Pezeshkian : l’Iran ne renoncera pas à ses programmes nucléaires et balistiques
Le président iranien a déclaré qu'il était inacceptable que les États-Unis formulent des exigences puis "nous bombardent quand bon leur semble", ajoutant que Téhéran cherche la paix

Le président iranien Masoud Pezeshkian a indiqué, dans la journée de vendredi, que l’Iran recherchait la paix, mais que le pays ne se laissera pas contraindre à abandonner ses programmes nucléaires et balistiques, ont rapporté les médias d’État.
Des propos qui ont fait suite à la déclaration qui a été faite jeudi par le président américain Donald Trump, qui a affirmé que Téhéran avait demandé la levée des sanctions américaines.
« Nous sommes prêts à mener des négociations dans le cadre international, mais pas si on nous dit que nous ne pouvons pas avoir de science au niveau nucléaire ou que nous ne pouvons pas avoir le droit de nous défendre avec des missiles, parce qu’on nous bombardera, le cas échéant », a dit Pezeshkian. « Nous voulons vivre dans ce monde en paix et en sécurité, mais sans être humiliés, et il est inacceptable que ces gens nous imposent tout ce qu’ils veulent et que nous nous contentions de nous mettre à leur service ».
« Ils fournissent des armes à Israël tout en nous disant de ne pas avoir de missiles pour nous défendre et ensuite, ils nous bombardent quand ils le veulent », a-t-il ajouté, faisant apparemment référence aux États-Unis, qui avaient bombardé trois installations nucléaires iraniennes pendant la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, au mois de juin dernier. Dimanche dernier, Pezeshkian a également promis de reconstruire les installations avec « plus de force ».
La guerre, qui avait commencé lorsque Israël a frappé, le 13 juin, les chefs militaires et les installations nucléaires et balistiques iraniennes, était survenue alors que l’Iran et les États-Unis s’apprêtaient à tenir leur sixième cycle de négociations sur le nucléaire, qui avait débuté au mois d’avril.
Au cours de ces négociations – qui ont depuis été suspendues – les États-Unis avaient exigé que l’Iran cesse tout travail d’enrichissement d’uranium, ce que Téhéran avait refusé. Alors que la réublique islamique, dont les dirigeants ont juré de détruire Israël, nie chercher à se doter d’armes nucléaires, elle a accumulé de l’uranium enrichi à un niveau supérieur à celui qui serait nécessaire à un usage civil et à deux doigts seulement du niveau requis pour la fabrication d’armes.
Dans l’intervalle, les sanctions de l’ONU ont été réimposées à l’Iran au mois de septembre après l’expiration de l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015, le JCPOA. Des sanctions qui ont suivi les mesures de « pression maximale » que Trump, qui s’était retiré de l’accord en 2018, a rétablies contre l’Iran après son retour à la Maison Blanche en janvier.
Jeudi, Trump a affirmé que l’Iran avait demandé si les États-Unis pouvaient lever leurs sanctions.
« L’Iran a demandé si les sanctions pouvaient être levées. L’Iran est soumis à des sanctions américaines très lourdes, ce qui rend très difficile pour eux de faire ce qu’ils aimeraient faire », a déclaré Trump aux journalistes à la Maison Blanche, jeudi dans la soirée.
« Je suis ouvert à cette idée et nous verrons ce qui se passera, mais je serais disposé à l’accepter », a-t-il ajouté.
La mission iranienne auprès des Nations unies à New York n’avait pas répondu à une demande de commentaires sur les propos de Trump au moment de l’écriture de cet article. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré lundi que la coopération avec les États-Unis était impossible tant que Washington continuerait à soutenir Israël, à maintenir des bases militaires et à s’ingérer au Moyen-Orient.
Jacob Magid a contribué à cet article.







