Chefs d’hôpitaux: services et personnel débordés, le confinement est inévitable
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Chefs d’hôpitaux: services et personnel débordés, le confinement est inévitable

Alors que le gouvernement veut imposer des mesures limitées, le ministère de la Santé craint un pic des infections lors des prochaines fêtes

Des gens passent devant des magasins fermés dans le centre commercial vide de Mamilla à Jérusalem, lors d'un confinement dû au COVID-19, le 23 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)
Des gens passent devant des magasins fermés dans le centre commercial vide de Mamilla à Jérusalem, lors d'un confinement dû au COVID-19, le 23 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Israël ne pourra pas éviter un confinement général lors de la prochaine période de fêtes, auraient déclaré mardi les directeurs des plus grands hôpitaux israéliens au ministre de la Santé Yuli Edelstein.

Ces déclarations surviennent alors que le gouvernement a imposé un couvre-feu, le premier du genre, depuis mardi soir, dans 40 municipalités qui présentaient des taux très élevés d’infection au coronavirus. Les chiffres ont atteint de nouveaux sommets mardi avec l’annonce par le ministère de la Santé de 3 446 nouveaux cas confirmés au cours des dernières 24 heures – le chiffre le plus élevé depuis le début de la pandémie, pulvérisant un précédent record établi la semaine dernière.

Lors d’une conférence Zoom avec Edelstein, Ronni Gamzu et d’autres responsables, les chefs d’hôpitaux ont averti que leurs équipes « croulaient » sous le nombre croissant de malades, selon des citations de la réunion à huis clos rapportées par la Douzième chaîne.

« Il n’y a pas d’alternative à un confinement dans deux ou trois semaines », a fait savoir un directeur d’hôpital anonyme.

L’hôpital Sheba de Ramat Gan, le plus grand d’Israël, a commencé à envoyer des patients atteints de coronavirus dans d’autres hôpitaux après une saturation de ses services, se sont fait entendre dire les responsables de la santé.

Personnel du service du coronavirus du centre médical Sheba à Ramat Gan, 20 juillet 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Gamzu organise régulièrement des réunions par vidéoconférence entre les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et les directeurs des hôpitaux, un forum qu’il a baptisé « cabinet d’experts », afin de maintenir une communication entre les hôpitaux et les décideurs politiques.

Le gouvernement a été confronté à une réaction de plus en plus vive, en particulier dans les communautés ultra-orthodoxes, contre des plans de confinement importants qui dévasteraient encore davantage une économie déjà en difficulté.

Cette résistance devrait s’intensifier à l’approche des fêtes du Nouvel an juif, qui débutent le 18 septembre et qui sont traditionnellement l’occasion pour les familles de se réunir.

Le responsable de la planification de la lutte contre le coronavirus, Ronni Gamzu, aurait exhorté le gouvernement à renforcer les mesures avant les fêtes afin d’éviter que les rassemblements ne provoquent une hausse des taux d’infection alors qu’Israël entre dans la saison hivernale de la grippe.

Pr Ronni Gamzu s’adresse à la commission constitutionnelle de la Knesset, le 6 septembre 2020 (Capture d’écran)

Les mesures partielles envisagées comme alternatives à un confinement général comprennent la fermeture des routes principales, des écoles et de certains types de commerces très fréquentés comme les restaurants.

Le directeur général adjoint du ministère de la Santé, Itamar Grotto, a déclaré lors du briefing de mardi qu’il faut de toutes façons dire aux Israéliens de passer les fêtes avec leur famille nucléaire uniquement. « Vous pouvez ajouter une personne ici ou là, mais le strict minimum, pas plus de 20 personnes autour de la table », a-t-il été cité par la Douzième chaîne.

Les communautés les plus touchées qui composent la liste des 40 municipalités « rouges » soumises au couvre-feu sont également parmi les plus pauvres d’Israël. La plupart renferment une population majoritairement haredie ou arabe, où la confiance dans les décisions du gouvernement a été ébranlée ces dernières semaines.

Le couvre-feu qui est entré en vigueur mardi dans les 40 municipalités les plus touchées était lui-même une mesure de compromis, alors que d’éminents maires haredim ont écrit une lettre de colère au Premier ministre en début de semaine, disant qu’ils ne respecteraient pas le confinement total de leurs villes, et accusant Benjamin Netanyahu de les traiter comme des « vecteurs de maladies » et d’ignorer leurs propositions de mesures plus limitées.

Les nouvelles règles, qui ont entraîné la fermeture d’écoles et de nombreux commerces, seront appliquées une semaine avant d’être reconsidérées par le cabinet.

Les règles stipulent que les résidents ont l’obligation de rester à moins de 500 mètres de leur domicile et que les commerces non essentiels restent clos. Les écoles seront fermées à tout moment, sauf pour les programmes destinés aux personnes ayant des besoins particuliers.

Police vue à l’entrée du quartier ultra-orthodoxe de Ramot à Jérusalem alors qu’Israël a commencé à appliquer un couvre-feu nocturne, 8 septembre 2020 (Yonatan Sindel/Flash90)

Pendant le couvre-feu, les commerces ne pourront pas ouvrir, à l’exception de ceux désignés comme essentiels, qui sont les magasins d’alimentation (à l’exception des restaurants), les pharmacies, les magasins d’optique, les magasins dont l’activité principale est la vente de produits d’hygiène et les magasins qui réparent les téléphones et les ordinateurs.

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