Pour Ehud Barak, le gouvernement a « berné » Washington au sujet des implantations
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Israël “lance des pierres aux américains à chaque fois”

Pour Ehud Barak, le gouvernement a « berné » Washington au sujet des implantations

Dans sa dernière condamnation de Netanyahu, l’ex-Premier ministre déclare : "un responsable américain m’a dit qu’il a la nausée à chaque fois qu’il se rend en Israël, parce qu’il ne sait jamais ce qui l’attend"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

L'ancien Premier ministre Ehud Barak lors d'une conférence de l'organisation Darkeinu à Rishon Lezion, le 17 août 2016 (Crédit : Neri Zilber)
L'ancien Premier ministre Ehud Barak lors d'une conférence de l'organisation Darkeinu à Rishon Lezion, le 17 août 2016 (Crédit : Neri Zilber)

Ehud Barak, ancien Premier ministre, a critiqué le gouvernement jeudi sur la gestion des plans d’extension des implantations de Cisjordanie, disant que le gouvernement a « berné » les États-Unis en n’informant pas l’administration Obama de cette mesure.

Le Département d’État américain a publié une condamnation cinglante mercredi au sujet des plans de construction au nord de la Cisjordanie, dans l’implantation de Shilo, pour y loger les résidents d’Amona, un avant-poste illégal dont la démolition est prévue dans les mois à venir.

Dans une longue interview accordée à la radio de l’armée jeudi matin, Barak a déclaré qu’Israël devait prendre ses propres décisions sur les questions de la sécurité mais « nous devons agir intelligemment et correctement avec nos alliés », a-t-il ajouté, en disant qu’Israël aurait dû discuter de ces projets avec les États-Unis.

« Pourquoi est-ce que l’on se comporte comme des enfants de maternelle mécontents au lieu d’agir comme un gouvernement responsable ? », s’interroge Barak.

« Un haut responsable américain m’a dit qu’il a la nausée à chaque fois qu’il se rend en Israël, parce qu’il ne sait jamais ce qui l’attend quand les portes de l’avion s’ouvrent. Comment va-t-on nous humilier cette fois-ci ? », a-t-il ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères a rejeté les critiques violentes des États-Unis au sujet des constructions en Cisjordanie, indiquant que les constructions qui viennent d’être autorisées ne constituent pas une nouvelle implantation.

« Les 98 unités de logement approuvées à Shilo ne constituent pas une nouvelle implantation », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. « Ces logements seront construits sur le terrain de l’implantation existante de Shilo et ne modifieront pas ses frontières municipales ni son empreinte géographique. »

Vue d'une rue et des caravanes à l'avant-poste juif d'Amona en Cisjordanie, le 28 juillet 2016 (Crédits : Hadas Parush/flash90)
Vue d’une rue et des caravanes à l’avant-poste juif d’Amona en Cisjordanie, le 28 juillet 2016 (Crédits : Hadas Parush/flash90)

Les projets de constructions se feront en deux temps, avec 200 autres unités à approuver une fois que les 98 premières seront terminées.

Barak a déclaré que l’Administration Obama a eu tort de qualifier les nouveaux logements de nouvelle implantation. Mais selon lui, le Premier ministre Benjamin Netanyahu est responsable de la critique de la part des États-Unis.

« La vraie menace sur Jérusalem et sur les implantations, c’est le gouvernement de Netanyahu qui persiste à construire sur les avant-postes des implantations », a accusé Barak, soulignant que les précédentes constructions ont endurci la position des États-Unis.

« Rencontrez les Américains, et expliquez leur la situation et les défis. Ils n’accepteront peut-être pas, mais au moins nous aurions essayé et nous nous serions comportés correctement. Nous lançons des pierres aux Américains à chaque fois, » dit-il.

« Les Américains ne bernent pas les autres pays et ils attendent des autres qu’ils ne les bernent pas non plus, et dans ce cas précis, ils se sentent bernés, sur plusieurs niveaux, » a-t-il ajouté.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Barack Obama au Lotte New York Palace Hotel, le 21 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Barack Obama au Lotte New York Palace Hotel, le 21 septembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Les déclarations de Barak font suite aux nombreuses allocutions publiques et articles dans lesquels il critique la politique étrangère et la politique de défense du gouvernement. Ces déclarations surviennent également alors que circulent des rumeurs sur le possible retour en politique de l’ancien Premier ministre.

Barak a été Premier ministre de 1999 à 2001. Il a dirigé le parti travailliste jusqu’en 2011, qu’il a quitté pour former le parti de l’Indépendance. En 2012, il a choisi de se retirer de la vie politique plutôt que de se présenter et probablement de perdre l’élection de 2013.

Des panneaux publicitaires ont récemment été dressés dans la nuit dans la région de Tel Aviv, appelant Barak à se présenter aux élections. On peut y lire « Barak, tu dois te présenter » et « Netanyahu est en train de détruire le pays ».

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