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Pour Bennett, le système judiciaire veut « renverser » Netanyahu

Le chef de HaYamin HaHadash dit que si le Premier ministre doit être remplacé, cela doit être par les urnes et non à travers une inculpation

Naftali Bennett durant une conférence de presse à Expo Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Naftali Bennett durant une conférence de presse à Expo Tel Aviv, le 5 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le chef de HaYamin HaHadash Naftali Bennett a publié samedi soir une défense publique détaillée du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un contexte d’accusations de corruption à l’encontre de ce dernier, accusant le système judiciaire de tenter de « renverser » le chef du gouvernement pour des raisons politiques et d’intimider les futurs responsables de droite.

Le long post écrit par Bennett sur Facebook est une déclaration rare de soutien de la part du politicien de droite, qui s’est souvent querellé avec Netanyahu et s’est présenté comme une alternative à sa gouvernance. Par le passé, il l’a également attaqué en raison des crimes présumés qu’il aurait commis.

« Si le système de la justice parvient à renverser Netanyahu… Ce sera un coup spectaculaire porté à tout le bloc de droite », a écrit Bennett. « Le dirigeant de droite qui arrivera après lui sera affaibli, craindra les médias et le système judiciaire. »

Dans le cadre de l’Affaire 4000, l’une des trois enquêtes l’incriminant et dans lesquelles il risque d’être inculpé, Netanyahu est soupçonné d’avoir supervisé une cabale politique contre Bennett lui-même en exerçant son influence sur des décisions éditoriales sur le site d’information Walla, pour le calomnier à l’aide d’infox.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre de l’Éducation Naftali Bennett lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 31 août 2015. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Bennett a publié son post quelques jours avant l’expiration du délai accordé à Netanyahu pour former une coalition. Le Premier ministre devrait annoncer mercredi au président Reuven Rivlin qu’il a échoué à rassembler une majorité, aucune avancée n’ayant été enregistrée avec la formation Kakhol lavan pour la mise en place d’un gouvernement d’unité.

Bennett fait partie du bloc de droite religieux soutenant Netanyahu mais, la semaine dernière, son parti HaYamin HaHadash a été le seul membre du bloc à refuser de signer une promesse de loyauté en faveur du Premier ministre, la jugeant non-nécessaire.

« À cette heure la plus sombre, j’ai décidé de venir en aide à Netanyahu », a écrit Bennett. « Netanyahu n’est pas parfait mais il a été un très bon Premier ministre pour l’Etat d’Israël et pour sa sécurité. Il a été diabolisé dès son entrée en politique : Des éléments de gauche, dans la presse, au sein de l’université, dans la culture et dans le système juridique l’ont transformé en symbole ultime du mal. »

« Le moment de remplacer Netanyahu peut être arrivé ou non. Mais même si c’est le cas, il devra être remplacé par les bulletins des électeurs et non à travers une inculpation », a ajouté Bennett.

« Il ne s’est pas saisi de valises de billets, il n’a pas transféré d’argent sur ses comptes personnels. Il a bénéficié d’une couverture un petit peu moins hostile sur le site d’information Walla, et de peut-être trop de champagne et de cigares », a-t-il continué.

« Ce qui n’est pas, bien entendu, une bonne chose, mais ce qui n’est pas suffisant pour renverser un Premier ministre », a-t-il poursuivi, tentant de minimiser les accusations proférées à son encontre et qui ont été détaillées dans un document de 57 pages diffusé au mois de février par le procureur général Avichai Mandelblit.

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d’une conférence aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Bennett s’est laissé aller à un certain nombre de critiques de Netanyahu tout en saluant la conduite du Premier ministre dans certains sujets, notant que « dans l’ensemble, son cœur se trouve du bon côté ».

« Il aurait pu gagner des millions de dollars dans sa vie privée mais il a choisi, depuis des années, de traverser jour et nuit l’enfer pour chacun d’entre nous », a écrit Bennett.

Le chef de HaYamin HaHadash, qui a travaillé pour Netanyahu lorsqu’il était leader de l’opposition, de 2006 à 2008, a indiqué espérer que le Premier ministre ne soit pas inculpé.

Au début du mois, les avocats de Netanyahu ont pris part à quatre journées d’audience de préinculpation en présence de Mandelblit et des procureurs d’Etat, au cours desquelles ils ont tenté de réfuter les accusations lancées à l’encontre du Premier ministre.

Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les trois dossiers et de pots-de-vin dans l’Affaire 4000.

Shaul Elovitch lors de la prolongation de sa détention provisoire dans l’affaire 4000 au tribunal de Tel Aviv, le 22 février 2018. (Flash90)

Dans « l’Affaire 4000 », Netanyahu est soupçonné d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable sur le site d’informations Walla. En contrepartie, il aurait octroyé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars à Shaul Elovitch, alors patron du principal groupe de télécommunications israélien Bezeq et du site Walla.

Dans « l’Affaire 1000 », le Premier ministre est accusé d’avoir reçu pour plus de 700 000 shekels (environ 185 000 euros) de cadeaux de la part de richissimes personnalités, notamment du producteur Arnon Milchan et du milliardaire australien James Packer, en échange de faveurs financières ou personnelles.

Dans « l’Affaire 2000 », le Premier ministre est soupçonné d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable dans le plus grand quotidien payant d’Israël, le Yediot Aharonot.

Il aurait essayé de mettre en place un accord avec le patron du journal, Arnon Moses. En retour, M. Netanyahu aurait évoqué la possibilité de faire voter une loi qui aurait limité la diffusion d’Israel Hayom, quotidien gratuit et principal concurrent du Yediot.

Netanyahu, qui nie toute malversation, a clamé de manière répétée être victime d’une chasse aux sorcières de la part des médias, de la gauche, de la police et des procureurs d’Etat, visant à le destituer du pouvoir.

Mandelblit devrait prendre une décision concernant une éventuelle inculpation de Netanyahu dans un mois ou deux.

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