PME et travailleurs indépendants menacent l’“anarchie” si un bouclage est imposé
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PME et travailleurs indépendants menacent l’“anarchie” si un bouclage est imposé

Lors d'un point presse à Tel Aviv, les entrepreneurs ont demandé une "indemnisation anticipée" ; le confinement lors des prochaines fêtes coûtera 13,6 MDS de NIS à l'économie

Des travailleurs indépendants et des responsables de jardins d'enfants participent à un rassemblement pour réclamer le soutien financier du gouvernement israélien à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des travailleurs indépendants et des responsables de jardins d'enfants participent à un rassemblement pour réclamer le soutien financier du gouvernement israélien à Jérusalem, le 19 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les petites entreprises et les travailleurs indépendants menacent d' »anarchie » et affirment que si le gouvernement décide d’imposer un bouclage complet de l’économie, comme prévu dans les prochaines semaines, ils garderont leurs entreprises ouvertes à moins qu’on ne leur promette une compensation financière anticipée.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv mercredi, Roee Cohen, le président de la Israel Federation of Small Business Organizations [Fédération israélienne des organisations de petites entreprises], a déclaré qu’“un nouveau bouclage serait une condamnation à mort pour les entreprises » et que le gouvernement avait « perdu depuis longtemps sa légitimité aux yeux du public”, y compris le secteur des affaires.

« Je doute que les chefs d’entreprise obéissent aux instructions du gouvernement et ferment leurs portes une fois de plus », a-t-il déclaré. « Malheureusement, cette fois, cela ne se produira pas. Nous nous dirigeons vers l’anarchie. Nous avons des enfants dont nous devons nous soucier et des bouches à nourrir » et, en fin de compte, « ce sont eux que nous aurons sous les yeux, et non les amendes » imposées par les inspecteurs. « La peur de ne pas avoir de pain sur la table est plus grande et plus réelle que la peur d’être contaminé par le coronavirus ».

Israël pourrait bientôt revenir à un confinement national complet pendant plus d’un mois, avec des taux de contamination de coronavirus qui montent en flèche, selon des rapports citant des commentaires faits mardi soir lors d’une vidéoconférence avec de hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et des directeurs d’hôpitaux.

Roee Cohen, président de la Fédération israélienne des organisations de petites entreprises, s’exprimant lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 septembre 2020. (Autorisation)

Les chefs de petites entreprises et les travailleurs indépendants en Israël ont été parmi les plus touchés par le bouclage qu’Israël a imposé au début de l’année pour lutter contre la pandémie de coronavirus, et ils sont descendus dans la rue pour demander des compensations. Aujourd’hui, au milieu d’une deuxième vague du virus et de taux de contamination record, la menace d’un deuxième bouclage total se profile à l’horizon.

Le ministère de la Santé a déclaré mercredi que 3 506 nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés au cours de la journée précédente, ce qui représente l’un des chiffres quotidiens les plus élevés depuis le début de la pandémie.

Les chiffres publiés mercredi par la Fédération des organisations de petites entreprises ont averti que le coût d’un bouclage pendant les grandes fêtes juives, qui commencent le 18 septembre, serait de 13,6 milliards de NIS. Pour les secteurs du commerce de gros et de détail et des services de restauration et d’hôtellerie, le préjudice devrait s’élever à 4,8 milliards de NIS, et les dommages causés à l’industrie de l’art, du divertissement et des loisirs s’élèveront à 1,6 milliard de NIS pour la période de bouclage.

Shai Berman, le PDG de l’association des restaurants et bars, a déclaré que le secteur comptait 14 000 entreprises actives et 203 000 employés au début de la pandémie de coronavirus. Aujourd’hui, en raison du premier confinement et des mesures de distanciation sociale imposées pour tenter d’enrayer la propagation du virus, on compte 12 000 entreprises actives et seulement 120 000 employés travaillant dans le secteur.

Boutiques et restaurants fermés à Tel Aviv, le 15 mars 2020. (Miriam Alster/FLASH90)

Un nouveau bouclage entraînera la fermeture de 2 000 entreprises supplémentaires dans le secteur de la restauration et des bars, a-t-il déclaré, et le licenciement de 20 000 travailleurs supplémentaires. « Il y a de gros doutes » sur le fait que les chefs d’entreprise « se conformeront parfaitement aux instructions du gouvernement », a déclaré M. Berman lors de la conférence de presse.

Le spectre d’un nouveau confinement se dessine alors que 40 villes et quartiers du pays se sont réveillés après leur premier couvre-feu nocturne, ordonné par le gouvernement dans le but de ralentir la propagation du virus dans les zones à fort taux d’infection. Cependant, ces mesures sont restées largement inappliquées et sont considérées par beaucoup comme inefficaces.

M. Cohen, de la fédération, a déclaré que les chefs d’entreprise descendront à nouveau dans la rue pour attirer l’attention sur leur situation.

« M. le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans la réalité actuelle, les chefs d’entreprise ne fermeront pas leur entreprise », a déclaré M. Cohen lors de la conférence de presse. « Nous avons perdu confiance en vous, dans la légitimité de vos décisions, dans votre conduite à notre égard. Ce mépris entraînera un désastre pour l’économie israélienne. Le secteur des affaires ne coopérera pas avec le gouvernement », et les entreprises ne fermeront pas « sans indemnisation préalable ».

Le gouvernement ne prend pas de décisions basées sur des données, a-t-il accusé, car il n’y a pas de données, et il travaille sous une pression politique qui « transcende les considérations économiques et sanitaires ».

M. Cohen a promis que samedi, le secteur des affaires se joindrait aux manifestations hebdomadaires contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem si aucune compensation ne lui était promise avant le bouclage.

« Nous retournerons dans la rue. La question transcende la politique. Il n’y aura ni gauche ni droite », a-t-il dit.

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