce positionnement à la fois clair et définitif », a-t-il précisé.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett à la réunion hebdomadaire de cabinet à Jérusalem, le 8 mai 2022. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Un responsable du mouvement islamique a fait savoir au Times of Israel que Raam avait poussé cette nouvelle commission conjointe à résoudre les problèmes brûlants en suspens au mont du Temple, comme la réduction de la présence policière israélienne et l’élargissement de l’autorité du Waqf, l’instance qui administre le site sous la tutelle de la Jordanie.

Selon cet officiel, la commission a été imaginée par Raam en collaboration avec le souverain jordanien pendant les visites effectuées, ces dernières semaines, par Abbas à Amman.

Les propos de Bennett sur le Mont du Temple ont été vivement critiqués par un haut-responsable de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, qui a évoqué « une violation du droit international ».

« Ces propos ne reconnaissent pas le statu quo historique et ils contreviennent à la tutelle hachémite jordanienne des lieux saints de Jérusalem », a déclaré al-Sheikh qui est l’un des plus proches conseillers du président de l’AP, Mahmoud Abbas.

Ce complexe, situé dans la Vieille Ville, est le site le plus saint du judaïsme et la mosquée al-Aqsa, qui se dresse au sommet du Mont du Temple, est le troisième sanctuaire le plus sacré de l’Islam.

C’est la Jordanie qui supervise ce site sensible par le biais du contrôle exercé par le Waqf islamique, qui administre les lieux.

Les tensions, sur le Mont du Temple, ont entraîné des affrontements violents, ces dernières semaines, des pressions croissantes de la part des alliés de l’État juif et des menaces de la part des terroristes du Hamas, accentuant également la crise qui ébranle actuellement la coalition israélienne au pouvoir.

Le leader de Raam, le député Mansour Abbas, lors de la conférence de l’INSS à Tel Aviv, le 11 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Le mois dernier, Raam avait annoncé suspendre temporairement son intégration dans la coalition et à la Knesset suite aux pressions croissantes entraînées par les heurts ayant opposé Palestiniens et policiers sur le mont du Temple.

Une décision qui avait été largement déclarative, le parlement israélien étant en congé à ce moment-là. Toutefois, cette suspension sera encore en vigueur quand la Knesset lancera lundi sa session d’été.

Lors de la réunion du cabinet, Bennett a aussi évoqué la capture de deux Palestiniens soupçonnés d’avoir commis l’attentat terroriste meurtrier qui a eu lieu, la semaine dernière, à Elad.

« Nous avions dit que nous retrouverions ces terroristes et nous l’avons fait », a dit le Premier ministre, qui a remercié les forces de sécurité et encore une fois transmis ses condoléances aux familles des trois hommes qui sont morts au cours de cette attaque au couteau et à la hache.

Selon le site d’information Ynet, l’un des deux terroristes a laissé un testament où il a écrit vouloir commettre l’attentat « pour tout le mal qui a été fait au mont du Temple ».

Dans un discours prononcé la semaine dernière, le leader du Hamas, Yahya Sinwar, a menacé Israël de conséquences violentes si les Israéliens devaient continuer à se rendre sur le mont du Temple.

Selon le statu quo mis en place, les Juifs peuvent aller visiter le Mont du Temple mais ils n’ont pas le droit d’y prier. Toutefois, ces dernières années, il y a eu de multiples incidents de Juifs priant sur le Mont du Temple alors que les forces de sécurité détournaient apparemment le regard.

Les Palestiniens et les forces de sécurité se sont affrontés de manière répétée sur le mont du Temple, au cours des dernières semaines. Des violences qui ont rappelé les incidents survenus l’année passée, quand des échauffourées sur le site avaient aidé à entraîner une guerre d’onze jours qui avait opposé Israël et les groupes terroristes de Gaza, avec à leur tête le Hamas.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...