Pompeo : que les Palestiniens fassent une contre-proposition s’ils sont furieux
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Pompeo : que les Palestiniens fassent une contre-proposition s’ils sont furieux

Le secrétaire d'Etat américain avertit que le plan Trump pourrait être la dernière chance pour un État palestinien ; ses détracteurs sont ceux "qui ont échoué pendant 70 ans"

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'adresse aux journalistes à bord de son avion en route pour Londres, le 29 janvier 2020. (Crédit : Kevin Lamarque/Pool via AP)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'adresse aux journalistes à bord de son avion en route pour Londres, le 29 janvier 2020. (Crédit : Kevin Lamarque/Pool via AP)

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a invité mercredi les Palestiniens qui ont rejeté le plan de paix du président Donald Trump au Moyen-Orient à présenter une « contre-proposition » qui pourrait obtenir le soutien d’Israël, alors qu’il se rendait en Grande-Bretagne pour une tournée dans cinq pays.

Les dirigeants palestiniens sont « libres de présenter une contre-proposition si c’est ce qu’ils pensent être approprié », a déclaré Pompeo aux journalistes qui l’accompagnaient. « Je sais que les Israéliens seraient prêts à s’asseoir et à négocier sur la base de la vision que le président a exposée », a-t-il ajouté.

Les Palestiniens ont vivement rejeté le plan de Trump après sa divulgation mardi, et de nombreux critiques l’ont qualifié d’irréaliste. Il n’inclurait aucune contribution palestinienne et accorderait à Israël une grande partie de ce qu’il a tenté d’obtenir au cours de décennies de diplomatie internationale.

Pompeo a accusé que les doutes venaient « des mêmes critiques qui ont échoué pendant 70 ans ».

Dans une interview accordée à la Douzième chaîne d’information israélienne, le secrétaire d’État a expliqué que les Palestiniens avaient la possibilité de devenir un État dans le cadre de ce plan : « il accorde aux Palestiniens un État qui est conditionné par des choses très simples, comme l’arrêt du terrorisme, la reconnaissance d’Israël comme État juif ». « Ce sont des choses fondamentales pour la paix et la prospérité dans la région ».

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a fermement balayé mardi le plan de l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien, le qualifiant de « gifle du siècle ».

Il a évoqué le plan dans un discours prononcé devant de hauts responsables palestiniens, notamment des représentants des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique, au siège présidentiel de l’Autorité palestinienne à Ramallah.

« Nous disons mille fois : non, non et non à ‘l’accord du siècle’ », a indiqué Abbas, ajoutant que le plan américain « ne passera pas » et que « notre peuple l’enverra dans les poubelles de l’histoire ».

Le plan ne comprend pas certaines demandes clés des Palestiniens, telles que l’inclusion du mont du Temple à Jérusalem dans leur capitale, le retour des réfugiés palestiniens en Israël et la suppression des implantations israéliennes en Cisjordanie. Il permet également de vastes mouvements d’annexion israéliens. Il prévoit un futur État palestinien soumis à une série de conditions et de limitations, Israël conservant le contrôle de la sécurité globale de la zone.

Dans une autre interview accordée à la Treizième chaîne, Pompeo a averti les Palestiniens que cela pourrait être leur dernière chance d’obtenir un État. Cela « pourrait même être l’une des dernières opportunités, et cela devrait être clairement énoncé », a-t-il déclaré.

« C’est la première fois qu’il y a une véritable proposition qui inclue une carte que les Israéliens ont acceptée », a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu participent à une conférence commune dans l’East Room de la Maison Blanche, le 28 janvier 2020 à Washington DC. (Sarah Silbiger/Getty Images/AFP)

Le conseiller et gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, a adressé mardi une critique cinglante aux autorités palestiniennes. Selon lui, ces dernières ont menti aux Palestiniens pendant des années en leur promettant des « contes de fées » irréalisables.

Dans des interviews accordées à la chaîne panarabe Al-Jazeera et à CNN, Jared Kushner a répondu aux questions sur le plan de paix de l’administration Trump, dont le contenu avait été révélé plus tôt, et auquel le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il souscrivait.

« Il est temps de renoncer aux contes de fées du passé qui, très franchement, ne se réaliseront jamais », a ainsi indiqué Kushner à Al Jazeera.

« On a menti aux Palestiniens pendant un si grand nombre d’années et on leur a promis tellement de choses, et personne n’a contré les promesses qui leur ont été faites », a-t-il continué. « S’ils nourrissent des attentes qui ne sont pas réalistes, alors je suis triste pour eux. Leurs dirigeants leur ont menti et beaucoup de gens leur ont menti – et on les a utilisés comme des pions à l’intérieur même du Moyen-Orient ».

« Les Palestiniens se trouvent sur une terrible trajectoire à cause d’un grand nombre de mauvaises décisions prises par leurs gouvernants », a clamé le conseiller pour le Moyen-Orient. « Il faut qu’ils arrêtent de se cramponner à des mythes qui ne se réaliseront jamais et à des contes de fées qui ne deviendront jamais réalité ».

« L’Autorité palestinienne préfère aller se plaindre au lieu de venir à la table des négociations ce qui montre, très franchement, que les Palestiniens ne sont pas encore prêts à avoir un État », a-t-il affirmé.

Rompant avec les précédentes administrations américaines, le plan prévoit la création d’un État palestinien en Cisjordanie, avec quelques quartiers de Jérusalem-Est, la bande de Gaza et certaines zones du sud d’Israël – à la condition que les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’État juif et que le Hamas et autres groupes terroristes de la bande de Gaza déposent les armes.

Le plan appelle aussi à autoriser l’annexion par Israël des implantations, à permettre la souveraineté de l’État juif sur la vallée du Jourdain ainsi que le maintien du contrôle sécuritaire à l’ouest du fleuve Jourdain. Il interdit aux Palestiniens de s’installer en Israël en tant que réfugiés.

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