Peres, hommage deux ans après la mort du visionnaire
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Peres, hommage deux ans après la mort du visionnaire

Le plus jeune passager de la prise d’otage d’Entebbe rend hommage au rôle du dirigeant défunt dans l’organisation de l’opération : "Grâce à vous, j’ai fondé une famille".

Tzvia Walden, fille du président israélien Shimon Peres lors de la cérémonie d'Etat des funérailles de son père sur le mont Herzl, à Jerusalem, le 30 septembre 2016 (Crédit :  Miriam Alster/Flash90)
Tzvia Walden, fille du président israélien Shimon Peres lors de la cérémonie d'Etat des funérailles de son père sur le mont Herzl, à Jerusalem, le 30 septembre 2016 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Vendredi, les intervenants à la cérémonie du souvenir marquant le deuxième anniversaire de la mort de Shimon Peres, neuvième président d’Israël et Premier ministre du pays pendant deux mandats, ont salué le défunt leader comme un homme qui cherchait à unir le pays, qui a lutté pour le pays et a cherché à renforcer le caractère moral de l’état juif.

Peres rêvait de « l’image d’un État avant qu’il ne soit fondé et, ensuite, il est devenu l’un de ses meilleurs fondateurs et l’un de ses principaux visionnaires », a déclaré le président Reuven Rivlin, qui s’est exprimé à l’événement organisé au mont Herzl de Jérusalem, où Peres est enterré dans la partie réservée aux grands dirigeants de la nation.

« Certains se demandent à quel point notre pays appartient à tout le monde, à quel point il est bon pour tout le monde, à quel point il veut vraiment de tous ses citoyens, a poursuivi Rivlin. Mais Peres a « toujours [su comment expliquer] à quel point nous sommes tous connectés les uns aux autres, et à quel point nous sommes responsables les uns des autres ».

Le chef de l’armée israélienne Gadi Eizenkot et le président de l’Agence juive Isaac Herzog étaient également présents à l’événement, qui était organisé par le Centre Peres pour la Paix.

« Vous êtiez tellement optimiste, a déclaré Rivlin au sujet de Peres. Continuez à montrer notre bon côté [au monde], continuez à être un modèle pour nous tous ».

Peres, lauréat du Prix Nobel qui a aussi été Premier ministre à deux reprises, s’est éteint il y a deux ans, le 28 septembre 2016 à l’âge de 93 ans. Peres a souvent été impopulaire dans le pays en tant que politicien, mais a transformé son image après être devenu président, entrant parfaitement dans le costume du chef d’état sage.

Shimon Peres au Centre Peres pour la Paix, à Tel Aviv, le 27 juillet 2015. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Tout au long de son existence, Peres a consacré beaucoup de ses efforts à promouvoir la coexistence et à trouver une solution au conflit israélo-palestinien. Dans le même temps, il était un homme clef pour les questions de défense et de sécurité. Il a d’ailleurs organisé certaines des opérations militaires et stratégiques les plus importantes d’Israël.

Dans une carrière qui s’étale sur sept décennies, Peres a occupé presque toutes les fonctions majeures au sein du gouvernement, servant pendant deux mandats en tant que Premier ministre pour finir par être président d’Israël de 2007 à 2014.

Peres était ministre de la Défense lors du raid du 4 juillet 1976 à Entebbe, dans lequel l’armée israélienne a secouru les otages retenus depuis le 27 juin 1967 par des terroristes palestiniens qui avaient piraté un avion d’Air France parti de Tel Aviv et à destination de Paris. L’avion avait été détourné vers l’Ouganda, où les preneurs d’otage ont été accueillis par le dictateur Idi Amin. A l’époque, Yitzhak Rabin, le rival de Peres au parti Travailliste, était le Premier ministre.

Shai Gross, le plus jeune otage à Entebbe pendant l’opération, s’est exprimé lors de l’événement de vendredi. « J’avais six ans à l’époque, et aujourd’hui, je suis ici grâce à un homme courageux, Shimon Peres, et je veux le remercier », a déclaré Gross.

« Grâce à vous, j’ai fondé une famille et mon plus jeune fils qui vous aimait tellement sert aujourd’hui dans l’une des unités commando de Tsahal. Grâce à vous, j’ai pu être un ambassadeur de la société israélienne dans de nombreux forums, et parler de l’incroyable courage dont vous et Yitzhak Rabin aviez fait preuve dans cette opération ».

« Il n’y a pas assez de mots pour décrire la force du courage, l’audace de la décision, l’application impressionnante de l’opération pour sauver des Juifs et Israéliens où qu’ils soient. Je fais tout ce que je peux pour être un témoignage vivant de cet acte héroïque, a-t-il dit. Votre leadership nous manque tellement aujourd’hui, particulièrement aujourd’hui ».

Shimon Peres lors d’un événement de la journée d’indépendance israélienne le 2 mai 1960 (Crédit : Archives du ministère de la Défense)

Pour beaucoup, Peres est l’homme des Accords de paix d’Oslo, pour lesquels il a reçu son Prix Nobel de la Paix, et son Centre pour la Paix éponyme, qui promeut le dialogue et les opportunités pour les Israéliens et les Palestiniens.

Bien avant son rôle dans les négociations d’Oslo, Peres était déjà connu comme un architecte du programme nucléaire d’Israël. On pense maintenant que le pays est le seul à disposer de l’arme nucléaire au Moyen-Orient, même s’il ne l’a jamais reconnu.

Quand il était dans sa trentaine, pendant les années 1950, Peres a joué un rôle clef dans l’obtention par Israël de capacités nucléaires à la demande du premier Premier ministre d’Israël de l’époque, David Ben-Gurion. Il a conclu un accord secret avec la France qui a conduit à la construction d’un réacteur nucléaire à Dimona.

Selon l’Initiative sur la menace nucléaire basée aux Etats-Unis, Israël aurait maintenant produit assez de plutonium militaire à Dimona pour disposer entre 100 et 200 ogives nucléaires.

« [Peres] a inlassablement répété que la force d’Israël se trouve dans son respect de chaque personne créée à l’image [de Dieu], a déclaré Zvia Walden, le fille du président défunt, selon le site d’information Walla. Il a montré la même capacité d’implication dans ses efforts pour construire le réacteur [nucléaire de Dimona] que pour établir des institutions qui ont aidé à garantir le futur de ceux qui étaient destinés à gérer ces grandes difficultés ».

Peu après la mort de Peres, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé que l’installation nucléaire de Dimona serait renommée en l’honneur du président disparu.

Il y a deux ans, l’enterrement de Peres avait attiré des dizaines de dirigeants étrangers, y compris le président de l’Autorité palestinienne, les présidents américains Barack Obama et Bill Clinton, avec une délégation américaine composée de 33 personnes qui a fait un arrêt de six heures en Israël pour la cérémonie.

Bill Clinton, le 30 septembre 2016 (crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)
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